Pomplamoose refuse l’offre des Majors

Il y a un mois environ, je vous parlais de ce groupe formé par Nataly Dawn et Jack Conte : spécialisé dans les VideoSong, le duo réalise des clips de leurs chansons simplement en filmant et montant leurs performances, la chanteuse faisant toutes les voix, l’instrumentaliste jouant tous les instruments. Un courant artistique dans lequel Dawn et Conte excellent.

Le Wall Street Journal (WSJ) rapporte que le duo gagne sa vie de sa passion en se passant parfaitement de Major. En septembre, Pomplamoose a vendu 20 000 morceaux sur le Net. Mais le WSJ nous apprend surtout que Warner, Sony, Universal, ayant chacune flairé le bon plan, ont toutes tenté de récupérer le groupe. Vaines tentatives puisque Pomplamoose a refusé les offres, désirant garder son indépendance : « Nous gagnons notre vie avec nos ventes d’albums et nous n’avons même pas de CD physique » a déclaré Jack Conte.

Pour en apprendre d’avantage sur le groupe et leur histoire, je vous encourage à lire l’article de Numerama (2 min de lecture) et celui du Wall Street Journal (anglais / 3 min de lecture)

Pour découvrir leurs vidéos, tous les liens se trouvent sur cette page

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Sur le Net, même la gratuité est rémunératrice

A chaque fois qu’on dit que les chanteurs et musiciens peuvent se passer d’une Maison de disque pour vivre de leur passion, la contre-argumentation est la même : Radiohead, Nine Inch Nail, Madonna, Prince, etc, étaient déjà des stars quand ils ont décidé de changer de modèle. les artistes inconnus, eux, ont besoin des Majors pour émerger, et blablabla… L’histoire de Corey Smith va peut-être modérer le poids des arguments favorisant le rôle des Maisons de disque. Il y a 1 an, ce professeur de lycée a tout laissé tomber pour se jeter dans sa passion : la chanson. Seul, il a utilisé toutes les ressources offertes par la Toile : il a distribué sa musique gratuitement tout en la vendant sur des plateformes légales; l’afflue de fans n’a pas tardé surtout en proposant en parallèle des concerts à… 5$ ! Résultat : 4,2 millions de dollars de gains en 1 an !!

Comment ça, les fans téléchargent gratos et paient ensuite une place de concert ? Des « voleurs » (dixit Nicolas Sarkozy) pillent les droits d’auteur de Corey Smith et achètent ensuite les albums et goodies (t-shirts, casquettes,…) en vente sur iTunes, Amazon, MySpace ou dans les salles de concerts ?

Corey Smith se sert de sa musique et des formidables opportunités offertes par le web (MySpace, YouTube, Facebook, mailing, forum,…) comme des outils marketing qui sont au service de ce qui ensuite va être rémunérateur : une ambiance de folie en concert, album souvenir, goodies en tout genre,…

Ce modèle relativise sérieusement la valeur des arguments agressifs des maisons de disques qui ont convaincu nos dirigeant qu’il n’y avait pas d’autre alternative que le monopole des Majors quand il s’agit de faire du business avec les biens culturels (voir mon billet d’humeur d’hier).

Mais à quoi carbure Corey Smith ? Comment a-t-il fait ? Tout les artistes pourraient-ils tenter le coup ? Je ne suis pas spécialiste de la musique mais je peux affirmer 2 choses : C. Smith attire les fans par milliers et c’est le signe d’un talent certain. Le chanteur « mouille la chemise »; c’est indéniable quand on jette un oeil sur le programme des concerts de février ! Talent + Musique gratuite +  Web 2.0 + concerts… Il n’y a certainement pas de recette miracle mais Corey Smith prouve que des alternatives aux majors existent.

Plus d’infos sur Corey Smith à la Source (2 min de lecture). Ecouter sa musique sur MySpace.

Zaploop : changement de cap dans l’esprit des Majors

J’en parle dans le billet précédent : le service proposé par Zaploop.com est étonnamment novateur : Vous êtes fan de musique ? Sur Zaploop, vous sélectionnez celle qui vous plaît et la mettez à disposition sur votre blog, site ou profil MySpace sans limite de volume. Les visiteurs de votre espace pourront alors acheter tout ou partie de votre playlist vous octroyant au passage une commission (25%).

Vous êtes artiste ? uploadez votre musique et proposez votre tarif. Vos fans se chargeront de commercialiser vos morceaux et vous toucherez 50% du prix de vente.

pas mal non ? Pour en savoir plus : Zaploop.com

Cette initiative va à l’encontre des positions dominantes que les Majors défendent becs et ongles depuis des années. Là, ce sont les artistes et les consommateurs qui prennent en charge la promotion et la distribution des oeuvres musicales. Ce mouvement va forcément renforcer la mise en avant d’artistes moins « bankable » que ceux qui sont systématiquement promotionnés par les les Maisons de disque, les radios et les shows TV. Tant mieux.

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Loi internet et création : c’est pour mars

BILLET D’HUMEUR…

Nicolas Sarkozy vient de le confirmer. En mars sera votée la loi Internet et Création, censée lutter contre le téléchargement illégal de biens culturels.  « Le piratage détruit massivement la musique et le cinéma (…) je ne laisserai pas piller les droits d’auteurs, parce que derrière les droits d’auteurs, derrière la protection de ces droits, il y a tout le processus de la création «  (…) a déclaré le Président.

Mon Dieu, je suis las d’entendre de tels propos. La loi sera votée. Soit. Elle défendra parfaitement les intérets des majors qui, on le voit bien, ont quasiment dicté le texte. Les Maisons de disques, incapables d’imaginer que le monopole de la production et de l’édition puisse leur échapper, ne tolèrent pas que les droits d’auteurs aillent un peu plus… aux auteurs. Elles ne tolèrent pas non plus que les usages de leur vaches à lait, j’ai nommé les consommateurs, se modifient à la faveur du talent qui n’attend plus nécessairement une Major pour se révéler.

Les Maisons de disques et les Majors du cinéma déclarent que le téléchargement des fichiers musicaux et vidéos représentent des milliards de manque à gagner pour les industries culturelles. Elles assènent régulièrement aux internautes et consommateurs les milliards d’euros que les pirates volent en téléchargeant gratuitement sur le Net. Les chiffres annoncés par l’industrie sont d’une opacité et d’une malhonnêteté exemplaires. Elle mélange tout, histoire de culpabiliser l’opinion publique : ceux qui téléchargent pour ne pas payer, ceux qui téléchargent pour essayer avant d’acheter, ceux qui téléchargent parce que c’est le seul moyen de profiter d’un bien culturel absents du monde physique, ceux qui téléchargent parce qu’ils n’ont pas accès aux biens légaux,… Tous ces téléchargements sont loin de représenter un manque à gagner. En effet, comment peut-on honnêtement mettre dans le même panier :

Un parisien qui télécharge Harry Potter, alors en salle, pour ensuite acheter le DVD. Un parisien qui télécharge Harry Potter parce qu’il n’a pas 10€ à mettre dans une séance ciné ou 20€ dans un DVD. Un coréen qui télécharge Harry Potter parce que c’est la seule manière qu’il aura d’accéder au film, etc, etc. Dans tous ces exemples, il n’y a aucun manque à gagner pour les Majors ou si peu… Sans compter que les ados, réputés pour être de gros « téléchargeurs », sont aussi de gros consommateurs, plusieurs études l’ont prouvé aux Etats-Unis, au Canada et en Europe !  Les Maisons de disques n’auraient-elles pas été dépassées par des changements d’usages qu’elles auraient plus ou moins volontairement ignorés ? Les générations actuelles ont une culture sensiblement différente de celle de leurs parents : les internautes essaient avant d’acheter. Et c’est vrai pour un logiciel comme pour la musique ou le cinéma ! l’industrie du logiciel l’a bien compris, et depuis longtemps tous les éditeurs proposent gratuitement une version « Lite » ou bien « à l’essai » de leurs produits. Les millenials (ceux qui sont nés avec internet) sont des zappeurs, à la recherche du plus grand nombre d’émotions et d’expériences… et les maisons de disques tentent de les entraîner dans l’écoute d’albums sans fin où 9 morceaux sur 12 sont de pâles resucées des 3 tubes en puissance du CD. Les plus jeunes sont capables de dépenser beaucoup pour leurs idoles (albums en série limitée, concerts, t-shirts, sonneries de téléphone,…) mais n’acceptent pas de payer 9 chansons sans intéret pour pouvoir profiter des 3 morceaux qu’ils recherchent. D’où une montée en puissance des ventes de morceaux uniques au détriment d’albums décevants dans leur globalité. Ils n’acceptent pas non plus de payer 20€ un album de Madonna vieux de 20 ans… 

« je n’ai pas été élu pour laisser voler au supermarché « . A qu’elle est belle et provocante la phrase de Sarko ! J’adore les jugement à l’emporte-pièce… Le vol en supermarché. Parlons-en. Un homme rentre chez Carrefour, il vole une chemise parce qu’il n’a pas les moyens de la payer. Résultat : perte sèche pour Carrefour. C’est ce qu’on appelle la démarque inconnue (qui englobe aussi la destruction de marchandise mais je ne suis pas marketeur). Cette démarque inconnue est un facteur assez précisément évalué par la Grande distribution. En 2004, en Europe, son taux représentait 1,34% du chiffre d’affaire toutes enseignes confondues (source Checkpoint Systems). La même année, des chercheurs américains ont évalué le taux de démarque inconnue pour l’industrie musicale à… 1% démontrant du même coup que les échanges de fichiers musicaux sur les réseaux Peer to Peer (P2P) sont d’une part inférieurs à ceux de la grande distribution et n’ont d’autre part qu’un effet limité sur les ventes de musique dans le monde. Selon eux, et c’est là la différence avec le supermarché de M. Sarkozy, la grande majorité des internautes qui téléchargent « (…) sont principalement des individus qui n’auraient pas acheté l’album, même si les systèmes d’échange n’existaient pas ». Si à cela on ajoute l’internaute qui télécharge en guise de pré-écoute avant achat (voir plus haut), on est loin, très loin du voleur de supermarché et des conséquences de son acte sur le chiffre d’affaire du magasin. C’est tout simplement incomparable… mais tout mélanger c’est facile et ça permet de gonfler significativement les chiffres… car pour les industries musicale et cinématographique, chaque téléchargement illicite est un vol. Nicolas Sarkozy ne fait que reprendre le discours erroné et ultra-orienté des majors de la musique et du cinéma dont l’obsession est de protéger leur rôle d’intermédiaire : mesdames et messieurs les internautes, chers clientes, chers clients, vous êtes des voleurs et des pirates ! Mesdames et messieurs, le peer to peer est illégal. Faux, 3 fois faux ! Comment les majors ont-elles pu imaginer pouvoir être aussi provocantes et agressives sans que cela n’ait de conséquences sur leurs relations avec le consommateur et les artistes. Comment les Majors ont-elles pu imaginer qu’elles pourraient se réserver le monopole de la distribution de biens culturels sur le Net et imposer au monde dématérialisé toute l’arrogance de leur modèle économique ? Et voilà Nicolas Sarkozy qui en remet une couche !

Par contre, les majors ne s’expriment rarement jamais à propos des marges réalisées sur les ventes légales de fichiers numériques (album, single, sonneries de téléphone,…) ! Certes, en chiffre d’affaire, la baisse des ventes de CD n’est pas compensée par l’augmentation des ventes dématérialisées mais quid des marges ? dans la vente numérique : pas de boîtier, pas de pressage, pas de galette sérigraphiée, pas d’acheminement vers le distributeur, pas de réédition, pas d’impression de livret, pas d’emballage,… pas d’exportation de volumes de CD, pas de problème de distribution à l’étranger (Daft Punk n’a pas besoin d’être physiquement présent chez Wall Mart pour être vendu aux Etats-Unis), etc. Sur internet, les leviers promotionnels, gratuits pour la plupart, sont d’une puissance extraordinaire : les blogs, forums, réseaux sociaux, sites spécialisés, plateformes de téléchargement légales, etc, sont des relais puissants qui peuvent faire vendre des morceaux par milliers sur toute la planète en quelques clics ! Ce phénomène démultiplicateur sera d’autant plus efficace si les Majors acceptent de partager les revenus avec ces nouveaux intermédiaires : C’est peut-être ce qui est en train d’arriver avec des services comme Zaploop.com qui permet aux internautes de proposer sur leur blog, leur site ou leur profil (MySpace,…) une playlist d’artistes dont ils sont fans  et d’en proposer l’achat. Sur chaque vente, l’internaute touche une commission de 25% ! Une révolution dans l’état d’esprit des Majors !

Ayons une vision positive des combats d’arrière-garde (DRM, monopole de la production, marges indécentes,…) de l’industrie culturelle. Elle est à la recherche d’un nouveau modèle économique. Mais tout comme Tarzan ne peut pas lâcher une liane avant d’en avoir une nouvelle en main, les Majors s’accrochent à leur modèle ancestral reposant sur l’ultra-rémunérateur et confortable copyright avant de saisir celui qui révolutionnera leur business model. 

Culpabilisé tu seras…

Je parle assez souvent ici de piratage, de cyber-criminalité, de lutte pour contre certaines formes de téléchargements, etc. Mon objectif n’est pas de culpabiliser qui que ce soit ni d’encourager tel ou tel comportement. J’essaie modestement de mettre en perspective une certaine actualité du Net; celle qui permet à mon sens de mieux comprendre les valeurs que notre société adopte mais aussi celles qu’elle désire abandonner. J’agrège quelques infos, je rédige quelques chroniques, d’autres, plus créatifs, excellent dans la parodie comme celle présentée dans cette vidéo.

Vous avez tous loué ou acheté un DVD et avez donc tous au moins une fois assisté à ce clip affligeant, tant sur le fond que sur la forme, qui veut convaincre le téléspectateur de ne jamais voler les droits d’auteur : » Vous n’avez jamais volé une voiture ou un sac alors ne volez pas nos films ! ». Passons rapidement sur la forme : ce film est au cinéma ce que la 2CV est à la haute technologie. Sur le fond, je retiens simplement que l’industrie du cinéma impose aux yeux et à l’esprit de ses clients honnêtes un message ultra-culpabilisant qui n’a rien à faire sur un support légalement loué ou acheté. Une fois encore, les Majors luttent contre leur propres consommateurs !

Trêve de paroles, passons à la vidéo. Elle est en anglais mais assez simple d’accès. Elle aborde autant le caractère excessif du discours que l’inepsie des exemples mis en avant par ‘industrie cinématographique dans son clip propagandiste. Les anglais ont poussé le bouchon un peu plus loin dépassant à peine le niveau de répression imaginé par les auteur du projet de loi Hadopi ! Une loi qui, je le rappelle, prévoit de couper l’accès à internet à toute une famille ou à un groupe de co-locataires parce qu’un seul de ses membres a téléchargé des fichiers illégaux.

Universal et La Société Générale lancent une carte co-brandée

Universal Music et La Société Générale lancent une carte bancaire qui permet en plus de télécharger de façon illimitée le catalogue de la Major. La plateforme de téléchargement nommée somusic.fr offre également aux détenteurs de la carte un ensemble de privilèges : Concerts exclusifs, réductions sur les CDs et produits dérivés, coaching musical,…

Les agences de La Société Générale distribueront la carte dès le 26 mai 2008.

Côté sombre du deal : les morceaux sont protégés et les droits d’utilisation doivent être prolongés tous les 30 jours. Ainsi, si l’abonnement (entre 1 et 2€/mois selon l’âge du détenteur de la carte) est arrêté l’accès aux morceaux téléchargés n’est plus possible !

Plus d’infos à la Source (1 min de lecture)

L’argent de MySpace récupéré par les Majors ?

La plateforme communautaire MySpace qui compte 5 millions d’artistes, serait prête à tout pour proposer une offre de musique gratuite illimitée à ses 15 millions de visiteurs mensuels. MySpace serait en effet en discussion avec les Majors : en échange de la mise à disposition de leurs catalogues sur le site (selon des offres pas encore déterminées), EMI, Sony BMG, Universal et Warner se partageraient un peu moins de 50% des parts de MySpace ! News Corp., propriétaire du réseau communautaire, resterait donc majoritaire mais la moitié des revenus publicitaires irait dans les poches des 4 géants du disque…

Plus d’infos à la Source (2 min de lecture)

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