Google bientôt fournisseur d’accès

Ca y est, le géant de la recherche sur le Net a désigné la ville dans laquelle il va déployer un réseau internet très haut débit grâce à la fibre optique. Sur 1 000 municipalités candidates, c’est Kansas City (Kansas) qui se verra bientôt dotée d’un réseau permettant des débits de 1Gbit/s soit 50 à 100 fois supérieurs à ce que propose un abonnement ADSL.

Les habitants de Kansas City bénéficieront de ce confort dès 2012. A terme, ce sont près de 500 000 personnes qui devraient participer a cette expérience (d’autres villes seront équipées).

Petit rappel et questions concernant Google : En France, la firme de Mountain View concentre 91,4% des recherches sur le Net. Autant dire qu’il ne reste que des « miettes » aux autres acteurs du secteurs : Bing (2,7%), Yahoo! (1,7%), Orange (0,8%),… Ce quasi-monopole de la recherche se vérifie aussi chez nos voisins allemands, espagnols ou anglais. Aux Etats-Unis, c’est un peu différent car Google n’y a « que » 63% environ des parts de marché. Outre Atlantique, l’alliance entre Bing (Microsoft) et Yahoo! arrive  à « tenir tête » au géant Google qui perd même un peu de terrain ces derniers mois. Mais tout de même, 63% de PDM représentent près de 2 recherches sur 3 aux Etats-Unis. Dès lors, que doit-on penser de Google qui devient désormais fournisseur d’accès ? Imaginons qu’au-delà de l’expérience en cours, Google propose aux américains d’accéder à son nouveau réseau très haut débit pour un tarif défiant toute concurrence (on parie que c’est ce qui arrivera ?). Le risque alors, n’est-il pas qu’un jour, Google favorise les utilisateurs de son réseau physique ? La qualité de services comme Gmail (et la vidéo qui va avec) ou encore YouTube et la VoD qui est en train de s’y développer ne risque-t-elle pas d’être  meilleure sur le réseau déployé par Google ? Quand une plateforme comme YouTube est devenue aussi incontournable, peut-on accepter le risque qu’elle devienne exclusive à un réseau ?

Google est clairement en train de développer une politique de contenus. YouTube (propriété de Google) lorgne de plus en plus vers la VoD (films à la demande) et le géant de la recherche en ligne semble s’intéresser de près à la musique en ligne… Si Google met un doigt dans l’accès à internet, nous obtenons une société qui possède :

1. Le moteur de recherche le plus puissant et le plus utilisé de la planète

2. Une politique de contenus tous azimuts : vidéo (YouTube), VoD (YouTube), Musique en ligne,…

3. Un réseau physique capable de générer des centaines de milliers (millions ?) d’abonnements

Autant dire que la neutralité du Net risque d’en prendre pour son grade… Ne blâmons cependant pas Google car le phénomène est déjà en route dans notre pays avec des fournisseurs d’accès qui dévoilent de grosses ambitions en matière de contenus : Orange, Free, SFR développent tous leurs propres contenus (infos, VoD, Replay, musique,…) exclusifs.

Avec Office gratuit, Microsoft colle aux nouveaux usages

Vous en rêviez ? Microsoft l’a fait. Office, la suite Word, Excel et Powerpoint, est désormais gratuite sur le Web. Que vous possédiez un PC sous Windows, Linux ou bien un Mac sous OS X, ça marche. Il suffit d’un accès à internet et d’un navigateur compatible : Internet Explorer, Firefox, Safari ou Chrome (tous gratuits). L’ouverture d’un compte Windows Live (gratuit) vous permettra alors de créer, modifier, partager et stocker (25 Go quand même !) vos documents Office. Attention cependant, les capacités de cette version en ligne sont bridées. Office Web Apps n’autorise pas certaines fonctions et mises en page avancées : détourage d’image impossible, éléments graphiques limités,…

GOOGLE ET LES NOUVEAUX USAGES EN LIGNE DE MIRE

Annoncée officiellement il y a tout juste un an, Office Web Apps vient en réponse à plusieurs « projets » concurrents dont la montée en puissance est en train de mettre à mal la cash-machine de Microsoft :

Si les projets de systèmes d’exploitation libres et gratuits connaissent un succès mitigé auprès du grand public certains logiciels attirent, eux,de plus en plus d’adeptes. C’est le cas de Open Office, une suite bureautique entièrement gratuite et accessible aux plus grands systèmes d’exploitation (Windows, Mac OS et Linux).  Ces solutions téléchargeables gratuitement se paient le luxe d’être compatibles avec les logiciels payants : le possesseur d’un pack Office de Microsoft pourra ouvrir et modifier un fichier Open Office et vice versa. Certaines administrations françaises (Assemblée Nationale, Gendarmerie,…) ont déjà quitté Microsoft pour ce genre de solutions. Microsoft a, d’une certaine manière, réagi à ce genre d’attaque en adressant aux étudiants des tarifs très très avantageux.

Google, au départ spécialisé dans la recherche d’information sur le Net, s’est largement diversifié. Le géant de Moutain View a frappé très fort avec le lancement de Google Docs, une suite bureautique gratuite accessible uniquement en ligne. D’ailleurs, Google voit le futur en ligne et considère les logiciels locaux comme une solution rétrograde dans un monde de mieux en mieux connecté. Google s’est dernièrement fendu d’un Système d’exploitation léger, Chrome OS, clairement optimisé pour une vie numérique en ligne (travail, photos, vidéos, jeux,…). Google n’est pas seul sur le créneau du Cloud Computing (informatique en ligne) et si l’informatique professionnelle migre elle aussi vers le Cloud (SaaS,…), le marché grand public accueille aussi des acteurs ayant cette vision du futur : On connaît Zoho pour la bureautique et plus récemmentOnLive pour le jeux vidéo (Cloud Gaming).

MICROSOFT, OBLIGE DE SE METTRE EN DANGER

Google et Microsoft sont concurrents. Si Google s’est lancé dans la bureautique, le mail, l’agenda et le système d’exploitation, Microsoft a développé un moteur de recherche performant (Bing), collabore de très près avec Yahoo! (autre concurrent et… ennemi de Google) et offre désormais une solution gratuite de bureautique en ligne. Le label « Microsoft Office » étant à mon sens un formidable atout en faveur de la firme de Redmond. Mais Microsoft n’est-il pas en train de valider la stratégie de Google ? Le maître de la recherche, en lançant à coup de millions de dollars ses applications en ligne (Google docs, Gmail, Google calendar,…) a stratégiquement attiré Microsoft sur ses terres, celles qu’il maîtrise le mieux : internet. Microsoft, de son côté, va certainement monétiser sa nouvelle position : attirer de nouveaux adeptes à qui il proposera des fonctions avancées payantes à travers son pack Office traditionnel ou bien en proposant un Office en ligne payant pour les entreprises. N’empêche que Microsoft lâche l’une de ses vaches à lait : une suite de logiciels incontournable pour un usager peu informé (profil le plus répandu au monde) ou des entreprises friandes de compatibilité et de sécurité. Plus d’1 milliard de PC en sont équipés dans le monde… 25 millions en France. L’autre vache à lait étant Windows (XP, Vista, Seven) qui équipe la quasi-totalité des PC dans le monde…

LE PHENOMENE DU GOOD ENOUGH

Microsoft arrivera-t-il à faire migrer ses « abonnés Office en ligne » (gratuit) vers des solutions payantes ? La plupart des utilisateurs n’utilise que 10% des capacités d’Office. Ces gens-là ne se contenteraient-ils pas d’une suite bureautique aux capacités bridées ? L’informatique a peut-être atteint un seuil au delà duquel le commun des mortels ne se reconnaît pas. Je suis par ailleurs subjugué de voir à quel point la jeune génération se contente d’une qualité de produit dégradée… Le piètre MP3 n’a-t-il pas supplanté la qualité CD ? Et l’écoute en streaming (Deezer, Spotify,…), c’est encore pire… Le Divx, si populaire, n’est-il pas une bouillie de DVD (ou de Blu-Ray) ? La qualité sonore de Skype ne frôle-t-elle pas l’indigence par rapport à celle du téléphone ? Les performances et les finitions d’un Netbook ne représente-elles pas un énorme bon en arrière comparées aux portables « traditionnels » ? En fait, on est tous prêt à renoncer à une certaine qualité, un certain confort à partir du moment où… le produit ou service est gratuit ou très très bon marché. Le phénomène est d’autant plus fort que les nouveaux usages collent parfaitement à cet état d’esprit : A quoi bon avoir une machine sur-puissante quand il suffit d’un navigateur internet pour tout faire ? A quoi bon s’encombrer de fichiers musicaux quand on consomme la musique à un rythme effréné ? A quoi bon acheter un DVD ou un blu-ray quand on regarde ses films sur son PC portable; une machine bien incapable, du point de vue de l’image et du son, de restituer les qualités de la galette…

SUR INTERNET, RIEN N’EST GRATUIT

Gratuit, quasi-gratuit… Attention, rien n’est vraiment gratuit sur internet dans la vie. Quand un service est gratuit, il est financé par l’affichage de publicité et/ou associé à des options et services complémentaires payants. Par exemple, Gmail, le service mail de Google, permet de recevoir et envoyer des mails gratuitement de n’importe où sur la planète avec une connexion internet. En contre-partie, de la publicité s’affiche dans l’interface du logiciel en ligne. Une publicité ultra-ciblée puisque liée aux contenus de vos mails ! Ecrivez à l’un de vos contacts que vous êtes à la recherche d’une voiture d’occasion et Gmail affichera probablement quelque part dans l’interface la publicité d’un site de vente de véhicules d’occasion… D’une manière général, Google Docs, la suite logiciel de Google, concurrente d’Office, est associée à des services et options complémentaires payants.

Les Web Apps de Microsoft fonctionneront probablement de la même manière (publicité + services payants). Les qualités et défauts des 2 solutions en ligne vont probablement faire l’objet de comparatifs et autres bench mark. Attendons maintenant la réaction des usagers et… de Google. Ce dernier va-t-il enrichir les fonctionnalités de Google Docs ? Si Microsoft Office version locale est en légère perte de vitesse, Google est en pleine ascension grâce à son coeur de métier, la vente de liens publicitaires sur le Net. Le géant de Mountain View pourrait sans difficulté attribuer quelques centaines de millions de dollars à l’amélioration des ses logiciels en ligne et entraîner Microsoft vers… un nouvel échec.

Enfin, même si les Web Apps, estampillées Google ou Microsoft, font encore partie de la catégorie des technologies de rupture (solution radicalement nouvelle, moins performante que la techno dominante mais qui colle plus aux nouveaux usages), gageons que le futur, Google et Microsoft feront disparaître la bureautique locale.

Si le sujet vous intéresse, lire aussi :

Google annonce Chrome OS, son système d’exploitation maison… Boum !

Guerre des applications en ligne : Microsoft / Google : Le Berger répond à la bergère

De la saturation des réseaux à la Neutralité d’internet

Le développement exponentiel des activités sur le web a fait exploser la quantité d’information circulant sur les réseaux. Les grands acteurs du secteurs (FAI, Moteurs de recherches, Hébergeurs,…) s’interrogent sur une possible saturation du trafic et sur ses conséquences sur la Neutralité d’internet.

Jeux vidéos en ligne, réseaux sociaux, téléchargement, streaming, TV de rattrapage, etc, sont en pleine expansion et génèrent des quantités de données que notre accès internet supporte sans flancher (ou presque). A cela s’ajoute désormais l’internet mobile qui fournit à nos smartphones, Netbook et autres tablettes quantités d’informations via la 3G et ce qu’on appellera bientôt la 4G. Mais alors qu’on nous promet toujours plus de débit (Fibre optique, Wi-max, câble), les fournisseurs d’accès à internet (FAI) et d’autres veulent nous préparer à une espèce de tri qui donnerait la priorité à certains contenus par rapport à d’autres. Car comprenez-vous, le réseau est saturé, les FAI et opérateurs doivent amortir leurs investissements, y’a plein de pirates qui téléchargent des fichiers volumineux, les Majors ne vendent plus de galettes, Youtube détourne trop l’attention des internautes des contenus officiels, les pédophiles et autres cyber-criminels guettent… alors il est temps de dire au surfeurs un brin libertaires ce qui est bon et ce qui ne l’est pas…

PLUSIEURS PISTES SONT CLAIREMENT EVOQUEES

– Favoriser certains contenus considérés comme « prioritaires ». On imagine très bien par exemple, les FAI (ou une loi) défavoriser le P2P réputé pour être l’outil favori des fans de téléchargement illégal. Alors que ce même P2P sert à de nombreux activités (échange, distribution) légales comme la recherche scientifique (partage de fichiers mais aussi de la puissance de calcul des ordinateurs d’un réseau), la distribution de logiciels ou de leurs mises à jour (Linux, Microsoft…), la téléphonie sur IP, la distribution de films indépendants,…

Créer des forfaits qui, selon leurs tarifs, permettraient plus ou moins de choses : on pourrait imaginer un forfait limitant le débit (quantité de données par seconde) ou la quantité de données autorisées. Ce principe est déjà en place en France sur la quasi totalité des forfaits mobiles (lire Orange lance le forfait à facture illimitée). En toute « logique » commerciale, les forfaits les plus chers donneraient l’accès le plus confortable au Net. Aux Etats-Unis, les abonnées les plus gourmands de ComCast (FAI) sont limités en bande-passante.

Facturer l’internaute à la quantité de données échangées : Un internaute qui regarde beaucoup de vidéos en ligne sur les sites de partage (YouTube, Dailymotion, Vimeo,…) ou les TV de rattrapage (M6 Replay,…) paierait bien plus cher que celui qui se contente de consulter ses mails.

Interdire certains services ou contenus. Vous en doutez ? C’est déjà le cas sur l’internet mobile : tentez donc le téléphone sur IP (Skype,…) ou d’utiliser le P2P sur votre smartphone ! Dans d’autres pays, certains contenus et services sont tout bonnement interdits et/ou filtrés par les Etats : La Chine, le Pakistan, l’Iran et d’autres pays, répertoriés comme ennemis d’internet par Reporter sans frontières, censurent clairement certains contenus.

D’autres pistes sont envisagées mais toutes remettent singulièrement la Neutralité du Net en cause ! La neutralité des réseaux, c’est le principe fondateur d’internet qui exclut toute discrimination à l’égard de la source, de la destination ou du contenu de l’information transmise sur le réseau. Ainsi, ce principe garantit que les utilisateurs ne feront face à aucune gestion du trafic internet qui aurait pour effet de limiter leur accès aux applications et services distribués sur le réseau. La neutralité du Net assure que les flux d’information ne sont ni bloqués, ni dégradés par les opérateurs de télécommunications, permettant ainsi aux utilisateurs d’utiliser librement l’architecture communicationnelle. (Wikipedia)

DES FAI « JUGES ET PARTIES »

Les « solutions » évoquées ci-dessus remettent bien en cause le principe de neutralité du réseau qu’aucune loi aujourd’hui ne garantit vraiment. En revanche, les FAI seraient heureux de pouvoir facturer un peu plus les gros utilisateurs, histoire d’amortir plus vite les lourds investissements qu’ils consentent à faire pour le développement et l’amélioration du réseau physique (ADSL, câble, fibre optique, Wi-max, 3G,…). Rien ne garantit cependant que ces mêmes FAI ne favorisent pas du même coup leurs propres contenus, car les temps changent et alors que les fournisseurs d’accès (Free, Orange, SFR,…) se contentaient il y a quelques années, de nous fournir un accès au web, ils ont désormais attaqué le marché des services et contenus internet : VoD (visionnage ou achat de films par le réseau), TV, jeux en ligne… Qui nous dit qu’Orange ne favorisera pas ses chaînes de télévision, sa catch-up TV (TV de rattrapage) ou son portails d’infos  au détriment de YouTube ou de Facebook ? Qui nous dit que Free ne favorisera pas son service de VoD au détriment des concurrents ? Qui nous dit qu’un FAI n’absorbera pas tout un pan du secteur culturel (musique, cinéma, édition,…) comme cela s’est fait aux Etats-Unis lorsqu’AOL a racheté Time-Warner. Qui nous dit que ce même FAI ne favorisera pas alors son tout nouveau pôle multimédia ? Personne.

Autre exemple : Google, qui n’était qu’un moteur de recherche, est en train d’évoluer vers d’autres activités. Activités de contenus avec YouTube, Knol et autres. Une activité logicielle avec Androïd et Chrome OS. Une activité mobile avec le Nexus One. Une activité de cloud computing avec Google Docs. Une activité de Fournisseur d’Accès à Internet (FAI) avec une expérience programmées aux Etats-Unis dans le secteur du très haut débit par fibre optique. Personne n’a de garantie quant à la neutralité d’un Google qui pourrait un jour favoriser ses contenus (en terme de classement) ou son réseau ( en terme de rapidité ou de contenus) dans ses résultats.

FAI VS EDITEURS

Face aux FAI auxquels sont pour le coup associés les fournisseurs de contenus (Maisons de disque, Majors du cinéma,…), on retrouve les grands éditeurs d’internet : Google, Yahoo!, YouTube, Amazon, eBay, PriceMinister, Dailymotion,… L’enjeu pour eux, c’est d’atteindre tous les internautes, présents et futurs, sans discrimination. Une discrimination qui remettrait directement en cause leur audience et leur réputation, 2 facteurs essentiels pour leurs recettes publicitaires et leurs revenus en général.

Pour ces grands acteurs du web cependant, «Le principal enjeu est de maintenir et de prolonger le modèle ouvert de l’Internet qui a permis de nombreuses success stories à commencer par Google il y a plus de dix ans», observe Olivier Esper, directeur des relations institutionnelles de Google France (Figaro.fr). Seule cette neutralité pourra susciter l’émergence de nouveaux acteurs, services et contenus innovants. Une innovation qui attirera toujours plus d’abonnés vers les FAI…

Les enjeux soulevés par ces grands acteurs sont économiques mais pour nous, utilisateurs, quels sont les risques ?

– Techniquement, le filtrage d’internet à un endroit sur la planète, peut « accidentèlement » affecter le reste du monde : un bel exemple de ce type a fait vaciller certaines convictions quant à l’indépendance des Etats vis à vis d’internet. En 2008, quand le Pakistan à censuré YouTube à cause des caricatures de Mahomet, c’est le monde entier qui a été, durant 2 heures, privé de la plateforme de partage vidéo !

– Qu’on soit citoyen d’un pays libre (liberté d’expression, d’opinion, d’information,…) ou oppressé  (par la censure ou la dictature), la neutralité du Net est vitale. Dans un pays comme la France, elle permet une égalité d’accès au savoir et aux moyens d’expression; dans un pays moins favorisé, elle permet aux citoyens de réagir à une situation insupportable (c’est d’ailleurs aussi vrai chez nous…).

– En tant qu’internautes, nous sommes aussi de plus en plus « fournisseurs de contenus ». Que ce soit pour ses loisirs, pour sa réputation ou pour son activité professionnelle, chacun est susceptible aujourd’hui de proposer des contenus ou services sur internet : boutique en ligne, biens d’occasion, blog, site, podcast, applications mobile, musique, screencast… Il paraît assez évident que nous avons tous à gagner à ce que tous les internautes aient accès aux petits comme aux gros fournisseurs sans discrimination !

La Neutralité du Net est donc un principe fondamental qui nous préserve d’une centralisation d’internet et qu’il est très risqué de mettre en péril. Pourtant, au nom d’une possible saturation des réseaux. Au nom de la lutte contre le téléchargement illégal. Au nom de la lutte contre la contrefaçon. Au nom de la lutte contre la pédopornographie. Ce sont toutes les autres libertés (citées dans le billet) qui risquent d’être mises à mal. Hadopi, LOPPSI, ACTA,… autant de lois qui un jour feront peut-être d’internet un réseau à sens unique : du gros fournisseur officiel vers l’internaute consommateur crédule… Un schéma parfaitement huilé dans le monde physique mais sensiblement remis en cause par les fondateurs du web.

Je me demande parfois à quoi ressemblerait un internet inventé en 2010. Des débits bridés… Des flux de données à sens unique : des géants des contenus vers les internautes… Des barrières techniques et financières aux nouveaux entrants… Un mail payant au message… Une recherche d’informations payante… Un réseau fermé… Un seul opérateur possible. Qui a dit MINITEL ? Dehors !

Pour plus d’infos, voici quelques articles enrichissants :

Internet face au risque de l’engorgement. Figaro.fr – 3 min de lecture

Aux Etats-Unis, la neutralité du Net est un enjeu politique Figaro.fr – 3 min de lecture

Et puis voici l’interview de Pierre Col (Infra Net) qui explique sa vision de la Neutralité du Net

Tiger Woods : ses déboires conjugaux sont une aubaine pour les moteurs de recherche

Les déboires conjugaux de Tiger Woods, sportif le mieux payé au monde, sont une aubaines pour les moteurs de recherche. Carol Bartz, Directrice Générale de Yahoo!, a en effet déclaré que la controverse autour des maîtresses du golfeur américain a provoqué une augmentation de trafic qui a largement favorisé la vente d’espaces publicitaires sur le Net. Si la mort de Michael jackson avait généré une augmentation encore plus forte des requêtes sur la Toile, la DG de Yahoo! a reconnu qu’il était toujours délicat et difficile de monétiser les espaces qui accompagnent des obsèques.  C’est d’ailleurs une bonne occasion de retenir que si le métier des moteurs de recherches comme Yahoo!, Google ou Bing consiste à répondre au mieux à nos interrogations, leur mécanique financière repose sur la vente d’espaces et liens publicitaires qui pullulent plus ou moins discrètement sur les portails et pages de résultats.

Plus d’infos à la Source (2 min de lecture)

Mots-clés les plus recherchés, nombre de vidéos visionnées, spam les plus répandus : Décembre c’est la saison des palmarès du Net

C’est la fin de l’année… autrement dit, l’époque des bilans en tout genre sur la Toile. Celui des moteurs de recherche (Google, yahoo!, Bing,…) est l’un des plus attendus; tout le monde est curieux de savoir ce qui a le plus intéressé la planète cette année. Les résultats qui suivent donnent ainsi une espèce de « température émotionnelle » à l’échelle d’un pays ou de la planète, rien que ça !

Google vient de publier son Google Zeitgeist révélant notamment les requêtes les plus populaires. Ainsi en France, 2009 aura consacré les mots « Facebook », « YouTube » et « Jeux ». Ils sont dans l’hexagone les 3 mots-clés les plus tapés dans le moteur de recherche de Mountain View, lui-même leader de son secteur (la recherche sur internet) avec plus de 65% de parts de marché dans le monde. Toujours en France, les mots-clés connaissant la plus forte progression par rapport à 2008 sont « Allostreaming », site gratuit et illégal de vidéo en streaming, « Facebook », réseau social aux 350 millions de membres et « Bon Coin », site de vente d’occasion.

Aux Etats-Unis, le mot-clé qui connaît la plus forte progression est Twitter, devant Michael Jackson et Facebook. Au niveau mondial, les 3 plus grands moteurs de recherche (Google, Yahoo! et Bing) annoncent « Michael jackson » comme la requête la plus lancée en 2009. Côté actualité, si les américains se sont beaucoup intéressés à la grippe A et à Susan Boyle,  les français ont plutôt tapé des mots comme « Le Monde », « Le Figaro » ou « TF1 ».

DU CÔTE DE LA VIDEO, l’engouement des français pour les sites comme YouTube ou dailymotion se confirme : En septembre, 34,6 millions d’utilisateurs (+36% par rapport à 2008) avaient visionné 5,4 milliards de vidéos (+141% par rapport à 2008) depuis janvier. Il y a un an, alors que chacun visionnait en moyenne 88 vidéos chaque mois, ce chiffre est passé à 156 en 2009. C’est YouTube qui se taille la part du lion avec 33,5% des vidéos vues. Dailymotion, pourtant second, ne s’arroge que 7,5% des vidéos visionnées. TF1 arrive 3ème (3%).

DU CÔTE DU SPAM (pourriel), Michael Jackson, plus grosse requête mondiale tous moteurs de recherche confondus, est aussi la célébrité qui a généré le plus d’envoi de courrier indésirable. « Les cybercriminels savaient bien que la mort du chanteur intéresserait le plus grand nombre de personnes, que cette actualité serait un moyen idéal de capter l’attention des internautes, et ainsi d’augmenter l’ouverture de courriels frauduleux ou de pousser à cliquer sur des liens nuisibles », explique Symantec (éditeur de solutions de sécurité). Ces 12 derniers mois, l’éditeur d’anti-spam a observé 40 trillions de spam (40 milliards de milliards !) soit 5 000 pourriels par personnes dans le monde… Pour 2010, Symantec prévoit un gros développement des fraudes sur les réseaux sociaux, des faux anti-virus et des virus pour smartphone notamment.

Pour plus d’infos sur les mots-clés les plus recherchés :

Google Zeitgeist, Bing, Yahoo!,l’article de 01net (2 min de lecture).

Source sur les spam (2 min de lecture)

Source sur les vidéos (1 min de lecture)

Le portrait simiesque de Michelle Obama embarrasse Google

Ce n’est pas la 1ère fois que Google Image (moteur de recherche spécialisé dans les images) présente des résultats surprenants voire gênants. Si les américains connaissent le phénomène notamment à travers le terme « jew » (juif) qui mène prioritairement vers des images caricaturales ou antisémites , en France il suffit de taper « Ikea » pour avoir en 1ère page, plusieurs détournements pornographiques du logo…

Une nouvelle image relance la polémique autour de l’indexation de Google : en effet, si l’on tape les termes « Michelle Obama » dans Google Image, les 1ers resultats (1ère photo sur le site américain, seconde photo sur le site français) présentent un portrait simiesque de la 1ère dame… Prétextant des risques de virus, Google avait réagit la semaine dernière en retirant carrément le cliché de ses résultats. Mais il a fallu peu de temps pour que la photo réapparaisse… une nouvelle fois dans les 1ers résultats. Google dit ne pas vouloir retirer le portrait mais se justifie : « Parfois, nos résultats de recherche peuvent être choquants. » Mais seule une violation des règles techniques ou légales peut pousser le moteur de recherche à renoncer à la neutralité et l’exhaustivité de ses résultats qui sont assurées par un algorithme utilisant des milliers de facteurs. Google confirme donc qu’il n’est pas édieur des contenus qu’il indexe; en dehors des raisons pré-citées, le géant de Mountain View n’a donc aucune raison de modérer les pages de ses résultats.

D’autres infos à la Source (2 minutes de lecture)

Google ne peut plus cacher qu’il est vulnérable

Hier soir, le service de webmail de Google, connu  dans le monde entier sous le nom de Gmail a connu une énième panne. Presque 2 heures d’indisponibilité pour les quelques 80 millions de personnes qui utilisent quotidiennement ce service. Et je ne parle pas des entreprises qui elles paient cette solution !

Google s’est publiquement excusé mais il est temps que 2009 se termine pour eux car l’année a été parsemée de problèmes et pannes en tout genre. Une vraie série noire qui révèle une certaine vulnérabilité du géant de Mountain View et qui commence à soulever un certain nombre de questions quant à l’avenir des SaaS (Software as a Service). Comme je l’expliquais il y a quelques temps, Google mise beaucoup sur le « tout en ligne » : un jour viendra où nous n’aurons plus du tout besoin de PC puissant car tous nos logiciels (traitement de texte, présentation, tableur, mail, calendrier, contacts, gestion de photo, de musique, jeux, …) et toutes nos données (documents, photos, musique,…) seront en ligne. Les logiciels ne seront plus vendus en tant que biens numériques mais en tant que Services (gratuit dans leur version de base et payant dans des versions plus élaborées ou sécurisées) hébergés sur les serveurs du fournisseur (Google, Microsoft, Zoho, Apple, IBM,…).

Ca c’est la vision de Google et des tous les autres géants de l’informatique. Le soucis c’est que lorsque le fournisseur a un problème, tous les utilisateurs sont pénalisés. Google l’a prouvé plusieurs fois ces derniers mois. En début d’année déjà, Gmail avait été victime d’une panne d’1 heure, quelques jours avant, c’est le moteur de recherche Google qui faisait des siennes en faisant penser que tous les sites affichés dans les résultats d’une recherche étaient infectés de virus; en mars, des milliers d’utilisateurs de GoogleApps ont vu leurs documents divulgués !

Voilà donc le talon d’Achille des applications en ligne : leur fiabilité. Tant technique (voir plus haut) que morale; car utiliser un service en ligne revient à confier sa vie numérique constituées de documents plus ou moins sensibles, à une tierce personne qui doit en assurer la sécurité. Confier ses photos, ses dossiers professionnels ou personnels à une société est un acte assez radical dans le sens où l’on perd totalement le contrôle de ses données. Les avantages sont cependant très intéressants : les données sont accessibles de n’importe où sur la planète, depuis un PC, un smartphone ou un Netbook. Seule suffit une connexion internet (ADSL, 3G, Wifi,…). Le partage de ces données est largement facilité : on peut autoriser n’importe qui dans le monde à lire voire éditer certaines données. Plus besoin d’installer le moindre logiciel sur son PC ou son smartphone. Plus besoin de mettre ses logiciels à jour. Tout cela est assuré par le fournisseur de la solution. L’utilisateur se contente de lancer son navigateur (Internet Explorer, Firefox, Safari, Opéra,…)

Tous les avantages des solutions en ligne sont désormais accessibles aux particuliers et aux entreprises. Les applications en ligne vont très certainement exploser dans les années qui viennent surtout si on imagine des connexions internet bien plus puissantes qu’aujourd’hui (4G, fibre optique, Wimax). Reste que les pannes de Google jettent un sérieux doute sur la fiabilité de telles solutions. Personne n’est à l’abri de panne; étant abonné chez Free, il m’est déjà arrivé de ne plus avoir accès à mes mails pendant plusieurs minutes et je n’étais certainement pas le seul. Ces problèmes arrivent aussi en entreprise; j’ai déjà assisté à plusieurs bugs venant du fournisseur d’accès auquel ma boîte était abonnée. La panique envahit souvent tout le Groupe… Alors c’est sûr quand un fournisseur comme Google immobilise plusieurs dizaines de millions d’utilisateurs, l’effet est vertigineux.

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