Google bientôt fournisseur d’accès

Ca y est, le géant de la recherche sur le Net a désigné la ville dans laquelle il va déployer un réseau internet très haut débit grâce à la fibre optique. Sur 1 000 municipalités candidates, c’est Kansas City (Kansas) qui se verra bientôt dotée d’un réseau permettant des débits de 1Gbit/s soit 50 à 100 fois supérieurs à ce que propose un abonnement ADSL.

Les habitants de Kansas City bénéficieront de ce confort dès 2012. A terme, ce sont près de 500 000 personnes qui devraient participer a cette expérience (d’autres villes seront équipées).

Petit rappel et questions concernant Google : En France, la firme de Mountain View concentre 91,4% des recherches sur le Net. Autant dire qu’il ne reste que des « miettes » aux autres acteurs du secteurs : Bing (2,7%), Yahoo! (1,7%), Orange (0,8%),… Ce quasi-monopole de la recherche se vérifie aussi chez nos voisins allemands, espagnols ou anglais. Aux Etats-Unis, c’est un peu différent car Google n’y a « que » 63% environ des parts de marché. Outre Atlantique, l’alliance entre Bing (Microsoft) et Yahoo! arrive  à « tenir tête » au géant Google qui perd même un peu de terrain ces derniers mois. Mais tout de même, 63% de PDM représentent près de 2 recherches sur 3 aux Etats-Unis. Dès lors, que doit-on penser de Google qui devient désormais fournisseur d’accès ? Imaginons qu’au-delà de l’expérience en cours, Google propose aux américains d’accéder à son nouveau réseau très haut débit pour un tarif défiant toute concurrence (on parie que c’est ce qui arrivera ?). Le risque alors, n’est-il pas qu’un jour, Google favorise les utilisateurs de son réseau physique ? La qualité de services comme Gmail (et la vidéo qui va avec) ou encore YouTube et la VoD qui est en train de s’y développer ne risque-t-elle pas d’être  meilleure sur le réseau déployé par Google ? Quand une plateforme comme YouTube est devenue aussi incontournable, peut-on accepter le risque qu’elle devienne exclusive à un réseau ?

Google est clairement en train de développer une politique de contenus. YouTube (propriété de Google) lorgne de plus en plus vers la VoD (films à la demande) et le géant de la recherche en ligne semble s’intéresser de près à la musique en ligne… Si Google met un doigt dans l’accès à internet, nous obtenons une société qui possède :

1. Le moteur de recherche le plus puissant et le plus utilisé de la planète

2. Une politique de contenus tous azimuts : vidéo (YouTube), VoD (YouTube), Musique en ligne,…

3. Un réseau physique capable de générer des centaines de milliers (millions ?) d’abonnements

Autant dire que la neutralité du Net risque d’en prendre pour son grade… Ne blâmons cependant pas Google car le phénomène est déjà en route dans notre pays avec des fournisseurs d’accès qui dévoilent de grosses ambitions en matière de contenus : Orange, Free, SFR développent tous leurs propres contenus (infos, VoD, Replay, musique,…) exclusifs.

Avec Office gratuit, Microsoft colle aux nouveaux usages

Vous en rêviez ? Microsoft l’a fait. Office, la suite Word, Excel et Powerpoint, est désormais gratuite sur le Web. Que vous possédiez un PC sous Windows, Linux ou bien un Mac sous OS X, ça marche. Il suffit d’un accès à internet et d’un navigateur compatible : Internet Explorer, Firefox, Safari ou Chrome (tous gratuits). L’ouverture d’un compte Windows Live (gratuit) vous permettra alors de créer, modifier, partager et stocker (25 Go quand même !) vos documents Office. Attention cependant, les capacités de cette version en ligne sont bridées. Office Web Apps n’autorise pas certaines fonctions et mises en page avancées : détourage d’image impossible, éléments graphiques limités,…

GOOGLE ET LES NOUVEAUX USAGES EN LIGNE DE MIRE

Annoncée officiellement il y a tout juste un an, Office Web Apps vient en réponse à plusieurs « projets » concurrents dont la montée en puissance est en train de mettre à mal la cash-machine de Microsoft :

Si les projets de systèmes d’exploitation libres et gratuits connaissent un succès mitigé auprès du grand public certains logiciels attirent, eux,de plus en plus d’adeptes. C’est le cas de Open Office, une suite bureautique entièrement gratuite et accessible aux plus grands systèmes d’exploitation (Windows, Mac OS et Linux).  Ces solutions téléchargeables gratuitement se paient le luxe d’être compatibles avec les logiciels payants : le possesseur d’un pack Office de Microsoft pourra ouvrir et modifier un fichier Open Office et vice versa. Certaines administrations françaises (Assemblée Nationale, Gendarmerie,…) ont déjà quitté Microsoft pour ce genre de solutions. Microsoft a, d’une certaine manière, réagi à ce genre d’attaque en adressant aux étudiants des tarifs très très avantageux.

Google, au départ spécialisé dans la recherche d’information sur le Net, s’est largement diversifié. Le géant de Moutain View a frappé très fort avec le lancement de Google Docs, une suite bureautique gratuite accessible uniquement en ligne. D’ailleurs, Google voit le futur en ligne et considère les logiciels locaux comme une solution rétrograde dans un monde de mieux en mieux connecté. Google s’est dernièrement fendu d’un Système d’exploitation léger, Chrome OS, clairement optimisé pour une vie numérique en ligne (travail, photos, vidéos, jeux,…). Google n’est pas seul sur le créneau du Cloud Computing (informatique en ligne) et si l’informatique professionnelle migre elle aussi vers le Cloud (SaaS,…), le marché grand public accueille aussi des acteurs ayant cette vision du futur : On connaît Zoho pour la bureautique et plus récemmentOnLive pour le jeux vidéo (Cloud Gaming).

MICROSOFT, OBLIGE DE SE METTRE EN DANGER

Google et Microsoft sont concurrents. Si Google s’est lancé dans la bureautique, le mail, l’agenda et le système d’exploitation, Microsoft a développé un moteur de recherche performant (Bing), collabore de très près avec Yahoo! (autre concurrent et… ennemi de Google) et offre désormais une solution gratuite de bureautique en ligne. Le label « Microsoft Office » étant à mon sens un formidable atout en faveur de la firme de Redmond. Mais Microsoft n’est-il pas en train de valider la stratégie de Google ? Le maître de la recherche, en lançant à coup de millions de dollars ses applications en ligne (Google docs, Gmail, Google calendar,…) a stratégiquement attiré Microsoft sur ses terres, celles qu’il maîtrise le mieux : internet. Microsoft, de son côté, va certainement monétiser sa nouvelle position : attirer de nouveaux adeptes à qui il proposera des fonctions avancées payantes à travers son pack Office traditionnel ou bien en proposant un Office en ligne payant pour les entreprises. N’empêche que Microsoft lâche l’une de ses vaches à lait : une suite de logiciels incontournable pour un usager peu informé (profil le plus répandu au monde) ou des entreprises friandes de compatibilité et de sécurité. Plus d’1 milliard de PC en sont équipés dans le monde… 25 millions en France. L’autre vache à lait étant Windows (XP, Vista, Seven) qui équipe la quasi-totalité des PC dans le monde…

LE PHENOMENE DU GOOD ENOUGH

Microsoft arrivera-t-il à faire migrer ses « abonnés Office en ligne » (gratuit) vers des solutions payantes ? La plupart des utilisateurs n’utilise que 10% des capacités d’Office. Ces gens-là ne se contenteraient-ils pas d’une suite bureautique aux capacités bridées ? L’informatique a peut-être atteint un seuil au delà duquel le commun des mortels ne se reconnaît pas. Je suis par ailleurs subjugué de voir à quel point la jeune génération se contente d’une qualité de produit dégradée… Le piètre MP3 n’a-t-il pas supplanté la qualité CD ? Et l’écoute en streaming (Deezer, Spotify,…), c’est encore pire… Le Divx, si populaire, n’est-il pas une bouillie de DVD (ou de Blu-Ray) ? La qualité sonore de Skype ne frôle-t-elle pas l’indigence par rapport à celle du téléphone ? Les performances et les finitions d’un Netbook ne représente-elles pas un énorme bon en arrière comparées aux portables « traditionnels » ? En fait, on est tous prêt à renoncer à une certaine qualité, un certain confort à partir du moment où… le produit ou service est gratuit ou très très bon marché. Le phénomène est d’autant plus fort que les nouveaux usages collent parfaitement à cet état d’esprit : A quoi bon avoir une machine sur-puissante quand il suffit d’un navigateur internet pour tout faire ? A quoi bon s’encombrer de fichiers musicaux quand on consomme la musique à un rythme effréné ? A quoi bon acheter un DVD ou un blu-ray quand on regarde ses films sur son PC portable; une machine bien incapable, du point de vue de l’image et du son, de restituer les qualités de la galette…

SUR INTERNET, RIEN N’EST GRATUIT

Gratuit, quasi-gratuit… Attention, rien n’est vraiment gratuit sur internet dans la vie. Quand un service est gratuit, il est financé par l’affichage de publicité et/ou associé à des options et services complémentaires payants. Par exemple, Gmail, le service mail de Google, permet de recevoir et envoyer des mails gratuitement de n’importe où sur la planète avec une connexion internet. En contre-partie, de la publicité s’affiche dans l’interface du logiciel en ligne. Une publicité ultra-ciblée puisque liée aux contenus de vos mails ! Ecrivez à l’un de vos contacts que vous êtes à la recherche d’une voiture d’occasion et Gmail affichera probablement quelque part dans l’interface la publicité d’un site de vente de véhicules d’occasion… D’une manière général, Google Docs, la suite logiciel de Google, concurrente d’Office, est associée à des services et options complémentaires payants.

Les Web Apps de Microsoft fonctionneront probablement de la même manière (publicité + services payants). Les qualités et défauts des 2 solutions en ligne vont probablement faire l’objet de comparatifs et autres bench mark. Attendons maintenant la réaction des usagers et… de Google. Ce dernier va-t-il enrichir les fonctionnalités de Google Docs ? Si Microsoft Office version locale est en légère perte de vitesse, Google est en pleine ascension grâce à son coeur de métier, la vente de liens publicitaires sur le Net. Le géant de Mountain View pourrait sans difficulté attribuer quelques centaines de millions de dollars à l’amélioration des ses logiciels en ligne et entraîner Microsoft vers… un nouvel échec.

Enfin, même si les Web Apps, estampillées Google ou Microsoft, font encore partie de la catégorie des technologies de rupture (solution radicalement nouvelle, moins performante que la techno dominante mais qui colle plus aux nouveaux usages), gageons que le futur, Google et Microsoft feront disparaître la bureautique locale.

Si le sujet vous intéresse, lire aussi :

Google annonce Chrome OS, son système d’exploitation maison… Boum !

Guerre des applications en ligne : Microsoft / Google : Le Berger répond à la bergère

La révolution sociale en chiffres

La vidéo « Social Revolution » a été mise à jour. Elle permet de découvrir à quel point les médias sociaux ont pris une place centrale dans la vie des internautes. Alors, les médias sociaux, un feu de paille ?

– 96% des Millenials, ces personnes nées sous l’Ere des nouvelles technologies (disons entre la moitié des années 70 jusqu’au tout début des années 2000), ont rejoint un réseau social.

– Le trafic de facebook a dépassé celui de Google aux Etats-Unis

– Aux Etats-Unis, 1 couple marrié sur 8 s’est rencontré à travers un media social.

– la radio a mis 38 ans pour attirer 50 millions d’utilisateurs, la TV a mis 13 ans pour atteindre ce chiffre. Internet a mis… 4 ans. L’iPod s’est contenté de 3 ans. Facebook a atteint les 200 millions d’utilisateurs en… moins d’1 an !

– Si Facebook était un pays, il serait le 3ème de la planète en terme de population; derrière la Chine et l’Inde.

– 80% des entreprises utilisent les réseaux sociaux pour recruter. 95% d’entre elles utilisent Linked In.

– Le segment qui qui grossit le plus rapidement sur Facebook est celui des femmes de 55 à 65 ans.

-En Angleterre, 50% du trafic internet mobile est généré par… Facebook !

– Les génération Y et Z considèrent l’e-mail dépassé

– YouTube est le second plus gros moteur de recherche du monde (le 1er c’est Google… et YouTube appartient à Google)

– Plusieurs études ont prouvé que le projet encyclopédique gratuit et libre Wikipedia est aussi précis que l’Encyclopédie Britannica.

– Le web compte 200 millions de blogs

– 25% des résultats d’une recherche sur l’une des 20 plus grosses marques conduisent vers un contenu créé par un internaute. 34% vers un contenu édité par un blogger qui s’exprime sur des produits et des marques. (Il est donc essentiel aujourd’hui pour une marque de considérer très sérieusement ce qu’on dit sur elle sur le Web)

– 78% des consommateurs font confiance aux recommandations faites par les internautes. Ce taux de confiance n’est que de 14% quand il s’agit de publicité.

d’autres infos dans la vidéo.

Chrome, le navigateur de Google, est plus rapide qu’un canon à patates !

Dans le monde merveilleux des nouvelles technologies, la rapidité est un facteur clé que l’on retrouve à tous les étages : vitesse des processeurs qui se trouvent au coeurs de nos machines (PC, Smartphones,…), vitesse de transferts de données d’un appareil à l’autre (USB 2 puis USB 3, Firewire, Wifi a, b, g puis n,…), vitesse de téléchargement et d’accès au web grâce aux débits toujours plus puissants (512kbps, 1Mbps, 8Mbps, 24Mbps, 100Mbps,…) de nos abonnements internet, vitesse de traitement d’une requête par le moteur de recherche (Google, Yahoo!, Bing,…) etc. La vitesse d’affichage d’un site à travers notre navigateur préféré (Internet Explorer, Safari, Firefox, Chrome, Opera,…) ne fait pas exception. Chacun des éditeurs vantant les qualités de son butineur maison. Google, comme les autres (Microsoft, Apple,…), vient de mettre en scène la rapidité exceptionnelle de son navigateur, Chrome. Une vidéo originale opposant quelques phénomènes connus pour leur rapidité (un canon, la vitesse du son, la vitesse de l’éclair…) à la rapidité de Chrome : Très beau !

Pour les plus curieux, un article enrichissant a été publié par lemonde.fr (5 min de lecture)

La Méthode Google

Voilà bien longtemps que je ne n’ai pas proposé de livre sur ASLN.  J’ai récemment terminé « La Méthode Google » de Jeff JARVIS. L’auteur est connu des technophiles; il anime en effet BuzzMachine.com, l’un des plus populaires blogs sur les nouvelles technologies et les nouveaux usages.

A travers 400 pages très accessibles, l’auteur s’efforce de décrypter les valeurs nouvelles d’un monde en pleine mutation. Le modèle ? Google bien sûr ! Le géant de Moutain View ne s’est pas contenté de révolutionner la recherche d’information. Google a profondément modifié tous les secteurs de notre société : Industrie, culture, divertissement, médias, télécoms, enseignement, commerce,… Et Jeff Jarvis tente de nous expliquer comment. A travers ses expériences, ses rencontres et une foultitude d’exemples concrets, l’auteur nous explique pourquoi et comment ce qu’il appelle les « lois de Google » s’imposent désormais en toute circonstance à travers une question centrale : Que ferait Google ?

4ème de couverture :

« Une seule entreprise échappe à la crise et connaît la croissance la plus spectaculaire à ce jour depuis sa création : GOOGLE.
Ce développement repose sur une approche radicalement nouvelle, une méthode unique. Que ferait Google si elle appliquait cette méthode à d’autres secteurs d’activité ?
Médias, restauration, énergie, automobile, télécoms, immobilier, banque, assurance… Que seraient un Google café, une Google mobile, un Cola Google, Air Google ou encore un hôpital ou une université Google ? »

L’AUTEUR
Jeff Jarvis, fondateur d’Entertainment Weekly et animateur de buzzmachine.com, décrypte dans ce livre les singulières « lois de Google » pour en extraire des principes de management et de comportements inédits. Préface Franck Riboud

Facebook pollue mais Google va tous nous sauver…

Je le disais dans le billet précédent : les activités sur les réseaux sont de plus en plus nombreuses et le volume de données qui en découle est tout simplement inimaginable. Avec l’explosion des réseaux sociaux, des jeux vidéos en ligne, de la vidéo et de la musique en streaming, du mail, du téléchargement et du stockage toujours plus important de données sur des machines distantes (cloud computing), les serveurs se comptent désormais par centaines de millions à la surface de la planète.

C’est dans ce contexte que Greenpeace vient d’épingler 2 des plus gros acteurs des Technologies de l’Information et de la Communication : Apple et Facebook. Leurs fermes informatiques, qui abritent des centaines de milliers de serveurs, sont très gourmandes en énergie. Google, Yahoo!, Microsoft et les autres ne sont pas en reste : alimentation 24h/24, 7 jours/7 et refroidissement permanent  font des acteurs des TIC de grands pourvoyeurs de CO2… surtout quand l’électricité utilisée est générée par des centrales particulièrement polluantes. C’est notamment le cas de Facebook qui projette d’alimenter un prochain data-center par une électricité provenant de centrales au charbon…

Dans le rapport de Greenpeace, un tableau répertorie « grossièrement » la nature de l’électricité utilisée par les data-center de certains géants de l’informatique. Google, qui mise gros sur le cloud-computing à travers Google Docs, sort du lot grâce à l’une de ses fermes : celle de Dalles. Son énergie provient à 50,9% d’une électricité durable (centrale hydro-électrique) qu’on peut qualifier d’écologique.

Les TIC pourront-elles un jour bénéficier d’une électricité verte en quantité illimitée ? La firme de Moutain View y croit et finance à coup de millions de $ plusieurs pistes prometteuses. J’ai écrit un petit article pour le site www.viesaineetzen.com autour des visions de Google : découvrez comment le moteur de recherche mise sur la géothermie profonde, les centrales hydro-électriques, la puissance des vents d’altitude, la magie des moteurs hybrides ou l’efficience de l’énergie photovoltaïque. Découvrez Google.org, fondation philanthropique  qui finance des projets comme RechargeIT (voiture hybride), PowerMeter (compteurs électriques intelligent) ou RE<C (Energie Renouvelable moins chère que le charbon).

Google va-t-il sauver la planète ? (5 min de lecture)

Le rapport de Greenpeace (anglais)

Greenpeace épingle Facebook pour sa politique énergétique (2 min de lecture)

Naviguer sur facebook pollue la planète (2 min de lecture)

Google offre 2 millions $ à Wikipedia

Ce don est en réalité versé à la Fondation Wikimedia qui chapeaute un certain nombre de projets comme Wiktionary, Wikibooks, Wikinews et Wikipedia entre autres. Fondé par Jimmy Wales, Wikipedia, projet encyclopédique gratuit, créé et enrichi chaque instant par les utilisateurs, connaît un succès fulgurant. J’en parlais il y a quelques jours : Wikipedia comptera bientôt 1 millions d’articles en langue française.

Les contenus sont gratuits mais le fonctionnement de Wikipedia a un coût; si les auteurs sont bénévoles par définition, le succès planétaire de l’encyclopédie rend le projet gourmand en bande passante, en serveurs (stockage) et en maintenance. Wikimedia a d’ailleurs fini l’année comme d’habitude avec un appel aux dons qui lui a rapporté 8 millions de dollars (240 000 donateurs). En voici donc 2 de plus qui doivent servir aussi à l’amélioration de son ergonomie et de son accessibilité.

Si Google et Wikimedia ont déjà collaboré, notamment sur des tests de  traduction automatique d’articles, c’est la première fois que Google se montre aussi généreux avec le projet encyclopédique. Mais Sergei Brin (co-fondateur de Google) est clair : « Wikipedia est un des plus grands triomphes d’internet (…) »

Si la directrice générale de la fondation déclare que Google et Wikipedia sont des partenaires naturels, certains rappelleront tout de même que le moteur de recherche développe lui-même un projet encyclopédique du nom de Knol. Ce dernier se dit différent dans le sens où les articles ne sont pas anonymes (responsabilisation et mise en lumière des signataires) et que la publicité (grande spécialité de Google) doit venir rémunérer les auteurs et… Google. Plusieurs autres différences de fond opposent les 2 encyclopédies mais dans les deux cas, les contenus sont générés par les internautes. 2 avis s’opposent donc : ceux qui pensent que Knol et Wikipedia sont concurrents et les autres qui pensent que les deux projets sont complémentaires.

En terme de taille, il n’y a pas photo. En juillet 2009, au bout d’un an d’existence, le knol francophone comptait 5 000 articles (selon Knol); près d’1 millions sont référencés sur Wikipedia (122 000 knols au total contre 15 millions sur Wikipedia) mais Knol est jeune. Il a été mis en ligne en juillet 2008 alors que Wikipedia vient de fêter ses 9 ans ! Cependant, et malgré sa jeunesse, certains parlent d’un certaine stagnation de Knol. Sa fréquentation pourrait être faible (175 000 visites en juillet 2009 selon Elektor.fr) et les critiques sont parfois singlantes : lire l’article de Slate.com (anglais) qui relève des fautes d’orthographe, un auteur qui se dit expert en tout, des copies conformes d’articles de Wikipedia, de l’auto-promotion, des articles abandonnés par leur auteur, du plagiat, etc.

Reconnaissons tout de même que Wikipedia, également très critiquée, a mis plusieurs années à se stabiliser.

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