Wikipédia victime de son succès

On ne le répétera jamais assez : Si le projet encyclopédique libre et gratuit Wikipedia est un formidable point de départ pour toute forme de recherche (étude, devoir, dossier, thèse,…), il doit rester ce qu’il est, une source parmi d’autres. Je ne reviendrai pas sur la fiabilité de Wikipedia qui, globalement, ,est satisfaisante, mais je suis toujours surpris de voir à quel point la facilité est capable de neutraliser l’esprit critique. Ségolène Royale en a fait les frais il y a quelques jours en récitant un discours faisant allusion à un personnage « historique » déniché sur Wikipedia. Un certain Léon-Robert De Lastran qui, selon plusieurs historiens, n’a jamais existé…

L’auteur de la source Wikipédienne, membre du Rotary Club de La Rochelle affirme le contraire.

Si la Présidente de Région Poitou-Charente n’a pas réagit, l’auteur de son discours, Sophie Bouchet-Petersen, s’est rangée du côté des historiens, reconnaissant son erreur.

Il y a 2 jours, c’est la mort annoncée de Bernard Montiel qui a relancé le débat sur les démons de Wikipedia : anonymat et légitimité des auteurs, parasitisme, diffamation, mensonge, manipulation, prosélytisme, propagande,…

Un internaute a donc librement ajouté une date de décès sur la « fiche » wikipédienne consacrée à l’animateur. Ce n’est pas la première fois(mort de Ted Kennedy, mort de Philippe Manoeuvre,…) que cela arrive et de nombreuses personnalités ont déjà fait l’objet de rumeurs infondées voire agressives. Des dérapages qui ne doivent pas remettre en cause le millions d’articles français que compte l’encyclopédie en ligne. Car on ne se lance pas dans une opération de sabotage ou de désinformation sans risque : si les articles de Wikipedia sont anonymes, on parle bien ici d’un anonymat tout relatif. Personne n’est vraiment anonyme sur le Net (même si certaines techniques le permettent) et l’auteur de l’article faisant allusion au savant naturaliste repris par Ségolène Royal a rapidement été repéré. Quant à l’internaute qui a annoncé la mort de Philippe Manoeuvre, il a été arrêté par la police…

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La Sorbonne dans son iPod, c’est possible avec iTunes U

Aux Etats-Unis, il est possible depuis plusieurs années, de profiter des cours magistraux donnés dans l’amphithéâtre de certaines Universités et ce, depuis n’importe où sur la planète. StanfordHarvard en passant par le MIT(Massachusetts Institute of Technology), n’importe qui peut suivre certains cours de haut niveau grâce à la technologie du Podcast. Il suffit d’un PC et d’une connexion internet pour télécharger voire s’abonner à ces cours. Disposer d’un iPod rend le service encore plus puissant; pouvoir profiter de tels contenus en toute mobilité (trajet vers le bureau,…) est idéal. Le problème c’est que même si ces contenus sont accessibles depuis notre pays, ils sont en anglais…

Quid des Universités françaises ? Certaines d’entre elles sont très en pointe quant à l’utilisation des nouvelles technologies. L’Université de Lyon 2 fait partie de celles-là. Les étudiants y bénéficient de cours enregistrés voire filmés. Et leur site internet est une vraie plateforme d’aide pour leurs études. Les contenus mis à disposition du grand public restent cependant assez rares. Et ce constat est bon pour toutes les Universités et grandes écoles françaises. Les contenus (cours, conférences, débats, Interviews…) universitaires existants sont eux accessibles grâce à iTunes U. La plateforme de téléchargement d’Apple qui connaît un grand succès dans la vente de musique numérique propose un espace nommé iTunes U. On y trouve quantités de cours américains et anglais mais certains établissements français sont présents : Université de Lyon 2, HEC (anglais), l’Université populaire du Musée du Quai Branly, Université de Nice Sophia Antipolis, l’Université de Paris Descartes, l’Ecole Normale Supérieure, Le Collège de France… et depuis peu, La Sorbonne. Il existe par ailleurs des contenus francophones du côté des Université de Montréal, de Lausanne , etc.

Google offre 2 millions $ à Wikipedia

Ce don est en réalité versé à la Fondation Wikimedia qui chapeaute un certain nombre de projets comme Wiktionary, Wikibooks, Wikinews et Wikipedia entre autres. Fondé par Jimmy Wales, Wikipedia, projet encyclopédique gratuit, créé et enrichi chaque instant par les utilisateurs, connaît un succès fulgurant. J’en parlais il y a quelques jours : Wikipedia comptera bientôt 1 millions d’articles en langue française.

Les contenus sont gratuits mais le fonctionnement de Wikipedia a un coût; si les auteurs sont bénévoles par définition, le succès planétaire de l’encyclopédie rend le projet gourmand en bande passante, en serveurs (stockage) et en maintenance. Wikimedia a d’ailleurs fini l’année comme d’habitude avec un appel aux dons qui lui a rapporté 8 millions de dollars (240 000 donateurs). En voici donc 2 de plus qui doivent servir aussi à l’amélioration de son ergonomie et de son accessibilité.

Si Google et Wikimedia ont déjà collaboré, notamment sur des tests de  traduction automatique d’articles, c’est la première fois que Google se montre aussi généreux avec le projet encyclopédique. Mais Sergei Brin (co-fondateur de Google) est clair : « Wikipedia est un des plus grands triomphes d’internet (…) »

Si la directrice générale de la fondation déclare que Google et Wikipedia sont des partenaires naturels, certains rappelleront tout de même que le moteur de recherche développe lui-même un projet encyclopédique du nom de Knol. Ce dernier se dit différent dans le sens où les articles ne sont pas anonymes (responsabilisation et mise en lumière des signataires) et que la publicité (grande spécialité de Google) doit venir rémunérer les auteurs et… Google. Plusieurs autres différences de fond opposent les 2 encyclopédies mais dans les deux cas, les contenus sont générés par les internautes. 2 avis s’opposent donc : ceux qui pensent que Knol et Wikipedia sont concurrents et les autres qui pensent que les deux projets sont complémentaires.

En terme de taille, il n’y a pas photo. En juillet 2009, au bout d’un an d’existence, le knol francophone comptait 5 000 articles (selon Knol); près d’1 millions sont référencés sur Wikipedia (122 000 knols au total contre 15 millions sur Wikipedia) mais Knol est jeune. Il a été mis en ligne en juillet 2008 alors que Wikipedia vient de fêter ses 9 ans ! Cependant, et malgré sa jeunesse, certains parlent d’un certaine stagnation de Knol. Sa fréquentation pourrait être faible (175 000 visites en juillet 2009 selon Elektor.fr) et les critiques sont parfois singlantes : lire l’article de Slate.com (anglais) qui relève des fautes d’orthographe, un auteur qui se dit expert en tout, des copies conformes d’articles de Wikipedia, de l’auto-promotion, des articles abandonnés par leur auteur, du plagiat, etc.

Reconnaissons tout de même que Wikipedia, également très critiquée, a mis plusieurs années à se stabiliser.

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Wikipedia : Bientôt 1 millions d’articles français

Alors que le projet encyclopédique gratuit et libre fétait ses 9 ans le 15 janvier dernier, Wikipedia doit atteindre le million d’articles français avant la fin 2010. 900 000 articles francophones sont consultables aujoud’hui dans l’encyclopédie la plus utilisée au monde  (6ème site le plus fréquenté de la planète selon Alexa). L’anglais est évidemment la langue la plus répandue avec plus de 3 millions d’articles sur les 15 millions que compte Wikipedia.

14 774 000 entrées dans 265 langues, voilà un bilan pour le moins impressionnant pour cette encyclopédie gratuite, sans pub, rédigée par des internautes assez peu nombreux finalement. Selon cet article, seuls 1000 rédacteurs seraient à l’origine de près de la moitié des contributions françaises effectuées dans l’encyclopédie. Un phénomène très courant voire systématique de toutes les plateformes de contenus générés par les utilisateurs : YouTube, Dailymotion, Flickr,… La blogosphère et les sites d’informations en général ne sont pas en reste. Les contenus du web, consultés, copiés, commentés, lus, regardés, écoutés, etc, sont « utilisés » par des centaines de millions d’internautes mais générés par seulement quelques uns d’entre eux… Certains le font pour gagner de l’argent, pour faire rire, pour se faire connaître, par générosité, pour rendre service, pour améliorer leur réputation, pour défendre leurs idées, pour transmettre leur savoir, pour satisfaire leur ego, pour échanger. Les autres, le très grosse majorité, profitent de cette production gratuitement, sans rien faire. Savoir, divertissement, culture, communication, outils de production,… tous ces domaines s’enrichissent chaque jour grâce à la contribution d’un faible pourcentage d’internautes motivés par leur… « Humanité ».

Injuste ? Vous pouvez le penser… Mais internet n’est en rien différent de la vie réelle de ce point de vue-là ! Dans la vie réelle, quelques millions de personnes s’engagent pour le bien-être de tous ! Les militants d’un parti politique s’engagent, prennent sur leur temps et leur énergie pour le bien de tous. Les membres d’associations de défense de consommateurs sont assez peu nombreux comparés à tous ceux qui profitent de leurs actions ! Les donateurs qui remplissent les caisses d’associations de lutte contre certaines maladies et autres catastrophes sont en grande minorité comparés à ceux qui profitent des services rendus par ces mêmes associations.

Pour revenir à Wikipedia, on parle souvent de la loi des 1% : les contributeurs ne représenteraient qu’environ 1% des utilisateurs. Cette règle est en réalité plus répandue qu’on ne le pense ! Et heureusement ! Wikipedia ne pourrait pas s’auto-organiser aussi bien si les contributeurs représentaient 2 ou 3% des utilisateurs. Et si tous les français engageaient des actions au sein du parti qui défend leurs idées, j’ose à peine imaginer le bazar que ce serait !

D’autres infos à la Source (3 min de lecture)

Loic Le Meur : « Laissez un maximum de traces sur le web »

Les traces qu’on laisse volontairement ou pas sur le web font l’objet de débats assez à la mode en ce moment. Il  est vrai que des photos humiliantes postées sur un réseau social peuvent porter préjudice à tout internaute qui peut voir resurgir au mauvais moment un passé compromettant. Mais si on garde à l’esprit que désormais toute société est susceptible de faire sur le Net des recherches concernant des candidats à l’embauche, autant se lâcher et laisser sur la Toile le plus d’infos possible sur soi ! Des informations positives, on s’entend. Une ascension du Mont Blanc à votre palmarès ? Un projet humanitaire ? Des poêmes émouvants ? Un don pour la cuisine ? Une passion pour la photo ou l’Histoire de France ? Tout ça mérite d’être vu et donc référencé par Google, Yahoo! et consort. Si une vidéo débile peut vous desservir, un blog relatant votre passion pour les Cupcakes peut en revanche vous valoriser.

« Laissez un maximum de traces sur le Web ». Voilà donc un bon conseil de Loïc Le Meur à l’attention des jeunes qui recherchent un emploi. Ce n’est pas le seul conseil de la vidéo qui suit alors cliquez sur lecture :

Vodpod videos no longer available.

 

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Nouveaux mots du dictionnaire Oxford : Les nouvelles technos y ont la part belle

Les réseaux sociaux, phénomènes de l’année 2009, ont logiquement des effets sur la mise à jour du New Oxford American Dictionary. C’est ainsi que des mots et expressions devenus courants dans Facebook ou Twitter débarquent dans le plus célèbre dictionnaire anglophone. Exemples :

« Unfriend » est un terme (verbe) utilisé par les membres de Facebook quand ceux-là retirent une personne de leur liste d’amis. Un mot anglais que même certains internautes français utilisent.

« Hashtag » : petit mot précédé d’un dièse qui définit le sujet d’un message (tweet) envoyé sur twitter. Le hashtag permet ainsi de regrouper les conversations par sujet.

Le dictionnaire accueille également « intexticated » (automobiliste distrait par l’utilisation de son mobile) qui n’a pas d’équivalent français, Netbook (petit PC portable à bas coût) et sexting (SMS ou MMs à caractère sexuel) qui sont en revanche utilisés sur notre territoire.

En France, les Larousse et autres Robert ont eux aussi accueilli de nouveaux mots directement issus des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC). Dans les éditions 2010, on peut désormais retrouver des termes comme Buzz, Geek, Web 2.0, Mobinaute, Peer-to-peer, Webtélé, Webradio, Blacklister, e-book  Hameçonnage, Multijoueurs, Adresse IP, Wi-Max ou e-learning. Des termes assez généraux, moins pointus que les nouveaux venus du Oxford, et à la définition « officielle » parfois un peu timide…

Mais en réalité, a-t-on le réflexe d’ouvrir un dictionnaire papier pour découvrir ou vérifier la définition de mots si nouveaux ? Des mots et expressions largement expliquées dans des espaces numériques gratuits fort bien documentés au premier rang desquels on retrouve le fameux projet encyclopédique Wikipedia. Pour le mot « Geek » par exemple, si la définition du Larousse reste très limitée voire incomplète, Wikipedia permet faire la différence entre « geek » « technophile » et « nolife ».

Source (2 min de lecture)

Wikiréponses : le web sémantique de Jimmy Whales

Jimmy Whales avait fondé Wikipedia : cette encyclopédie au contenu généré par les internautes est devenu l’un des sites les plus visités au monde. Et pour cause, pas un étudiant ne s’en passe lors de ses recherches… En France comme ailleurs, le succès est démesuré mais Whales ne s’arrète pas là. Un nouveau projet non moins pharaonique est en train de naître : Wikiréponses(version française de WikiAnswers). Un site où chacun peut poser la question qu’il veut dans le domaine de son choix ! La réponse viendra automatiquement… des internautes ! Comme pour Wikipédia, les contenus sont générés par les utilisateurs (User Generated Content). Si la version anglophone (WikiAnswer) atteint selon son fondateur, un taux de réponse de  80%, le site français plafonne pour l’instant à 70%. Pour améliorer ce taux ? Rien de plus simple : si vous êtes passionné, spécialiste, enseignant, chercheur dans un domaine précis, faites-vous plaisir en répondant aux questions encore sans réponse : « Pourquoi la musique fait-elle bouger ? », « Combien y-a-t-il de conseillers à l’Elysée ? », « Pourquoi le café mousse-t-il ? », « Pourquoi rit-on ? »,…

Le site connaît évidemment son lot de questions idiotes du genre « Tu l’as vue ? » ou « Droitier ou gaucher ? »,… qui trouveront certainement une réponse à travers l’humour et la créativité de certains contributeurs. Plus sérieusement, si ces questions-réponses connaissent le même succès que les articles encyclopédiques de Wikipédia et qu’elles sont aussi bien référencées par Google, peut-être se rapprochera-t-on du web sémantique à venir. Imaginez taper (ou dire) dans votre navigateur préféré : « Combien y a-t-il de communes en France ?  » . Imaginez que la 1ère ou seconde réponse soit celle de Wikiréponses. Une réponse dont il suffira de vérifier la source ou bien que l’on recoupera par d’autres recherches.

Ce qui m’étonne tout de même c’est que j’ai l’impression que pas mal de contributeurs à Wikiréponses se serviront de Wikipedia pour répondre aux questions… Wikiréponses deviendrait alors une version « web sémantique » de Wikipedia ! Pourquoi ne pas avoir extrait les contenus de Wikipedia pour en faire une version « sémantique » ? C’est en tout cas l’objectif du projet DBPedia mené par les Universités de Leipzig et Berlin…

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