Google TV, Apple TV, YouTube, Netflix, Hulu, Boxee,… La télé va prendre une claque !

Sacrée télévision ! A près de 85 ans, la boîte magique  n’a jamais été autant vendue ni regardée. Pourtant, son avenir risque de s’assombrir sous les assauts toujours plus nourris des géants de l’internet. Google, YouTube, Apple, Amazon, Netflix, Hulu, Facebook et bien d’autres ne mettront pas longtemps à déstabiliser un écosystème cathodique en mal d’innovation. Et oui, malgré d’apparentes « révolutions » sur la forme (la couleur, le câble, le satellite, le DVD, l’écran plat toujours plus mince, le blu-ray puis maintenant la 3D) et sur le fond (TNT gratuite, télé-réalité, séries, programmes courts, raccourcissement de la chronologie des médias, placement de produits,…) la télévision n’évolue que très lentement alors que les industriels des réseaux, spécialistes du hard (fournisseurs d’accès à internet , fabricants de matériel informatique, fournisseurs de téléphones mobiles,…) ou bien du soft (vidéo en ligne, éditeurs de réseaux sociaux, développeurs d’applications mobiles, créateurs de jeux vidéos,…), innovent sans relâche en quête d’une audience toujours plus réceptive.

LA TELEVISION EST CONNECTEE. OUI…MAIS NON.

Le connecteur RJ45 dédié au câble éponyme se fait désormais une place de choix à l’arrière de l’écran plat. Ce câble relie la télévision à… internet ! La quasi-totalité des écrans (un peu haut de gamme) du marché propose désormais cette « fonction » : internet sur la télé. Attention cependant. La TV dite connectée a un fâcheux penchant pour le mensonge. Et oui, l’internet de Samsung, LG et consort n’est qu’un nano-échantillon d’internet. La connexion d’une télévision donne accès à certains services au nombre desquels on retrouve généralement, la météo de Yahoo!, les vidéos de YouTube, des bandes-annonces, des infos sportives, les pages jaunes… et pas beaucoup plus… Plutôt décevant même si cette même connexion autorise aussi l’accès à des contenus plus proches : ceux qui sont stockés sur le PC de la maison (photos, vidéo, musique,…). Et puis il faudra qu’on m’explique l’intérêt des pages jaunes sur la télévision… l’intérêt des horaires SNCF ou encore la qualité déplorable de la majorité des vidéos YouTube… sur un écran Full HD ! Je pense que la quasi-totalité des contenus et services proposés aujourd’hui sur les écrans connectés ont un vrai rôle à jouer sur une tablette de type iPad ou bien sur l’écran d’un smartphone mais pas grand chose à faire sur l’écran du salon… Enfin, ajoutons que chaque constructeur met en place des partenariats exclusifs avec les services Web en question. Résultat, l’offre part dans tous les sens, on n’y comprend plus rien et cela ferme d’autant les portes à un accès le plus large possible vers internet. Je crois qu’on peut dire sans risque que les ingrédients nécessaires à l’échec des TV ainsi « connectées » sont biens réunis… même si certains acteurs du secteur semblent explorer des pistes intéressantes : Orange et LG se sont par exemple entendus sur un portails d' »applications »réunissant plusieurs thèmes qui plairont certainement.

Mais quel que soit le projet, le Web des TV connectées reste résolument fermé. On est loin des promesses marketing tenues par les ténors du marché. Si la promesse n’est pas tenue niveau contenus, il faut également noter que les débits exigés par la vidéo (YouTube HD, Dailymotion HD, Skype,…) sont assez élevés et que brancher un écran plat à un modem délivrant un débit inférieur à 10Mb/s revient à alimenter 2 millions de pixels en saccades et coupures en tout genre… et c’est pire en Wifi !

Pourtant, la TV connectée de qualité existe déjà depuis quelques années en France. Elle est alimentée par les Box fournies par nos « chers » fournisseurs d’accès. Free, Orange, SFR, Bouygues, Darty,… Toutes les Box internet proposent aujourd’hui des services connectés de bonne qualité technique. Vidéo à la demande et télévision de rattrapage (replay ou catch up TV) y ont une place de choix. Les contenus y sont certes assez limités mais ils collent aux nouveaux usages. Les Box sont pourtant tout aussi fermées que les Télévision décrites plus haut. La navigation ouverte sur le Net en est exclue !

Tout ça évolue cependant. Samsung propose désormais une gamme d’écrans plats résolument ouverte sur le Net : Navigateur internet, fonction « social TV » avec Facebook, Twitter, Skype et Google Talk, un écosystème d’applications qui doit se développer (façon App Store d’Apple) et un moteur de recherche unifié (moteur de recherche qui permet d’effectuer une recherche de fichier – vidéo, musical ou tout autre – sur le Net, les services de VoD, des disques durs en réseau,… d’un seul clic, les résultats étant organisés  par type de source sur une unique page ). Les fonctions sociales étant affichées en parallèle du programme TV regardé, Samsung joue la carte des nouveaux usages : les jeunes téléspectateurs surfent de plus en plus en regardant la télévision. Un phénomène que j’aborderai un peu plus tard dans le billet. Soit dit en passant, l’interface et fonctions du téléviseur Samsung rappellent furieusement les caractéristiques du Google TV, service que j’aborde également un peu plus bas.

Petite démonstration vidéo très explicite du Samsung D7000/D8000 par Clubic.com

UNE TELEVISION VRAIMENT CONNECTEE, CA DONNERAIT QUOI ?

Une télévision vraiment connectée à internet c’est à dire ouverte sur tout le Web avec un débit suffisant, voilà ce qui risque de faire vaciller la grande famille télévisuelle. Tout comme les Majors de la musique et celles du cinéma, les chaînes de télévisions risquent de prendre une grande claque si elles n’anticipent pas la vague qui se dirige droit sur elles.

Imaginons un écran plat connecté de façon optimale : interface proche de ce qu’on voit dans la vidéo ci-dessus et un débit internet de bon niveau (Plus de 15Mb/s) comme celui qui est offert par les Box ADSL (autour de 20Mb/s), le câble ou encore la Fibre optique (100Mb/s théoriques). Tous se jouera alors sur des contenus et services (sociaux ou pas) proposés dans une interface web ou une application dédiée. Et le secteur des contenus et services est aujourd’hui boosté par des géants trop heureux de déferler dans nos salons. Les moins connus du grand public français s’appellent Hulu, Netflix ou Amazon. Ces 3 acteurs majeurs de l’internet américain proposent des services de VoD (vidéo à la demande / location ou achat de films) très performants. Netflix compte 20 millions d’abonnés et vient de rafler les droit exclusifs de la série House of cards au nez et à la barbe de…HBO ! Imaginez un instant que  Netflix négocie les droits des Experts pour… l’Europe ! TF1 n’aurait plus qu’à remettre Viiip à l’antenne…

Hulu, plateforme de vidéos  financée par la publicité, a été lancée par NBC Universal et News Corp. On y trouve les séries, films et émissions de ces groupes. Amazon, plus connu pour ses activités de commerce en ligne (livre, musique,…), se lance désormais aussi dans la Vidéo à la demande. Gageons que ces 3 acteurs seront présents dans l’interface de télévision comme le D7000 présenté ci-dessus via des applications dédiées. La France découvrira alors qu’il n’y a pas que canal + pour regarder légalement 24H…

D’autres noms, bien moins exotiques dans l’esprit des internautes français, sont eux aussi bien décidés à faire oublier les M6 et autres BFM TV… Google, YouTube (propriété de Google), Facebook et Apple semblent fomenter de diaboliques plans à leur échelle… celle de la planète. Google propose depuis quelques mois sa Google TV. Un boîtier qui vient se brancher à la télévision mettant celle-ci en connexion avec internet : recherche sur le Web, Facebook, Twitter, applications à choisir sur l’Androïd Market, navigation en parallèle de la télévision, enregistrement de programmes,… et biensûr accès à YouTube. Cette plateforme va d’ailleurs subir de sérieux changements de forme dans les mois à venir. Google est clair : YouTube doit devenir un vrai concurrent de la télévision et proposer une interface plus claire, plus thématisée (sport, information, cinéma,…) capable de retenir l’internaute au-delà des 15 minutes que celui-ci à l’habitude de passer chaque jour sur la plate-forme de partage vidéo. Pour cela, le géant de Mountain View viendrait de mettre sur la table 100 millions de dollars ! Une somme dédiée à la création de contenus exclusifs… Une brindille dans le budget de Google mais quelle chaîne serait capable de dépenser autant pour un service qui n’existe nulle part ailleurs ?

Certes, Google TV a connu quelques bogues et le boîtier fabriqué par Logitech (de son petit nom Revue – photo ci-contre) n’a pas traversé l’Atlantique… pas encore. Quant à l’intégration du Google TV dans un écran plat, c’est aussi sur les rails. C’est juste une question de mois… Pour les early adopter, un boîtier « concurrent » existe lui. Proposé à 229€ par Boxee, il permet peu ou prou les mêmes activités que le Google TV. Encore une fois, c’est certainement au niveau des applications disponibles qu’une bonne part de la guerre va se jouer. Google et son Androïd Market ayant une sérieuse avance dans le domaine. On compte aussi sur Google pour affûter plus encore son modèle publicitaire déjà révolutionnaire (générer des gros revenus grâce à des dizaines de milliers d’annonceurs en lieu et place des gros annonceurs historiques) : Sur YouTube, la firme de Moutain View expérimente True View, un système qui laisse le choix à l’internaute de regarder ou pas la pub avant la diffusion du programme ! Déjà en place pour certains abonnés Premium de YouTube aux Etats-Unis, les retours sont positifs : 35 à 55% des utilisateurs regardent la publicité en entier… Boxee ou Google TV, si ces solutions vous tentent, il faut garder à l’esprit que les plate-formes légales de vidéos qui leur sont associées peuvent être inaccessibles depuis la France pour des questions de droits.

Apple, de son côté, propose un service ultra-performant dans le domaine de la musique mais bien moins pertinent en terme de vidéos : iTunes. On peut y télécharger des films, des séries ou des shows TV mais le catalogue est encore très réduit et tourné vers les Etats-Unis. L’Apple TV, boîtier qui se branche à l’écran du salon, donne accès à ces contenus ainsi qu’à ceux qui sont stockés sur l’ordinateur de la maison. Le problème c’est que les formats acceptés sont restreints à l’ecosystème Apple. Pourtant, de sérieuses rumeurs laissent penser que tout ça va changer. iTunes doit faire l’objet d’une grande annonce dans les jours qui viennent. On parle d’un iTunes dans les nuages à savoir un service qui permet d’avoir accès à ses contenus « culturels » (musique, films, shows,…) depuis n’importe quel appareils pourvu qu’il soit connecté au Net.

A ces sérieuses rumeurs viennent s’ajouter des indices prouvant l’intention d’Apple de lancer bientôt une TV connectée ! Si le projet est évoqué depuis plusieurs années chez les Mac Addict, l’investissement récent de 3,9 milliards de dollars dans un domaine qui reste secret propulse Apple au rang de fabricant potentiel d’écrans plats. Si le sujet vous intéresse, jetez un oeil sur l’un des derniers podcast de On Refait Le Mac (vidéo ci-dessous). Alors, un iPad de 42 pouces accroché au mur du salon, ça vous dit ?

Si certains se demandent quel appareil doit concentrer les éléments de la TV en ligne (l’écran plat, le lecteur blu-ray, la Box internet ou un boîtier supplémentaire ?), d’autres risquent de donner leur vision des choses et quelle vision ! Imaginez une TV Apple avec Safari (navigateur), Google (moteur de recherche), et les 300 000 applications déjà disponibles sur l’App Store (65 000 pour l’iPad)… le tout pilotable par un iPhone, un iPod Touch ou un iPad !

Enfin, Facebook, le réseau social aux 650 millions de membres ne se contentera pas de devenir la page d’accueil de tout internaute lançant son navigateur. Facebook vient de s’ouvrir les portes de la VoD (Vidéo à la demande) certes modestement dans un premier temps, mais le signal est fort…

La question qui tue c’est : des géants comme Apple, Google, Amazon ou Microsoft peuvent-ils faire vaciller la télé connectée balbutiante déjà proposée par nos « champions » français ? Car nous avons déjà accès à un embryon de TV connectée en France. Un embryon mis en oeuvre par des fournisseurs d’accès à internet (FAI) plutôt performants dans le domaine. Toutes les Box dites « Triple Play » donnent accès à la vidéo à la demande : location ou achat de films, TV de rattrapage, diffusion de contenus (photos, vidéos, musique) stockés sur le PC de la maison,… La TV connectée française est certes pleine de défauts (pauvreté du catalogue de films, tarifs élevés, ergonomie indigente,…) mais possède un atout majeur : elle est présente au sein de millions de foyers ! 71% des français sont connectés au Web, 93% des connexions se font par l’ADSL et le débit moyen sur notre territoire est de 17,62Mb/s. De bons ingrédients qui devraient encourager les acteurs de la TV connectée (FAI, Majors du cinéma, chaînes de TV,…) à accélérer le mouvement. Oui parce que si Google met 100 millions de dollars dans l’amélioration de YouTube, demain le géant peut investir 200, 300, 500 millions et même bien plus ! Des enveloppes hors de portée des TF1, France Télévision,… et complexes à élaborer pour Free, Orange ou SFR. Apple par exemple, vient d’investir 3,9 milliards de dollars dans un domaine secret et c’est justement, selon certains analystes et autres commentateurs, dans celui de la télévision ! Qui, en Europe, peut provisionner autant de cash ?

QUE VONT DEVENIR TF1, FRANCE 2 ou CANAL + ?

Pas de panique dans l’immédiat. La télévision reste championne de la fréquentation. Les français n’ont jamais autant regardé la télévision. 3h32 par jour et par personne… un nouveau record. Une étude Deloitte révèle même que nos concitoyens préfèrent la télévision à internet : 67% contre 55%. Voilà un autre atout de  l’industrie télévisuelle française. Le problème c’est que les jeunes téléspectateurs sont de plus en plus multi-tâches et qu’en regardant la télévision le Digital native surfe aussi sur le Web (33% des français surfent sur le Net en regardant leur programme… 46% chez les 22-27 ans !). Et le phénomène s’amplifie avec les réseaux sociaux. Comme le rappelle un article des Ecrans.fr : « sur le site de microblogging, 80 % des messages seraient générés par la diffusion d’une émission à la télé « . Et je veux bien y croire. J’ai testé le phénomène en France avec l’émission Top Chef. Durant la diffusion, les avis, critiques, commentaires, blagues, pour la plupart très bien inspirée, ont afflué sur ma page Twitter. Les directeurs de chaînes peuvent trembler : les internautes s’expriment en direct et on sait à quel point l’influence des « amis » est importante sur les réseaux sociaux… Pour mon expérience, j’étais dans mon salon, devant ma télévision, mon iPhone posé sur le canapé. Mais quel sera l’incidence d’une telle pratique lorsque chacun pourra avoir les 2 infos (le programme et les fil des commentaires) sur l’écran du salon ? Une petite vidéo permet de voir la chose avec la nouvelle gamme de TV Samsung présentée dans la vidéo un peu plus haut. Les chaînes de TV doivent-elles se réjouir d’un tel mouvement ? M6 doit-elle accepter que ses animateurs et ses émissions soient critiqués voire condamnés par des milliers de « téléspectanautes » mécontents (les mécontents et les moqueurs s’expriment plus que les autres non ?) en temps réel sur Facebook et autre twitter ? La question ne se pose en réalité même plus ! Les chaînes doivent faire avec et imaginer comment exploiter les informations qui en ressortent. La télévision doit désormais adopter certaines des plus grandes valeurs de l’internet – la connexion, la socialisation, le partage, la recommandation, la transparence, l’ouverture… – et perdre une partie du contrôle ! Le contrôle des droits de diffusion, le contrôle du chiffre d’affaires publicitaire, le contrôle de l’image de marque, du marketing,…

Les chaînes de TV peuvent aussi tenter de rentrer dans la danse menée par leur nouveaux concurrents. Tf1 semble ainsi bien décidée à proposer un service de VoD (vidéo à la demande) autour de contenus purement TV (séries, show télé,…) et cinéma. En outre, il paraît aujourd’hui évident que chaque chaîne doit avoir une stratégie numérique organisée autour d’appareils mobiles (smartphones, tablettes,…) de plus en plus incontournables dans la relation avec les téléspectateurs. Proposer des programmes étudiés pour une diffusion transmédias (TV, Smartphone, Tablette,…) avec toute l’interactivité que cela suppose paraît également pertinent. Dans le domaine, le laboratoire Syzygy a imaginé un écosystème télévisuel (Goab TV) assez intéressant :

Pour plus d’infos, lisez ces quelques articles :

La télé dans les filets du Net

La télé connectée est un vrai bouleversement culturel

Comment les chaînes se rapprochent des internautes

YouTube va investir 100 millions de dollars dans la création de contenus

Caractéristiques du Samsung D7000 / D8000

L’ascension de la catch up TV en France

L’édition 2010 du baromètre CNC-TV Replay vient de révéler quelques chiffres intéressant autour du phénomène grandissant de la Télévision de rattrapage. Pour les moins technophiles, La TV de rattarapage appelée aussi TV Replay ou Catch up TV est ce service gratuit ou payant qui permet de revoir quand on veut un programme TV récemment diffusé.(souvent avec une limite de 7 jours suivant la diffusion initiale).

Ce service qui convainc les français depuis plusieurs années déjà, est en pleine ascension (lire ce billet et celui-ci). Selon le baromètre CNC TV-Replay, 52,8% des internautes utilisent la TV de rattrapage et 36,4% d’entre eux l’utilisent au moins une fois par semaine !

Sur les 17 000 vidéos disponibles en décembre 2010, 50% sont des journaux télévisés, 42,4% des émissions de flux (exemples : D&Co, les programmes de Télé-réalité,…). L’animation, le documentaire, la fiction et le cinéma ne représentent que 7,5% des contenus proposés.

Ce même baromètre révèle également quelques statistique concernant la VoD (location et achat de films sur des plate-formes comme Arte VoD, Canalplay, Club Vidéo, France Télévisions, Orange, TF1 Vision, Universciné ou Virgin Méga). Ces plate-formes comptent 5 561 films, un chiffre multiplié par 2,7 depuis 2007.

Si l’usage s’accélère, on ne peut pas s’extasier devant la progression du nombre de films disponibles dans les rayons virtuels des services de VoD. Si le nombre de 5 561 films disponible peut paraître intéressant, il ne représente qu’un saut de 16,9% en 1 an (entre juin 2009 et juin 2010). A titre de comparaison, le nombre de titres Blu-Ray est passé de de 1 615 en juin 2010 à 2356 en mars 2010 soit une hausse de 45% en 9 mois (Source Les Années laser) ! No comment…

D’autres chiffres à la Source

Plus d’infos dans le dossier « Le marché de la vidéo »

Le futur est à la téléphonie mobile

Cette semaine, plusieurs chiffres ont été diffusés autour d’internet et des outils qui lui sont dédiés. des chiffres mondiaux et d’autres français. Petit tour d’horizon.

DANS LE MONDE. L’internet mobile (smartphone, tablettes,…) est un secteur qui va littéralement exploser dans les années qui viennent. Selon Ericsson, si la planète compte aujourd’hui 400 millions de mobinautes (utilisateurs de l’internet mobile par le réseau 3G), il y en aura 3,5 milliards en… 2015 ! Soit autant que d’utilisateurs de mobiles standard (2G) en 2010. En 2020, 6 milliards d’abonnements mobiles seront en activité…

AUX ETATS-UNIS. Le cabinet NDP révèle que 40% des américains possèdent un appareil portable (smartphone, Tablette, Netbook,…) leur permettant de naviguer sur le Net. 5% ont un eBook reader qui leur permet de lire livres, BD ou magazines dans leur version numérique. Comme le rappelle le site Technaute.cyberpresse.ca, cette tendance confirme la prédiction de Masayoshi Son, PDG du groupe japonais de télécommunications Softbank Corp, qui a déclaré le 27 avril que «dans l’avenir, dix appareils d’internet mobile ou plus seront utilisés dans chaque foyer»

EN FRANCE. L’ARCEP (régulateur des Télécoms) vient de communiquer les chiffres du 4ème trimestre 2009 : 20,4 millions de foyers sont abonnés à internet dont 17 millions en ADSL.

Près de 50% des abonnés à l’ADSL ont accès à la TV via cet abonnement. Un phénomène intéressant car ce taux progresse de 40% en un an. Quant à la téléphonie sur IP fournie par les Fournisseurs d’accès à Internet (FAI), elle libère franchement la parole des ses utilisateurs : « En moyenne, 5h09 de communications transitent chaque mois sur une ligne téléphonique par IP , contre à peine 2h57 pour une ligne classique » explique ZDnet.fr.

La progression de l’internet mobile, quant à elle, semble confirmer les chiffres d’Ericsson (voir plus haut). Notre pays compte 61,5 millions de clients mobiles. Et un nouvel abonnement sur 2 permet de naviguer sur internet. Ce phénomène est largement dû à l’explosion des smartphones. La France compte 16,9 millions de ces « ordiphones » soit 28% des mobiles !

Plus d’infos sur :

Les chiffres mondiaux (2 min de lecture)

Les chiffres américains (1 min de lecture)

Les chiffres français (4 min de lecture)

Publicité : Samsung brille, Microsoft trébuche (à nouveau)

Si vous résistez aux longs couloirs publicitaires qui « ornent » nos programme TV, vous aurez certainement remarqué la grosse campagne publicitaire de Microsoft pour son navigateur maison, à savoir Internet Explorer dans sa version 8. Des petits films sans saveur, mal interprétés et parfois même prenant le consommateur pour… un idiot ! Exemple : Cet homme qui nous explique en 8 secondes que la navigation « sans trace » lui permet de cacher sa quête d’un cadeau précieux pour sa bien-aimée sur internet…

Qui va croire ça ? Pourtant, Microsoft avait « osé » se rapprocher d’une réalité plus probable en diffusant le spot suivant… sur le net. Car non, les hommes et les femmes n’ont pas les même gouts numériques… et pour éviter le divorce l’incident diplomatique, la navigation sans trace peut s’avérer salutaire. (note : le spot, présent un temps sur les sites de Microsoft, a été retiré suite aux plaintes de certains internautes un peu choqués)

Microsoft n’a jamais brillé dans le domaine publicitaire. Sa communication a, ces dernières années, oscillé entre la pâle copie de ce que fait Apple la concurrence, l’humour incompréhensible , l’humour presque compréhensible et l’indescriptible flou humoristico-blockbusteresque…

Je me demande si la meilleure opération de communication de Microsoft sur notre sol ne serait pas la présence d’Internet Explorer 8… sur les boîtes de Speed rabbit !

Pour revenir à la dernière campagne TV de Microsoft, j’ajouterai que sa « médiocrité » saute aux yeux surtout quand on la compare à ce que propose les grands acteurs des technologies de l’information (je ne vous inflige pas ici la présence des autres spots IE 8 tous ratés; quant à la campagne « Moi, je suis PC » c’est encore pire, personne n’ayant pris la peine de caster de vrais comédiens…) . Jetez un oeil sur la campagne de samsung pour ses APN dotés de 2 écrans de contrôle. Un spot traditionnel certes mais bien moins coûteux que la bande-annonce d’Office 2010 et à mon sens bien plus créative et actuelle.

« Ce soir ou jamais » : Internet, sa régulation et le droit à l’oubli

C’est un sujet récurrent dans AujourdhuiSurLeNet : les traces laissées par milliers chaque minute sur le Net sont susceptibles d’être consultées par les internautes du monde entier aujourd’hui, après-demain ou dans 10 ans ! Une aubaine pour les internautes qui comprennent l’intérêt d’un tel phénomène. Une plaie à retardement pour ceux qui croient que leurs traces numériques (photos, texte, vidéos,…) sont aussi virtuelles que privées !

Un thème très discuté sur le Net mais que la télévision ne traite pas… en dehors de quelques anecdotes anxiogènes :

– l’histoire de cette Assurance qui cesse ses remboursements suite, entre autre, à la découverte de photos compromettantes sur facebook.

Le sujet orienté et malhonnête d’Envoyé Spécial sur les dangers de facebook.

Lundi dernier, sur France 3, Frédéric Taddéi a réuni sur son plateau des intervenants qui ont débattu une heure durant autour de la question : « Faut-il réguler internet ? » Une initiative qui, si elle ne satisfera pas les plus avertis, pourra éclairer le quidam à travers un débat contradictoire.

La vidéo est présentée ici en 2 parties mais l’émission intégrale est accessible sur le site de France 3(quand ça marche…).

Vodpod videos no longer available.

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Un résumé des débats à la Source (7 minutes de lecture)

Envoyé Spécial : l’échec programmé de la loi Hadopi ?

Quelques heures avant la diffusion du sujet intitulé « Cinéma et musique sur internet, la fin des hors-la-loi ? », j’étais un peu inquiet quant à l’objectivité des auteurs. Je proposais d’ailleurs de voir ou revoir 2 reportages totalement orientés qui pouvaient donner une idée des sentiments des journalistes de télévision vis à vis d’internet…

Mais surprise, le reportage proposé par Envoyé Spécial jeudi dernier était plutôt objectif. L’a priori qui voudrait que le piratage de CD et films soit à l’origine d’un effondrement des industries musicales et cinématographique a en partie été battu en brèche !  Tout n’est pas si simple. Les jeunes continuent de dépenser pas mal d’argent pour la musique : l’industrie du disque ne représente pas à elle seule l’industrie musicale comme voudraient nous le faire croire les Majors… Le cinéma se porte plutôt pas mal et les gros blockbusters, ceux qui sont le plus téléchargés, sont aussi ceux qui rapportent le plus d’argent… et plus que jamais : Wolverine et Bienvenue chez les ch’ti en sont 2 exemples.

Le sujet de France 2 soulève ainsi de bonnes questions : le prix élevé des cd et dvd, les marges astronomiques de l’industrie du disque, les modifications de nos modes de vie, l’émergence du streaming,… même si le temps qui leur est consacré ne permet pas un éclaircissement complet. Et puis manquent tout de même à l’appel certaines questions pourtant essentielles : Pourquoi les Majors n’ont jamais véritablement encouragé les nouveaux usages (VoD, streaming,…) ? Pourquoi les Maisons de disques n’ont-elles jamais voulu croire au succès du MP3 ? Pas grand-chose non plus sur les nouvelles dépenses des ménages (Box internet, Mobile, Consoles de jeux, jeux vidéo, plasma,…) qui se sont déplacées vers l’innovation et la nouveauté éloignant du même coup les consommateurs d’un secteur campant sur ses mécaniques industrielles, marketing et commerciales vieilles de plusieurs dizaines d’années. L’idée du partage est-elle nouvelle sur le web ou remonte-t-elle à ses origines ? Bref, comment en est-on arrivé à un tel succès du téléchargement illégal ?

Je ne m’étends pas d’avantage mais si vous voulez mon avis sur Hadopi, vous le découvrirez en lisant les quelques billets qui abordent le sujet et notamment celui-ci qui fait un point sur Hadopi, le CD, le DVD et le Blu-ray.

Pour ceux qui n’ont pas vu l’émission, la voici en 5 parties. Il me semble d’autre part qu’Envoyé Spécial abordera un sujet qui touche de près internet dans une quinzaine de jours. Enfin, vous pouvez toujours revoir Envoyé Spécial sur Facebook.

NB : je vous aurais bien encouragés à aller voir ou revoir le sujet sur le site d’Envoyé Spécial (catch up TV) mais il n’y figure pas… alors que les autres reportages de la soirée y sont bien visibles…

Ce soir à 20h35 : Envoyé Spécial se penche sur le téléchargement illégal

La loi hadopi, récemment votée et censée lutter contre le téléchargement illégal, a fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois (tapez Hadopi dans ASLN ou bien dans Google, vous verrez) et quelques semaines avant le lancement de la campagne de mail d’avertissement prévu pour janvier, l’émission Envoyé Spécial a enquêté sur ces vilains pirates qui selon les Majors du disque et du cinéma, mettent toute notre industrie culturelle en péril… [MAJ : pour voir l’émission, c’est sur cette page]

Je ne ne vais pas a priori mettre en doute l’objectivité de la télévision lorsqu’elle commente les usages des internautes mais les j’avoue que certains reportages TV m’ont laissé pour le moins dubitatif…

Tout le monde sur le Net garde un « grand » souvenir de ce sujet diffusé sur Arte et Planète : Clément le No Life ou 7 minutes de poncifs, d’a priori, de caricature, de « foutage de gueule » (désolé mais ça me rend dingue) autour de ce qu’est un jeune quand il a accès à internet !

Clément le No Life

Et que dire de ce « reportage » scandaleux sur les dangers de Facebook diffusé par… Envoyé Spécial fin 2008 ? Certes, je mets en garde ceux qui pensent que Facebook est un espace privé ou confidentiel et je reste également vigilant quant aux dérapages que peuvent provoquer les réseaux sociaux mais jetez un oeil sur le sujet de France 2 : A part une introduction qui aborde le partage et le contact avec des amis éloignés, la vidéo relate sur 25 minutes tous les démons qui caractériseraient Facebook ! Addiction, vol de données, drogue, meurtre, vol d’identité, pédophilie, inconscience des ados,… tout ça est monté dans bout à bout nauséabond auréolé d’un commentaire orienté dit par un journaliste (?) un brin moqueur… Il faut attendre le « retour plateau » pour entendre que certaines précautions (limitations d’accès à son compte, création de groupes, bannissement des photos compromettantes,…) permettent quand même de se protéger des dangers de Facebook. Mais rien, rien du tout sur les vertus d’un réseau social, quel qu’il soit d’ailleurs. Rien sur ce nouvel espace où toute une génération échange, partage ou discute avec sa communauté. Rien sur la façon dont les ados utilisent Facebook pour travailler et améliorer leur images, rien sur la façon dont Facebook contribue à l’intégration dans un groupe, à la collaboration, à l’entraide,…

Le sujet d’Envoyé Spécial sur Facebook (en 4 parties car YouTube limite les séquences à 10 minutes)

La télévision ne peut-elle espérer faire de l’audience qu’en exploitant les mécanismes de la peur ? La télévision traite-elle internet comme un ennemi dangereux ? J’aurais tendance à répondre par l’affirmative mais peut-être que le reportage de ce soir sera… comment dire… objectif. Réponse ce soir, France 2 à 20h35.

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