Les internautes consacrent 22% de leur temps aux réseaux sociaux

En Avril dernier, le Cabinet Nielsen a étudié le comportement des internautes dans 9 pays : Etats-Unis, Royaume-Unis, Italie, Espagne, France, Allemagne, Suisse, Brésil et Australie.

Les blogs et Facebook cartonnent.

En Avril et en moyenne, les internautes ont passé 6 heures sur Facebook et 6 autres heures sur des blogs. les 3/4 des internautes se sont ainsi rendus sur des blogs ou des réseaux sociaux. C’est la 1ère fois selon Nielsen que ce taux atteint ce niveau. Les australiens et américains sont les plus fans de blogs avec respectivement 7h19 et 6h35 dédiées à leur fréquentation. Sur le mois d’avril, les français ont eux passé 4h10 en moyenne sur ce type de sites. Le temps consacré aux blogs a en moyenne bondi de 66% en un an !

Facebook s’est accaparé les français pendant 4h33, les australiens 7h45, les américains 6h43 et les japonais… 30 minutes seulement. Facebook, ne connaît le même succès partout. Au Brésil, par exemple, le réseau social Orkut attire 86% des internautes !

Enfin, l’étude rapporte également que Youtube a attiré les internautes durant 57 minutes. Google, 1h21 et Wikipédia, l’encyclopédie communautaire libre et gratuite, s’est accaparée les internautes pendant 13 minutes.

D’autres chiffres à la Source (1 min de lecture).

Les résultats de l’étude sur le blog de Nielsen (anglais)

Wikipédia victime de son succès

On ne le répétera jamais assez : Si le projet encyclopédique libre et gratuit Wikipedia est un formidable point de départ pour toute forme de recherche (étude, devoir, dossier, thèse,…), il doit rester ce qu’il est, une source parmi d’autres. Je ne reviendrai pas sur la fiabilité de Wikipedia qui, globalement, ,est satisfaisante, mais je suis toujours surpris de voir à quel point la facilité est capable de neutraliser l’esprit critique. Ségolène Royale en a fait les frais il y a quelques jours en récitant un discours faisant allusion à un personnage « historique » déniché sur Wikipedia. Un certain Léon-Robert De Lastran qui, selon plusieurs historiens, n’a jamais existé…

L’auteur de la source Wikipédienne, membre du Rotary Club de La Rochelle affirme le contraire.

Si la Présidente de Région Poitou-Charente n’a pas réagit, l’auteur de son discours, Sophie Bouchet-Petersen, s’est rangée du côté des historiens, reconnaissant son erreur.

Il y a 2 jours, c’est la mort annoncée de Bernard Montiel qui a relancé le débat sur les démons de Wikipedia : anonymat et légitimité des auteurs, parasitisme, diffamation, mensonge, manipulation, prosélytisme, propagande,…

Un internaute a donc librement ajouté une date de décès sur la « fiche » wikipédienne consacrée à l’animateur. Ce n’est pas la première fois(mort de Ted Kennedy, mort de Philippe Manoeuvre,…) que cela arrive et de nombreuses personnalités ont déjà fait l’objet de rumeurs infondées voire agressives. Des dérapages qui ne doivent pas remettre en cause le millions d’articles français que compte l’encyclopédie en ligne. Car on ne se lance pas dans une opération de sabotage ou de désinformation sans risque : si les articles de Wikipedia sont anonymes, on parle bien ici d’un anonymat tout relatif. Personne n’est vraiment anonyme sur le Net (même si certaines techniques le permettent) et l’auteur de l’article faisant allusion au savant naturaliste repris par Ségolène Royal a rapidement été repéré. Quant à l’internaute qui a annoncé la mort de Philippe Manoeuvre, il a été arrêté par la police…

Si le sujet vous intéresse, lire aussi :

De la fiabilité de Wikipédia : une expérience intéressante (1 min de lecture)

Wikipédia : Petit point sur un phénomène de société (3 min de lecture)

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Internet voyage dans le futur… et annonce Obama vainqueur ! (1 min de lecture)

La crise cardiaque de Steve Jobs relance plusieurs débats (2 min de lecture)

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Philippe Manoeuvre est vivant (1 min de lecture)

La révolution sociale en chiffres

La vidéo « Social Revolution » a été mise à jour. Elle permet de découvrir à quel point les médias sociaux ont pris une place centrale dans la vie des internautes. Alors, les médias sociaux, un feu de paille ?

– 96% des Millenials, ces personnes nées sous l’Ere des nouvelles technologies (disons entre la moitié des années 70 jusqu’au tout début des années 2000), ont rejoint un réseau social.

– Le trafic de facebook a dépassé celui de Google aux Etats-Unis

– Aux Etats-Unis, 1 couple marrié sur 8 s’est rencontré à travers un media social.

– la radio a mis 38 ans pour attirer 50 millions d’utilisateurs, la TV a mis 13 ans pour atteindre ce chiffre. Internet a mis… 4 ans. L’iPod s’est contenté de 3 ans. Facebook a atteint les 200 millions d’utilisateurs en… moins d’1 an !

– Si Facebook était un pays, il serait le 3ème de la planète en terme de population; derrière la Chine et l’Inde.

– 80% des entreprises utilisent les réseaux sociaux pour recruter. 95% d’entre elles utilisent Linked In.

– Le segment qui qui grossit le plus rapidement sur Facebook est celui des femmes de 55 à 65 ans.

-En Angleterre, 50% du trafic internet mobile est généré par… Facebook !

– Les génération Y et Z considèrent l’e-mail dépassé

– YouTube est le second plus gros moteur de recherche du monde (le 1er c’est Google… et YouTube appartient à Google)

– Plusieurs études ont prouvé que le projet encyclopédique gratuit et libre Wikipedia est aussi précis que l’Encyclopédie Britannica.

– Le web compte 200 millions de blogs

– 25% des résultats d’une recherche sur l’une des 20 plus grosses marques conduisent vers un contenu créé par un internaute. 34% vers un contenu édité par un blogger qui s’exprime sur des produits et des marques. (Il est donc essentiel aujourd’hui pour une marque de considérer très sérieusement ce qu’on dit sur elle sur le Web)

– 78% des consommateurs font confiance aux recommandations faites par les internautes. Ce taux de confiance n’est que de 14% quand il s’agit de publicité.

d’autres infos dans la vidéo.

De la liberté du blogueur

A la fin du mois d’avril, une blogueuse nommée Jess a été mise à pied pour avoir tenu sur le site LePost.fr, une chronique régulière assez critique (mais toujours drôles) sur ses journées au travail. Réceptionniste dans l’hôtel d’une grande chaîne, la blogueuse dit n’avoir jamais publié d’éléments qui permettraient de reconnaître l’établissement ou ses employés. Mais sa hiérarchie pense le contraire. Vous pouvez retrouver les éléments de cette histoire ici ou bien .

Cet épisode relance le débat autour de la responsabilité de ceux qui s’expriment sur la Toile.

Les plus récentes générations d’internautes ont imposé de nouveaux usages : partager son savoir, commenter l’actualité, débattre, publier ses opinions et états d’âmes, etc, tout ça librement et en temps réel… Comment ? Et bien grâce aux Blogs (Skyblog, WordPress, Blogger,…), aux sites d’information ouverts aux internautes (LePost, Rue89, Come4News,…), aux réseaux sociaux (Facebook, Twitter, YouTube,…), aux forums de discussion, etc.

Créer un blog, est-ce risqué ? Proposer un contenu éditorial au public engage de sérieuses responsabilités que tout blogueur aurait tord d’ignorer ou de minimiser. (la grande majorité des éléments cités ci-dessous est valables pour les réseaux sociaux et sites d’informations ouverts aux internautes)

WordPress, Blogger, Sixapart, Dotclear,… permettent de créer un blog gratuitement en quelques minutes avec une facilité déconcertante. Mais la simplicité n’exonère pas le blogueur des devoirs qui incombent à tout Directeur de Publication (1)! Oui, c’est ainsi que le blogueur, même amateur, est considéré par la Loi pour la Confiance dans l’Economie Numérique (LCEN). Créer et gérer un blog, c’est être responsable des contenus publiés : ses propres billets bien sûr, les billets générés par les contributeurs autorisés et les commentaires laissés par les visiteurs. Aussi libre que soit la communication des pensées et des opinions en France, tout blogueur doit ainsi éviter les débordements suivants sous peine d’en assumer seul les conséquences juridiques  :

L’apologie des crimes contre l’humanité, l’incitation à la haine raciale, la pornographie enfantine, l’atteinte à la dignité humaine, la provocation à commettre des crimes et délits, toute forme d’injure, de diffamation ou de discrimination (sexuelle, religieuse,…). Enfin, il sera sage de ne pas “jouer” avec la présomption d’innocence et le secret de l’instruction sauf à en maîtriser parfaitement les subtilités… SI pour la presse papier, un contenu légalement répréhensible est prescrit 3 mois après sa publication la loi prévoit de prolonger ce délai à 1 an sur internet.

D’autres écueils, plus sournois, doivent eux aussi attirer l’attention du blogueur.

Le respect de la vie privée. Aborder la vie personnelle d’une personne identifiable sans son autorisation est tout simplement interdit… qu’il s’agisse d’un people ou d’un illustre inconnu.

La contrefaçon. Le simple fait de copier un billet ou un article comme celui que vous lisez et de le coller dans votre blog vous rend coupable de contrefaçon ! Même si vous avez l’obligeance de citer son auteur. En revanche, le droit de citation vous autorise à en tirer quelques courts extraits. Il faudra simplement y associer le nom de l’auteur et un lien menant vers “l’oeuvre” originale. De même, illustrer un billet avec une photo trouvée sur le Web est illégal ! Sauf si le billet consiste à analyser ou commenter la-dite photo. Là, c’est du droit à l’information.

L’usage d’un nom déposé (marque,…) est évidemment déconseillé; certains s’y sont essayés : Apple par exemple, a fait modifier tous les blogs et sites dont les noms utilisaient le terme “iPod”,  et la firme suisse Milka (les vaches mauves) n’a eu aucun mal a récupérer de force le nom de domaine Milka.fr qui avait pourtant été légalement acheté et exploité par une couturière prénommée Milka…

Parler du boulot ? Rien n’interdit de parler de son travail sur son blog. Chacun est libre en dehors de ses heures de bureau. Mais mieux vaut éviter de rendre la société identifiable car tout se complique lorsque les critiques sont de nature à déstabiliser ou dénigrer l’entreprise. Tout salarié a contractuellement un devoir de loyauté envers son employeur et les cas de représailles (licenciement, mise à pieds,…) consécutives à des dérapages éditoriaux se multiplient : De l’employée de Nissan Europe qui lâche sa colère et autant de noms sur son blog à la petite anglaise qui y critique gentiment ses supérieurs, les exemples sont maintenant légions. Dans tous les cas, l’employeur doit justifier le la sanction et prouver le trouble devant le juge si tout ça se termine aux prud’hommes. Quant aux fonctionnaires, ils ont un devoir de réserve qui leur interdit l’expression d’une quelconque opinion sur leur travail.

Et l’école ? Un mineur est soumis, en tant que blogueur, aux mêmes règles que les adultes. Si l’enfant est responsable pénalement, au niveau civil en revanche, les parents auraient à payer les dommages et intérêts réclamés par des professeurs injuriés sur un blog par exemple. Tout établissement scolaire est désormais censé réglementer officiellement l’utilisation des outils informatiques. Le non-respect du règlement entraînant les conséquences prévues par celui-ci (exclusion,…).

Quelques conseils pour bloguer tranquille :

Même si les thèmes abordés ont un caractère polémique, toujours peser ses mots et veiller à modérer les interventions extérieures, notamment les commentaires. Ceux-là peuvent techniquement être validés par l’administrateur avant ou après publication. Il est même envisageable d’interdire tout commentaire.

Si une personne visée par l’un de vos billets demande un droit de réponse (elle a 3 mois  après publication pour le faire), vous devez le lui offrir dans un délai de 3 jours.

Bloguer anonymement est autorisé. Dans ce cas, votre hébergeur doit disposer de toutes vos coordonnées. Lui donner de fausses informations est un délit (1 an d’emprisonnement et 75 000€ d’amende) et mieux vaut retenir qu’on n’est jamais anonyme sur le Net. L’adresse IP de votre PC sera toujours inscrite quelque part.

(1) Dans le cas de Jessi, c’est le Directeur de Publication du site LePost.fr (filiale du journal Le Monde) qui devra assumer les conséquences de l’affaire si la diffamation est avérée.

Pour en savoir plus :

Journal d’un avocat sur www.maitre-eolas.fr

Affaire de diffamation avec Monputeaux.com et son jugement commenté

Site poignée2cigares.com attaqué pour incitation au tabagisme

Le sous-préfet de Saintes limogé pour être sorti de son devoir de réserve

Loi sur la liberté de la presse

Dossier “je blogue tranquille” du Forum pour les Droits sur Internet

Guide du blogueur et du cyberdissident de Reporter sans frontières.

Ados : bloguer et chatter favorisent la maîtrise de la lecture et de l’écriture.

Les parents qui ont déjà aperçu les sms ou les conversations très informelles de leur progéniture sur Facebook auront certainement du mal à croire qu’une très intéressante corrélation existe entre l’utilisation des nouvelles technologies de la communication et la maîtrise de la lecture et de l’écriture. C’est pourtant ce qui ressort d’une très sérieuse étude du Fond National pour l’éducation qui lutte en Grande-Bretagne pour une meilleure alphabétisation de la société. Les jeunes utilisateurs de réseaux sociaux, blogs et systèmes de communication ont une plus grande confiance en eux quant à leurs capacités littéraires. En toute logique, les petits amateurs de smiley, acronymes, néologismes et horreurs orthographiques en tout genre sont donc aussi ceux qui montrent le plus d’enthousiasme dans l’écriture d’histoires, de lettre, de chanson ou de journaux intimes. Enfants de tous horizons, bloguez, chattez, c’est bon pour votre alphabétisation !

Toutes les infos dans l’article de ReadWriteWeb.com (3 min de lecture) et le site de la BBC (3 min de lecture / anglais)

Etats-Unis : la loyauté des blogueurs sous surveillance

Qu’ils soient édités par un professionnel, un spécialiste, un passionné ou un internaute en mal d’attention, les blogs font aujourd’hui partie des sources d’information les plus courantes. On évoque souvent la grande variété qualitative qui caractérise la blogosphère. Oui, le web héberge aussi bien des sources passionantes que des contenus affligeants. D’où l’importance de toujours recouper les infos glanées sur le Net. Un phénomène est plus discret pour le grand public : celui des billets sponsorisés. certains blogs ont atteint une telle audience et une telle réputation que des Agences se sont spécialisées dans la mise en relation des annonceurs (les marques) avec les blogueurs influents. Au sein de nos blogs préférés, on retrouve donc de plus en plus d’articles sponsorisés par des marques qui trouvent là un moyen de parfaitement cibler une campagne de communication. En gros, le billet sponsorisé est au blog ce que le publi-reportage est à la presse magazine… sauf que les publi-reportages sont toujours identifiés comme tels; même si c’est discret et que tout est mis en oeuvre pour que le lecteur pense lire un article de fond. Le problème avec le post sponsorisé c’est que la relation commerciale qui lie l’auteur à la marque est…cachée ! Ce phénomène n’est cependant pas généralisé; certains blogueurs précisent bien que tel ou tel billet est rédigé à la demande d’une marque.

Aux Etats-Unis, pour éviter des débordements (déjà atteints en fait dans ce pays…), une réglementation vient désormais encadrer les billets sponsorisés. Outre-Atlantique, un blogger testant un produit ou un service gratuitement et publiant ensuite un article rémunéré, doit désormais stipuler sa relation avec la marque en question. Tout contrevenant risquant 11 000$ d’amende. Cette réglementation s’applique également aux réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter.

En France, il n’y a pas de réglementation spécifique quant à la transparence des blogs et autres recommandations sur le net mais tout porte à croire que ça viendra. Il y a quelques jours, dans un domaine lui aussi assez opaque, un projet de loi a été déposé : celui-ci viserait à apposer une étiquette « retouchée » sur toute photo corrigée grâce à un logiciel. Bref, une mini-révolution dans l’univers du magazine de mode, de beauté mais aussi dans celui de la publicité…

Vous souvenez-vous de cette vidéo mise en ligne par un monteur-truquiste de Room-tv, révélant les correction effectuées sur les stars qu’on adule.

Plus d’infos à la Source (2 min de lecture)

Jean-Claude Dassier n’aime pas les blogueurs

Depuis quelques jours sur la Toile, blogueurs et commentateurs de tous horizons écrivent beaucoup autour du nouveau journal de TF1, celui de Laurence Ferrari, qui succède dans un buzz assourdissant à celui de PPDA. Les critiques ne sont pas toutes très bonnes que ce soit sur le fond comme sur la forme; et comme c’est un domaine (l’info, le 20h00, le people, la télé,…) cher aux nombreux internautes et blogueurs qui s’expriment sur le Net, les claviers crépitent de toute part et cela ne plaît pas, mais pas du tout à Jean-Claude Dassier, Directeur de l’information sur la 1ère chaîne !

Le rapport avec ASLN ? J’y viens. Dans son interview donnée au Point, M. Dassier est très virulent avec la blogosphère. Il choisit ses mots et assène au journaliste qui l’interroge au sujet des changements que le journal a subi depuis l’arrivée de Laurence Ferrari :  « Oser prétendre que rien n’a changé, comme je l’ai lu à droite ou à gauche chez ces messieurs les blogueurs qui s’enivrent de leur nouveau petit pouvoir, est d’une mauvaise foi sans nom. Que les blogueurs reviennent aux fondamentaux du journalisme plutôt que de nous donner des leçons en permanence et de donner la parole à ceux qui ne savent que critiquer. »

Certes, les équipes de TF1 ont travaillé pour le passage de flambeau, les enjeux (audience, revenus publicitaires,…) sont importants et il n’est jamais agréable d’être vertement critiqué mais là, J-C Dassier remet en cause la crédibilité, le rôle et la valeur des blogueurs et contributeurs qui sont à l’origine de l’intéret des contenus du nouveau Web.

Les blogs ne sont-ils que l’émanation de l’ignorance, de la critique primaire ou encore de la bêtise des foules ? Je ne crois pas. Je suis même sûr du contraire : 10 000 personnes qui donnent leur avis sur un sujet peuvent arriver au même niveau d’expertise qu’un spécialiste à l’autorité naturellement reconnue (nous en reparlerons certainement dans un prochain billet). Le problème de la Rédaction de TF1, c’est qu’elle n’a pas l’intention de laisser internet et la blogosphère lui retirer son Autorité. Qu’est-ce que l’Autorité ? D’une certaine manière, c’est le droit que nous donnons à d’autres d’être nos Auteurs. Dans le domaine de l’information (articles, interviews, enquêtes,…), le JOURNALISTE est officiellement détenteur de l’Autorité. Mais la réalité d’internet dans sa version 2.0 (participation, collaboration, interactivité,…) remet totalement en cause cette réalité. Aujourd’hui, les commentaires de l’information font partie de l’information. Pourquoi le Monde.fr ou le NYTimes.com (New-York Times) acceptent-ils que leurs lecteurs commentent leurs infos ? Parce que l’internaute ne se contente pas de l’ante-diluvien « Courrier des lecteurs » dont Jean-Claude Dassier semble nostalgique : « L’interactivité ? Oui, pour permettre au lecteur de poser des questions et de témoigner. Mais pas pour déverser cette bile atroce »

L’internaute veut participer, il exige d’interagir avec l’info, il désire faire entendre sa voix, il n’accepte plus que TF1 ou un autre lui impose unilatéralement sa vision du monde. le pire, c’est que TF1 le sait mieux que d’autres ! La 1ère chaîne subit comme toutes les chaînes cette inexorable migration de son public vers internet. Tf1, qui voit ses recettes publicitaires, son chiffre d’affaires, son bénéfice net (-32,7% au 1er semestre 2008) et son audience baisser, se tourne naturellement, mais timidement il faut le dire, vers internet : Tf1, c’est biensûr Tf1.fr, LCI.fr, Eurosport.fr,… mais aussi WAT, service de partage vidéo qui se positionne comme concurrent de YouTube et Dailymotion, Plurielle.fr (site d’infos destinées à un public féminin), 1001listes.com (listes de mariage) et d’autres encore. Et puis Tf1 a racheté Overblog !! Plateforme de blog qui permet à qui le veut de créer un blog sur le Net. Bref, en ce début de saison, le groupe Tf1 peut compter sur une audience de 11 millions de visiteurs uniques chaque mois sur ses sites. C’est pas mal mais pas mieux que M6 qui investit proportionnellement bien plus d’argent dans le Net. J’ai parlé d’M6 dans ce billetpuis dans celui-ci.

Le monde est en mouvement, les valeurs de notre Société mutent lentement. Les blogueurs ne remplacent pas les journalistes certes, mais les blogueurs sont certainement plus proches des aspirations des gens; les rédactions doivent peut-être s’inspirer de cette tendance. Journalistes et blogueurs se croisent, s’opposent, se confondent, s’interpellent. Blogosphère et Rédactions collaborent ou se court-circuitent… Journalistes, blogueurs et internautes participent à l’information, chacun à leur manière mais c’est sûr, les premiers ne sont plus les seuls et leur statut n’en est que moins autoritaire. Mais est-ce un mal ?

L’interview de J-C Dassier par lepoint.fr

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