Super Crapule Vs Super Hadopi

Sur Curiosphère.tv, site de découverte animé par France 5, une vidéo d’animation crée le buzz depuis peu. Le petit film tente d’expliquer en 3 minutes 22 secondes, les tenants et aboutissants de la loi hadopi censée lutter contre le téléchargement illégal.

Près de 60 000 vues sur YouTube en 2 jours… Un bad buzz plein de promesses…

Vodpod videos no longer available.

L’animation est techniquement réussie. Le problème c’est que sa vision manichéenne, caricaturale, simpliste et, disons-le, erronée du « dossier » vient d’exploser au visage de… France 5. Les 1ers indices pouvaient laisser penser que le dessin animé avait été réalisé par la Hadopi (Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet) mais le patron de la Haute Autorité a nié tout lien avec la vidéo (qu’il trouve par ailleurs intéressante). De son côté, Jean Marc Merriaux, directeur des actions éducatives à France 5, a confirmé l’entière paternité de la chaîne du Service Public. Selon M. Merriaux, l’animation est destinée aux 15 ans et plus : Elle porte un « regard décalé » sur la loi Hadopi à travers « des éléments expliqués simplement » mais « (…) nous avons peut-être trop simplifié » a-t-il confié au NouvelObs.com. Le clip doit d’ailleurs faire l’objet de modifications dans les jours qui viennent.

Le film n’a en outre pas vocation a sortir du site Curiosphère.tv et serait même exclusivement destiné aux médiateurs éducatifs (enseignants, parents d’élèves,…) censés utiliser un document complémentaire (1) qui, reconnaît Zdnet.fr, est plus modéré…

J’espère qu’après révision, le discours saura se faire plus nuancé car à ce « jeu », je crains l’escalade dangereuse. En prenant quelques secondes (moins d’une minute), j’ai dégoté 2 réponses au « télécharger illégalement c’est du vol » asséné par Super-Hadopi :

Une déclaration du chanteur Cali (reprise à l’époque dans ASLN)

Une vidéo expliquant que copier ce n’est pas voler

Le mécanisme de riposte graduée doit être mis en oeuvre ces jours-ci. Les 1ers mails d’avertissement devraient être envoyés aux adeptes du téléchargement illégal en… 2010… Peut-être.

(1) J’ai tenté de retrouver la vidéo et le document PDF sur Curiosphère. Aucune trace. Mais Youtube et dailymotion se charge du bad buzz…

[MAJ] La vidéo a été retirée du site Curiosphère ET de YouTube… Mais ce genre de vidéo ne disparaît jamais vraiment de la Toile…

L’histoire sur le NouvelObs.com (2 min de lecture)

Quelques idées à débattre sur la loi Hadopi :

Grande Bretagne : les pirates achètent plus de musique que les autres

Loi Hadopi votée, les rebondissements sont encore possibles

Hadopi 2 : 285 pour, 225 contre

Députés et Sénateurs ont voté pour Hadopi. Et après ?

Cali jette un pavé dans la marre… d’Hadopi (Vidéo)

L’iPad encouragerait le piratage des livres numériques

Hier, j’écrivais quelques lignes autour des espoirs qui se cristallisent autour de l’iPad, la tablette d’Apple. Je me demandais notamment si les éditeurs allaient mettre à profits les enseignements directement tirés des mauvais choix de la filière musicale (prix trop élévé, favorisation de la distribution physique, lutte contre les nouveaux usages,…). Et bien non ! Concernant les tarifs des eBooks, on assiste même à une hausse des prix. Depuis la sortie de l’iPad, Amazon par exemple a cédé sous la pression des éditeurs (MacMillan pour l’instant mais les autres suivront) et a augmenté ses tarifs. Résultat, chez Apple comme chez Amazon, on peut trouver des livres numériques récents  à 13$ et même plus ! C’est la guerre des contenus et Apple a fait monter les enchères pour attirer les grands éditeurs.

Dans un premier temps, les grands perdants… c’est NOUS !! A 14$ (on parie sur 14€ en France ?), un eBook est plus cher qu’un livre de poche ! Pour rappel, un livre numérique n’exige aucun coût de fabrication, impression, stockage ou transport… (coûts de stockage et transport quasi-nuls).

Mais les plus gros perdants risquent bien d’être du côté des éditeurs. Le site Torrent Freak a en effet constaté que depuis le lancement de l’iPad aux Etats-Unis début avril, le volume d’ouvrages présent sur les réseaux P2P a tout simplement explosé ! Le téléchargement illégal d’un livre comme « How we decide » a par exemple augmenté de 140% ! Le choix d’un prix bas pour de plus gros volumes de vente n’a pas été retenu par la filière du livre. C’est dommage car le secteur est en train de prendre le même chemin que celui des Majors du disque.

La méthodologie de Torrent Freaks est intéressante. Le site a voulu s’intéresser aux 10 livres les plus vendus sur Amazon. Mais ceux-là sont absents des réseaux BitTorrent habituels. Cela ne veut pas dire que ces ouvrages ne sont pas présents sur d’autres réseaux pirates. Mais on peut en conclure que le piratage de livres numériques  n’est pas encore aussi répandu que celui qui touche la musique et le cinéma.

Torrent Freak a donc mesuré les échanges concernant 6 best-sellers de la catégorie Business (Amazon) qui sont eux, bien présents sur les réseaux P2P. les mesures ont été relevées durant 6 jours précédant le lancement de l’iPad et les jours suivant celui-ci. Voici le résultat titre par titre, sous forme graphique : Selon le titre concerné, 21 à 140% d’augmentation des téléchargements illégaux ont été constatés.

Qu’est-ce qui entraînerait cette hausse soudaine ? Le tarif trop élevé des eBooks ? la peur des DRM, ces verrous électroniques qui empêchent tout partage de fichier d’un appareil à l’autre ?  Les DRM d’Apple semblent être de la partie comme ils l’ont été des années durant dans le domaine musical. Mais l’iPad accepte parfaitement les eBook qui ne viendraient pas de son store associé (iBook Store) à partir du moment où ils sont au format ePub. Un format ouvert et répandu dans le domaine. Il est par exemple possible de lire sur un ipad un eBook acheté sur une autre plateforme ou converti depuis un autre format (avec le logiciel gratuit Calibre par exemple) à partir du moment où le fichier final est au format ePub non-protégé (sans DRM limitant le fichier à un appareil concurrent en particulier).

Cette ouverture d’Apple, même si elle n’est pas nouvelle (l’iPod a toujours accepté les MP3 sans DRM qu’on pouvait facilement obtenir à partir de CD), est intéressante car elle permet de télécharger légalement des milliers de livres gratuits. Les grands auteurs du domaine public sont accessibles sur des sites comme ebooksgratuits.com. Un site qui héberge aussi des livres récents. Le Projet Gutenberg héberge également des milliers de titres gratuits et légaux (attention, les droits peuvent être différents selon le pays duquel on télécharge) qu’on peut downloader en quelques secondes. Autre piste et non des moindres : livrespourtous.com. Un espace permettant de télécharger gratuitement livres, BD, dictionnaires, etc.

Je serai certainement amené a traiter ce sujet (les contenus gratuits) en profondeur une fois l’iPad disponible sur notre territoire.

Source

Hadopi : les alternatives au P2P vont exploser

Avertissement : Le billet qui suit évoque des solutions qui permettent de contourner la loi. Ces citations permettent de mieux comprendre à quel point la logique legislative est en décalage avec la réalité d’internet. Elles n’ont pas vocation à encourager le téléchargement illégal.

La loi Hadopi, votée en septembre 2009, prévoit de repérer, prévenir et sanctionner les internautes qui téléchargent illégalement musiques et films sur le Net à travers les systèmes d’échanges Peer to peer (P2P).

Après plusieurs mois de mises au point, les premiers robots d’Hadopi ont semble-t-il été repérés sur les réseaux d’échanges. C’est le blog officiel d’eMule (solution très usitée des adeptes du P2P légal et illégal) qui l’affirme : la Société TMG, mandatée par l’Hadopi, recueille actuellement les adresses IP des internautes pirates en traçant les albums d’un certain nombre d’artistes : les Black Eyed Peas, Michael Jackson, Diam’s et d’autres. Que ce soit pour tester ses méthodes ou pas, le bras armé d’hadopi est en marche et la riposte graduée est proche…

Le problème, c’est que les internautes ont largement eu le temps d’anticiper la lente mise en place de la loi. Et les alternatives aux Peer to Peer, assez exotiques dans le passé, sont en train d’envahir la Toile… Les armes anti-hadopi sont d’autre part elles aussi sur le point d’anéantir les espoirs de la loi.

La loi Hadopi a augmenté le piratage

Une étude menée par le groupement d’intérêt scientifique breton M@rsoin a révélé début mars que si 15% de ceux qui fréquentaient les réseaux Peer to Peer à des fins illégales ont cessé de le faire après le vote de la loi, seul 1 tiers d’entre eux a réellement stoppé toute forme de piratage. Les autres se sont dirigés vers des solutions alternatives (streaming, téléchargement direct,…) qui sortent du champ d’application de la loi hadopi mais n’en sont pas pour autant légales… Ainsi, selon l’étude de M@rsoin, les formes de piratage s’affranchissant des réseaux P2P connaissent désormais un tel succès que globalement, depuis le vote d’Hadopi, le nombre de pirates aurait gonflé de 3% ! L’enquête des universitaires bretons révèle par ailleurs que 50% des acheteurs légaux téléchargent également des contenus illégaux. Ainsi, selon leurs calculs, couper l’accès internet aux adeptes du seul  P2P illégal, comme le prévoit la riposte graduée, ferait disparaître de la Toile 27% des consommateurs de biens culturels (films, musique) légaux ! Une donnée qui vient violemment contrecarrer les « beaux espoirs » des Majors (lire Pascal Nègre : « Hadopi fera décoller le téléchargement légal » – 01net.com). Enfin, les scientifiques confirment que les pirates sont aussi de plus gros consommateurs légaux que les autres. Une réalité déjà connue des experts du web… (lire un autre article à ce propos)

La Fédération Nationale de l’Industrie Phonographique (IFPI) a vivement critiqué l’étude, la qualifiant de « prématuré »; aucun courrier n’ayant encore été envoyé aux pirates. Mais les chercheurs bretons n’ont jamais nié que leur enquête était un « simple » coup de projecteur sur l’impact d’une loi votée mais pas encore appliquée.

LES SOLUTIONS ALTERNATIVES AU P2P

Si le vote de la loi hadopi peut accélérer la migration des pirates vers d’autres solutions moins risquées, le P2P est en déclin depuis de nombreux mois. Les internautes n’ont pas attendu Hadopi pour se rendre plus discrets. Selon Arbor Networks, si le P2P représentait 40% du trafic en 2007, en 2009 ce taux n’était plus que de 18%. La hausse des débits autorisés par l’amélioration des réseaux physiques (adsl 2, câble) a permis l’essor rapide du streaming et du téléchargement direct. L’avènement de la fibre optique risque de décupler le phénomène…

Le streaming illégal. Le streaming permet de regarder un film ou écouter de la musique sans avoir à télécharger le fichier. Avantages : la lecture du fichier est intantannée. Plus besoin d’installer un logiciel permettant de partager avec les autres les fichiers téléchargés (P2P). Un site comme Megavideo (installé à Hong Kong) permet de visionner films et séries avec le confort d’une application en ligne : tout se passe à travers un simple navigateur internet. Une simplicité dont les Majors devraient s’inspirer. Et vous savez quoi ? Une part des utilisateurs de Megavidéo paie (oui oui !) pour pouvoir accéder à plus de contenus ! Une contrainte demeure cependant. La discrétion de ce type de site ne permet pas de trouver un film en se contentant d’en taper le nom dans Google. Il faut se rendre sur des sites spécialisés du type gogo-films.com, atcine.com, streamiz.com… qui renvoient vers le bon fichier.

Défaut : le fichier lu n’étant pas rapatrié sur le disque dur de l’internaute, celui-ci ne peut pas en profiter quand il veut et où il veut. Cette contrainte est la même dans un contexte légal. Pour regarder un film en streaming sur une plateforme légale de VoD (Vidéo à la demande) comme CanalPlay ou Tf1 Vidéo, l’internaute s’acquitte d’un droit d’usage (une espèce de location) limité dans le temps. L’usager peut regarder le film autant de fois qu’il le désire (dans un délai ne dépassant pas généralement les 72 heures) à partir du moment où il a une connexion internet mais le fichier vidéo sera toujours sur  les serveurs du diffuseur. Certains arrivent tout de même à garder chez eux le film pourtant regardé en streaming. Mais encore une fois c’est illégal. Des logiciels comme StreamGet sont « légaux » dans la mesure où l’on s’en sert pour rapatrier des vidéos non protégées comme ça peut être le cas sur YouTube ou Dailymotion, les 2 sites de streaming les plus connus censés, eux, éliminer tout contenu illicite de leurs plateformes.

Le téléchargement direct (Direct Download). La montée en puissance des débits autorisés par les FAI ont largement contribué à la popularisation des sites de téléchargement. Des sites comme Megaupload, Rapidshare, Sendspace ou Mediafire servent légalement à héberger et/ou échanger des fichiers. Mais évidemment, on y trouve beaucoup de biens culturels illégaux. On ne peut pas y faire de recherche directement mais des blogs ou sites spécialisés comme Mega-films.net ou Mooton.fr agrègent des milliers de liens qui permettent de télécharger films et séries gratuitement depuis ces espaces discrets dont le plus connu est certainement Megaupload. Mooton.fr précise que pour télécharger un film, l’internaute est légalement censé être en possession de l’original…

Les forums et Newsgroups. Exprès, je regroupe les 2 concepts dans le même paragraphe. Le fait est que les 2 solutions, certes techniquement différentes, permettent de discuter de sujets divers (des plus larges aux plus pointus) et d’échanger des liens et fichiers. Certains forums sont privés et ne sont accessibles que par cooptation… Si les échanges y sont légaux (il faut arrêter de penser qu’on n’échange que des contenus illégaux sur le Net), il faut reconnaître que les offres payantes proposées par des services de Newsgroups comme Giganews ou Usenet.nl font la part belle au téléchargement volumineux, rapide et crypté… 3 facteurs essentiels pour les pirates en herbes…

Là où le P2P était gratuit, force est de constater que les solutions alternatives, streaming, téléchargement, Newsgroups,… génèrent une vraie économie. Leurs grands acteurs sachant récompenser les nombreux intermédiaires capables de leur apporter de nouveaux clients payants. Un phénomène qui s’amplifie sous la pression d’Hadopi. D’autres solutions, plus techniques, existent. Vous en trouverez quelques unes sur le site de Kysban.

Les échanges physiques. Et oui ! Un type d’échange qui a pu ralentir avec l’explosion d’internet mais qui pourrait bien reprendre des couleurs maintenant que la peur du gendarme existe sur la toile. Alors que les Majors ont toujours fait pression pour maintenir des systèmes anti-copie (DRM) sur les fichiers téléchargés légalement (iTunes, Fnac.com, Virgin,…), les CD eux, ont toujours été copiables à l’infini (si on excepte la tentative avortée du Copy Control). Aujourd’hui, toute une panoplie de supports permet de partager sa musique et ses films sans passer par internet : CD vierges, clés USB, disques durs externe, cartes SD… Autant d’objets capables de passer de mains en mains dans la cour de récréation ou devant la machine à café…

LE P2P (CIBLE D’HADOPI) EST-IL MORT ?

Non ! Les échanges de fichiers via le P2P sont la cible exclusive de la loi Hadopi. Utiliser un logiciel de P2P pour télécharger des contenus illégaux fait donc désormais prendre le risque de se faire repérer par les robots de TMG (voir plus haut) et de recevoir mail et courrier d’avertissement. La coupure de l’accès internet ne se concrétisant que si vous persistez après avertissement. Les plus flegmatiques argueront qu’il n’y a que peu de chance de se faire prendre. Les plus prudents choisiront une des solutions citées ci-dessus. Les plus attachés au P2P opteront pour des solutions de cryptage. Des solutions, autrefois réservées aux entreprises, aux experts, aux sites marchands et bancaires, permettent désormais au quidam d’échanger des données légales ou pas sans laisser de traces. Ellesattirent de plus en plus l’internaute lambda. Des solutions dédiées au P2P existent : des réseaux comme Ants ou Mute permettent ou permettront bientôt des échanges chiffrés. Problème : Comme le précise l’auteur du blog Sadroc.TECH, si chacun se met à chiffrer, crypter ou anonymiser ses échanges, le Net passera de l’état « difficilement contrôlable » à celui d' »enfer d’incrontrôlabilité chiffrée en 1024 bit ». Encore une fois certains de ces services sont payants ! Un service comme Relakks.com permet par exemple à tout internaute de naviguer sur le Net avec une adresse IP anonyme et d’échanger des fichiers à travers des « tunnels privés » (VPN). Coût : 45€/an ou 3,75€/mois… Un autre service, simplissime, vous fournit lui une adresse IP jetable qui remplace votre vraie identité. Son nom : IPjetable.net ! Le site vous garantit une navigation anonyme et cryptée. Pour les plus motivés, des solutions du type Freenet ou Darknet permettent de pratiquer le P2P « discret » et plus encore ! Une part de ces « solutions » est encore un peu technique pour l’usager moyen mais la peur du gendarme peut faire des miracles dans le domaine des compétences informatiques du « bon père de famille »…

Seedfuck, l’arme de destruction massive. Et si quelques utilisateurs compétents se chargeaient de faire le boulot pour… tout le monde ? Depuis quelques jours, la blogosphère bruisse d’un bout de code informatique répondant au petit nom de Seedfuck… Ce dernier serait capable de générer plusieurs milliers d’adresses IP fictives mais aussi des fichiers leurres (faux fichiers, fausses traces d’échange,…)… bref, tout ce que trace Hadopi pour confondre les pirates ! parmi les adresses IP que génèrerait Seedfuck, certaines sont fausses, d’autres sont réelles. Autrement dit, un internautes breton pourra télécharger illégalement autant de films qu’il veut en utilisant l’adresse IP d’un alsacien honnête ! Hadopi enverra ses avertissements… à l’internaute alsacien. Rappelons tout de même qu’utiliser l’adresse IP d’un autre, cela s’appelle de l’usurpation d’identité (sur le Net, votre identité c’est votre adresse IP), un délit passible de 5 ans d’emprisonnement et 75 000€ d’amende comme le rappelle Eric Freyssinet, spécialiste en cybercriminalité. Seedfuck prouve cependant l’obsolescence  d’une loi qui repose sur des données (adresse IP)  loin d’être fiables. Une faille qui risque de mettre à mal les « dossiers made in hadopi » de ceux qui désirent se défendre.

Seedfuck repose également le problème d’un internet inutilisable. Si le cryptage et autres techniques de chiffrement peuvent faire du Net un espace incontrôlable (voir paragraphe « le P2P est-il mort ? »), le Torrent Poisoning de Seedfuck, utilisé à outrance,  ne risque-t-il pas de rendre les réseaux P2P inutilisables ? Le P2P étant AUSSI et je dirais même AVANT TOUT une solution permettant le partage de fichiers légaux. Linux, Microsoft et d’autres l’utilisent pour les mises à jour de leurs logiciels, les chercheurs l’utilisent pour partager des données et des ressources de calcul, la téléphonie sur IP s’en sert aussi, etc. Ce qui est certain, c’est que la mission de Trident Media Guard (TMG), la société choisie par l’Hadopi pour traquer les échanges illégaux sur les réseaux Peer to Peer (P2P), risque d’être plus chère compliquée que prévue. Même si Seedfucker ne cible qu’un des protocoles du P2P (le BitTorrent), rien ne dit que demain, un « Seedffucker 2 » ne s’appliquera pas à piéger d’autres protocoles. Les internautes trop partageurs vont-ils définitivement migrer vers les solutions alternatives citées plus haut ? Certainement. Hadopi, elle, se contentera de retenir qu’elle a tué BitTorrent et éventuellement le P2P.

Que reste-t-il à Hadopi ? Une potentielle extension de ses prérogatives. L’Hadopi ne traque que les échanges P2P. Mais un nouveau vote pourrait étendre son champ d’action à d’autres réseaux. Cela ne ferait que déplacer à nouveau le problème… et donnera certainement lieu à un nouveau billet.

Sources

13 solutions de téléchargement oubliées par hadopi

Mooton.fr : téléchargement illégal ?

Hadopi pourrait bien causer beaucoup de tord aux ayants-droit

L’étude de chercheurs bretons sur l’efficacité d’Hadopi n’a pas de sens selon les Majors

Une étude mesure les premiers effets de la loi Hadopi

Megavideo bouscule le peer-topeer en France

Le rapport de M@rsoin.org

Envoyé Spécial : l’échec programmé de la loi Hadopi ?

Quelques heures avant la diffusion du sujet intitulé « Cinéma et musique sur internet, la fin des hors-la-loi ? », j’étais un peu inquiet quant à l’objectivité des auteurs. Je proposais d’ailleurs de voir ou revoir 2 reportages totalement orientés qui pouvaient donner une idée des sentiments des journalistes de télévision vis à vis d’internet…

Mais surprise, le reportage proposé par Envoyé Spécial jeudi dernier était plutôt objectif. L’a priori qui voudrait que le piratage de CD et films soit à l’origine d’un effondrement des industries musicales et cinématographique a en partie été battu en brèche !  Tout n’est pas si simple. Les jeunes continuent de dépenser pas mal d’argent pour la musique : l’industrie du disque ne représente pas à elle seule l’industrie musicale comme voudraient nous le faire croire les Majors… Le cinéma se porte plutôt pas mal et les gros blockbusters, ceux qui sont le plus téléchargés, sont aussi ceux qui rapportent le plus d’argent… et plus que jamais : Wolverine et Bienvenue chez les ch’ti en sont 2 exemples.

Le sujet de France 2 soulève ainsi de bonnes questions : le prix élevé des cd et dvd, les marges astronomiques de l’industrie du disque, les modifications de nos modes de vie, l’émergence du streaming,… même si le temps qui leur est consacré ne permet pas un éclaircissement complet. Et puis manquent tout de même à l’appel certaines questions pourtant essentielles : Pourquoi les Majors n’ont jamais véritablement encouragé les nouveaux usages (VoD, streaming,…) ? Pourquoi les Maisons de disques n’ont-elles jamais voulu croire au succès du MP3 ? Pas grand-chose non plus sur les nouvelles dépenses des ménages (Box internet, Mobile, Consoles de jeux, jeux vidéo, plasma,…) qui se sont déplacées vers l’innovation et la nouveauté éloignant du même coup les consommateurs d’un secteur campant sur ses mécaniques industrielles, marketing et commerciales vieilles de plusieurs dizaines d’années. L’idée du partage est-elle nouvelle sur le web ou remonte-t-elle à ses origines ? Bref, comment en est-on arrivé à un tel succès du téléchargement illégal ?

Je ne m’étends pas d’avantage mais si vous voulez mon avis sur Hadopi, vous le découvrirez en lisant les quelques billets qui abordent le sujet et notamment celui-ci qui fait un point sur Hadopi, le CD, le DVD et le Blu-ray.

Pour ceux qui n’ont pas vu l’émission, la voici en 5 parties. Il me semble d’autre part qu’Envoyé Spécial abordera un sujet qui touche de près internet dans une quinzaine de jours. Enfin, vous pouvez toujours revoir Envoyé Spécial sur Facebook.

NB : je vous aurais bien encouragés à aller voir ou revoir le sujet sur le site d’Envoyé Spécial (catch up TV) mais il n’y figure pas… alors que les autres reportages de la soirée y sont bien visibles…

Ce soir à 20h35 : Envoyé Spécial se penche sur le téléchargement illégal

La loi hadopi, récemment votée et censée lutter contre le téléchargement illégal, a fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois (tapez Hadopi dans ASLN ou bien dans Google, vous verrez) et quelques semaines avant le lancement de la campagne de mail d’avertissement prévu pour janvier, l’émission Envoyé Spécial a enquêté sur ces vilains pirates qui selon les Majors du disque et du cinéma, mettent toute notre industrie culturelle en péril… [MAJ : pour voir l’émission, c’est sur cette page]

Je ne ne vais pas a priori mettre en doute l’objectivité de la télévision lorsqu’elle commente les usages des internautes mais les j’avoue que certains reportages TV m’ont laissé pour le moins dubitatif…

Tout le monde sur le Net garde un « grand » souvenir de ce sujet diffusé sur Arte et Planète : Clément le No Life ou 7 minutes de poncifs, d’a priori, de caricature, de « foutage de gueule » (désolé mais ça me rend dingue) autour de ce qu’est un jeune quand il a accès à internet !

Clément le No Life

Et que dire de ce « reportage » scandaleux sur les dangers de Facebook diffusé par… Envoyé Spécial fin 2008 ? Certes, je mets en garde ceux qui pensent que Facebook est un espace privé ou confidentiel et je reste également vigilant quant aux dérapages que peuvent provoquer les réseaux sociaux mais jetez un oeil sur le sujet de France 2 : A part une introduction qui aborde le partage et le contact avec des amis éloignés, la vidéo relate sur 25 minutes tous les démons qui caractériseraient Facebook ! Addiction, vol de données, drogue, meurtre, vol d’identité, pédophilie, inconscience des ados,… tout ça est monté dans bout à bout nauséabond auréolé d’un commentaire orienté dit par un journaliste (?) un brin moqueur… Il faut attendre le « retour plateau » pour entendre que certaines précautions (limitations d’accès à son compte, création de groupes, bannissement des photos compromettantes,…) permettent quand même de se protéger des dangers de Facebook. Mais rien, rien du tout sur les vertus d’un réseau social, quel qu’il soit d’ailleurs. Rien sur ce nouvel espace où toute une génération échange, partage ou discute avec sa communauté. Rien sur la façon dont les ados utilisent Facebook pour travailler et améliorer leur images, rien sur la façon dont Facebook contribue à l’intégration dans un groupe, à la collaboration, à l’entraide,…

Le sujet d’Envoyé Spécial sur Facebook (en 4 parties car YouTube limite les séquences à 10 minutes)

La télévision ne peut-elle espérer faire de l’audience qu’en exploitant les mécanismes de la peur ? La télévision traite-elle internet comme un ennemi dangereux ? J’aurais tendance à répondre par l’affirmative mais peut-être que le reportage de ce soir sera… comment dire… objectif. Réponse ce soir, France 2 à 20h35.

Loi hadopi votée, les rebondissements sont encore possibles

Ca y est ! la loi Hadopi censée sauver les industries du disque et du DVD a été votée par l’Assemblée Nationale par 258 voix contre 131 ce mardi après un passage rapide au Sénat. Les députés socialistes ont confirmé leur opposition au texte et comptent saisir le Conseil Constitutionnel ou le Conseil d’Etat.

De son côté, le ministère de la Culture prévoit une mise en place de l’hadopi (Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet) dans le courant de l’automne. C’est donc à partir de janvier 2010 que les 1ers mails d’avertissement devraient être expédiés chez les internautes pris en flagrant délit de téléchargement illégal.

Petit rappel de la loi hadopi :

– Un internaute pris* en flagrant délit de téléchargement illégal recevra de l’Hadopi un mail d’avertissement. S’il récidive, un courrier recommandé lui priera d’arrêter ses « bêtises »… C’est le volet dit « préventif » d’Hadopi. (*Les ayants-droits, à savoir les Majors et les éditeurs de tout poil, pourront faire surveiller le Net par des sociétés spécialisées et dénoncer aux autorités les pirates ainsi repérés)

– Si l’internaute persiste à télécharger musique et/ou vidéos de façon illégale, la sanction tombe : coupure de l’accès internet de 1 mois à un an selon la gravité des faits reprochés. C’est à cette étape que l’hadopi 2 amène les nouveautés qui doivent faire d’elle une loi respectant notre Constitution. L’accès à internet étant désormais considéré comme un droit fondamental, seul un juge peut décider d’en priver un citoyen. C’est donc bien un juge qui décidera ou non de la coupure internet. L’internaute ainsi déconnecté devra cependant continuer à payer son abonnement. Une double peine qui pourra même être complétée par une amende… et de la prison ! Durant sa peine, le « pirate » n’aura pas le droit de s’abonner auprès d’un autre opérateur.

– Autre nouveauté de l’Hadopi 2 : Si le téléchargeur utilise votre accès Wifi à votre insu, c’est vous qui serez responsable si vous n’aviez pas correctement sécurisé votre réseau. Cette négligence peut coûter 3 750€ d’amende et 1 mois de suspension d’abonnement internet.

– Les messageries électroniques ne seront finalement pas surveillées par l’autorité. Les pièces jointes aux mails, susceptibles de contenir plusieurs fichiers musicaux illégaux, restent donc hors de portée de l’Hadopi.

– Un internaute accusé de téléchargement illégal ne peut se défendre qu’à l’étape répressive prévue par la loi. Impossible donc de répondre ou de se défendre à la réception du mail ou du courrier recommandé d’avertissement. C’est devant le juge que l’internaute peut être représenté par un « conseil » (?).

– On a tendance à l’oublier mais la loi hadopi doit également imposer une meilleure offre légale. L’abaissement des délais qui séparent la sortie d’un film en salle et sa disponibilité en DVD, blu-ray et VoD fait partie des projets en cours. Tout comme le développement des sites légaux spécialisés dans l’écoute de musique. Une mission « Création et Internet » a ainsi été lancée par le Gouvernement. Objectif annoncé : améliorer l’offre légale. Des nouvelles de cette mission avant la fin de l’année…

Faut-il connaître pour s’opposer ?

C’est la question que s’est posée le journal satirique en ligne Bakchich.info en allant interroger nos députés sur le sens du terme peer-to-peer, concept qui se trouve au coeur de la loi Hadopi, fraîchement votée.

Vodpod videos no longer available.

Petite précision notée par PCImpact :

Henri Plagnol : UMP, a voté pour Hadopi
Jean-Pierre Grand : UMP, s’est abstenu
Dominique Perben : UMP, a voté pour Hadopi
Claude Goasguen : UMP, anti-Hadopi, aurait dû voter pour, mais a finalement brillé par son absence.
Jean Tiberi : UMP, a voté pour Hadopi
Jean-Pierre Brard : PC, a voté contre Hadopi
Jean-Christophe Lagarde : NC, a voté contre Hadopi
Aurélie Filippetti : PS, a voté contre Hadopi

Pour voir ou revoir la vidéo du même type tournée il y a quelques mois, avant le vote de « Hadopi 1 », rendez-vous sur le site de Bakchich.

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