Le mobile. Nouvelle cible des spammeurs.

“Vous avez reçu des messages sur le chat. Pour les consulter, envoyez LIRE par SMS au 81046. Réception directe”. “ Salut c’est moi, j’attends tjs ton appel, à croire que je t’ai laissé mon numéro pr rien, rappelle moi au 0899787815”. Ces messages sont de plus en plus fréquents sur nos mobiles; la curiosité nous pousse à suivre leurs instructions et nous voilà frauduleusement ponctionnés de quelques euros car les numéros sont tous payants et ne mènent… nulle part.

Le spam a largement envahi les boîtes mail de nos PC mais les mobiles ne sont plus épargnés : Certes, les sms non-désirés ne se comptent encore qu’en centaines de milliers à côté des 20 milliards de textos envoyés chaque année en France. mais leur développement est exponentiel. Comme sur PC, il faut distinguer les messages publicitaires légaux des pièges élaborés par des spammeurs peu scrupuleux car les moyens de lutter contre eux diffèrent selon qu’on ait affaire à l’un ou à l’autre.

LE SPAM ILLEGAL. L’envoi massif de mini-messages non sollicités est apparu avec le développement des serveurs SMS capables d’inonder les portables par milliers à partir de listes officielles piratées (annuaires, bases de données de cyber-marchands,…) ou de numéros créés aléatoirement. Ces arnaques ont plusieurs visages : On vous demande de rappeler un correspondant mystérieux ou encore d’envoyer un mot par SMS autorisant la récupération d’une photo, d’un lot ou d’un chèque. Dans tous les cas, les numéros composés par la victime sont surtaxés 0,15€ à 1,20€ la minute pour les plus courants (0 890 XXX, 0 891 XXX,…) et bien plus pour un appel vers le 0 899 XXX et certains numéros à 5 chiffres (84546, 10133,…). Dans un autre genre, le spam vocal consiste à faire sonner 1 fois le portable de la “proie” qui , n’ayant pas  le temps de répondre, rappelle par réflexe le numéro inscrit dans son journal d’appel : à chaque seconde de “communication” – avec une boîte vocale le plus souvent -, le spammeur empoche ses gains ! C’est d’ailleurs une des grosses différences avec le spam de nos boîtes mail : sur le mobile, répondre c’est payer… Le potentiel financier de cette mécanique ne peut qu’attirer des fraudeurs plus nombreux.

Depuis fin 2008, chacun peut réexpédier un sms non-désiré vers le 33700 afin de l’acheminer vers l’opérateur mobile concerné qui doit à son tour intervenir auprès de l’éditeur-spammeur : Celui-ci risque la fermeture du numéro utilisé. Attention : dénoncer un SMS frauduleux au 33700 coûte… le prix d’un SMS et même 2. La plate-forme ayant reçu l’alerte renvoie automatiquement un message vous demandant le numéro de l’expéditeur du spam… Pas simple et coûteux ! Surtout pour ceux qui ne disposent pas d’un forfait incluant les SMS… D’autre part, si vous avez mordu à l’hameçon du spammeur, dénoncer son acte au 33700 ne vous remboursera pas… Enfin, cette arme anti-spam est peut-être mal adaptée à la volatilité des “sociétés” coupables de spamming. Celles-ci, souvent installées à l’étranger,  ont largement le temps de piéger plusieurs milliers de victimes puis de disparaître, avant même d’être dénoncées et poursuivies par les autorités compétentes.

Depuis quelques jours, le 33700 est capable de recevoir un signalement concernant un spam vocal (évoqué plus haut). Le sms d’alerte que vous envoyez au 33700 doit alors contenir l’indication “spam vocal” suivie du numéro en cause.

Comment lutter ? Ne jamais rappeler les numéros spéciaux affichés dans le SMS. Appeler c’est payer… mais c’est aussi confirmer la validité de votre numéro et votre crédulité : Du pain béni pour les spammeurs qui n’hésiteront pas à vous solliciter à nouveau !

Ne pas communiquer son numéro de mobile sur les réseaux sociaux (facebook, MySpace, CopainsDavant,…) et forums; privilégier le mail.

Si vous êtes souvent spammé, faites-en part à votre opérateur. Vous pouvez également prévenir l’AFUTT, la DGCCRF, la CNIL ou encore l’Office Centrale de Lutte contre la Criminalité liée aux TIC (OCLCTIC).

Sensibiliser les plus jeunes au phénomène. Les adolescents sont les 1ères victimes du spam frauduleux : Ajoutés à la banalisation des sollicitations légales (jeux TV, votes par SMS, sonneries,…) les SMS de loterie et autre arnaque sont à l’origine de factures pouvant dépasser allègrement les 1 000 € ! Aux parents de sensibiliser et responsabiliser leur descendance.

LE SPAM PUBLICITAIRE. Orange, SFR, Bouygues,… sont les 1ers à communiquer par SMS : “(…) pass vacances 6€ (valable 7 jours) = 10 sms + 10min d’appel en zone Europe (…) Souscrivez au 444 (gratuit même à l’étranger)”. Toute société commerciale est susceptible de prospecter par SMS dans la mesure où vous lui avez laissé vos coordonnées et que vous avez accepté d’être sollicité. Etre contacté pendant une période de promotion est ainsi devenu monnaie courante.

Que faire pour être moins dérangé ? Le numéro de mobile ne doit pas être divulgué sans vigilance. Lors de l’achat d’un bien ou d’un service sur le Net, mieux vaut décocher la très discrète case qui autorise le cyber-marchand à céder vos coordonnées à un partenaire commercial. C’est un coup à se retrouver au sein d’une base de données qui sera exploitée, vendue ou louée par des spécialistes du marketing à des fins purement publicitaires. Pour se débarrasser de sollicitations licites (j’insiste sur ce caractère) trop nombreuses, il est possible de répondre “STOP” (coût d’un sms) au message publicitaire. L’expéditeur est légalement contraint d’arrêter tout envoi de message.

Si cela ne fonctionne pas, la procédure de dénonciation au 33700 reste la meilleure alternative. Autre solution, plus chronophage et pas forcément plus efficace, vous pouvez adresser un courrier au Procureur de la République du lieu où est installé le Siège Social de l’expéditeur… en espérant que ce dernier soit en France. Pour obtenir ce type d’infos, il faut répondre “Contact” (coût d’un SMS) à l’émetteur du spam. Celui-ci doit alors transmettre ses coordonnées.

Les opérateurs de téléphonie mobile s’engagent vivement contre toutes les formes de messages abusifs qui polluent leur bande-passante et exaspèrent leurs clients. Mais le paradoxe reste tout de même que pour chaque SMS transmis, que ce soit par un spammeur ou l’une de ses victimes, les Orange, Bouygues et SFR engrangent de substantiels bénéfices…

1ers bilans et nouvelles initiatives. Depuis le lancement du 33700, le nombre de signalements est en baisse selon Hervé Novelli, Secrétaire d’Etat chargé du Commerce. Le dispositif serait donc efficace : au 31 mai 2010, 790 numéros frauduleux ont été fermés. Mais le Gouvernement veut aller plus loin et s’attaque désormais aux démarches téléphoniques non-désirées. Cuisinistes, vendeurs de fenêtres, Assureurs, Mutuelles,… vous ont déjà appelé pour vous vendre leurs produits ? “Une liste regroupant les coordonnées des personnes qui ne souhaitent plus être démarchées téléphoniquement par ces entreprises (1) sera mise en place dès le premier trimestre 2011” a déclaré le Secrétariat d’Etat au Commerce.

(1) entreprises adhérant à l’Association française de la relation client, la Fédération de l’e-commerce et de la vente à distance, la Fédération française des télécoms ou la Fédération de la vente directe.

Pour plus d’infos :

– Dossiers “Savoir vivre avec son mobile” sur le site de l’Association Française des Opérateurs Mobiles (AFOM)

Dossier de l’AFUTT (Association Française des Utilisateurs de Télécommunications) : les SMS non sollicités

Hoaxbuster.com : le mythe de la prise de contrôle de son portable à distance

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Avec Office gratuit, Microsoft colle aux nouveaux usages

Vous en rêviez ? Microsoft l’a fait. Office, la suite Word, Excel et Powerpoint, est désormais gratuite sur le Web. Que vous possédiez un PC sous Windows, Linux ou bien un Mac sous OS X, ça marche. Il suffit d’un accès à internet et d’un navigateur compatible : Internet Explorer, Firefox, Safari ou Chrome (tous gratuits). L’ouverture d’un compte Windows Live (gratuit) vous permettra alors de créer, modifier, partager et stocker (25 Go quand même !) vos documents Office. Attention cependant, les capacités de cette version en ligne sont bridées. Office Web Apps n’autorise pas certaines fonctions et mises en page avancées : détourage d’image impossible, éléments graphiques limités,…

GOOGLE ET LES NOUVEAUX USAGES EN LIGNE DE MIRE

Annoncée officiellement il y a tout juste un an, Office Web Apps vient en réponse à plusieurs « projets » concurrents dont la montée en puissance est en train de mettre à mal la cash-machine de Microsoft :

Si les projets de systèmes d’exploitation libres et gratuits connaissent un succès mitigé auprès du grand public certains logiciels attirent, eux,de plus en plus d’adeptes. C’est le cas de Open Office, une suite bureautique entièrement gratuite et accessible aux plus grands systèmes d’exploitation (Windows, Mac OS et Linux).  Ces solutions téléchargeables gratuitement se paient le luxe d’être compatibles avec les logiciels payants : le possesseur d’un pack Office de Microsoft pourra ouvrir et modifier un fichier Open Office et vice versa. Certaines administrations françaises (Assemblée Nationale, Gendarmerie,…) ont déjà quitté Microsoft pour ce genre de solutions. Microsoft a, d’une certaine manière, réagi à ce genre d’attaque en adressant aux étudiants des tarifs très très avantageux.

Google, au départ spécialisé dans la recherche d’information sur le Net, s’est largement diversifié. Le géant de Moutain View a frappé très fort avec le lancement de Google Docs, une suite bureautique gratuite accessible uniquement en ligne. D’ailleurs, Google voit le futur en ligne et considère les logiciels locaux comme une solution rétrograde dans un monde de mieux en mieux connecté. Google s’est dernièrement fendu d’un Système d’exploitation léger, Chrome OS, clairement optimisé pour une vie numérique en ligne (travail, photos, vidéos, jeux,…). Google n’est pas seul sur le créneau du Cloud Computing (informatique en ligne) et si l’informatique professionnelle migre elle aussi vers le Cloud (SaaS,…), le marché grand public accueille aussi des acteurs ayant cette vision du futur : On connaît Zoho pour la bureautique et plus récemmentOnLive pour le jeux vidéo (Cloud Gaming).

MICROSOFT, OBLIGE DE SE METTRE EN DANGER

Google et Microsoft sont concurrents. Si Google s’est lancé dans la bureautique, le mail, l’agenda et le système d’exploitation, Microsoft a développé un moteur de recherche performant (Bing), collabore de très près avec Yahoo! (autre concurrent et… ennemi de Google) et offre désormais une solution gratuite de bureautique en ligne. Le label « Microsoft Office » étant à mon sens un formidable atout en faveur de la firme de Redmond. Mais Microsoft n’est-il pas en train de valider la stratégie de Google ? Le maître de la recherche, en lançant à coup de millions de dollars ses applications en ligne (Google docs, Gmail, Google calendar,…) a stratégiquement attiré Microsoft sur ses terres, celles qu’il maîtrise le mieux : internet. Microsoft, de son côté, va certainement monétiser sa nouvelle position : attirer de nouveaux adeptes à qui il proposera des fonctions avancées payantes à travers son pack Office traditionnel ou bien en proposant un Office en ligne payant pour les entreprises. N’empêche que Microsoft lâche l’une de ses vaches à lait : une suite de logiciels incontournable pour un usager peu informé (profil le plus répandu au monde) ou des entreprises friandes de compatibilité et de sécurité. Plus d’1 milliard de PC en sont équipés dans le monde… 25 millions en France. L’autre vache à lait étant Windows (XP, Vista, Seven) qui équipe la quasi-totalité des PC dans le monde…

LE PHENOMENE DU GOOD ENOUGH

Microsoft arrivera-t-il à faire migrer ses « abonnés Office en ligne » (gratuit) vers des solutions payantes ? La plupart des utilisateurs n’utilise que 10% des capacités d’Office. Ces gens-là ne se contenteraient-ils pas d’une suite bureautique aux capacités bridées ? L’informatique a peut-être atteint un seuil au delà duquel le commun des mortels ne se reconnaît pas. Je suis par ailleurs subjugué de voir à quel point la jeune génération se contente d’une qualité de produit dégradée… Le piètre MP3 n’a-t-il pas supplanté la qualité CD ? Et l’écoute en streaming (Deezer, Spotify,…), c’est encore pire… Le Divx, si populaire, n’est-il pas une bouillie de DVD (ou de Blu-Ray) ? La qualité sonore de Skype ne frôle-t-elle pas l’indigence par rapport à celle du téléphone ? Les performances et les finitions d’un Netbook ne représente-elles pas un énorme bon en arrière comparées aux portables « traditionnels » ? En fait, on est tous prêt à renoncer à une certaine qualité, un certain confort à partir du moment où… le produit ou service est gratuit ou très très bon marché. Le phénomène est d’autant plus fort que les nouveaux usages collent parfaitement à cet état d’esprit : A quoi bon avoir une machine sur-puissante quand il suffit d’un navigateur internet pour tout faire ? A quoi bon s’encombrer de fichiers musicaux quand on consomme la musique à un rythme effréné ? A quoi bon acheter un DVD ou un blu-ray quand on regarde ses films sur son PC portable; une machine bien incapable, du point de vue de l’image et du son, de restituer les qualités de la galette…

SUR INTERNET, RIEN N’EST GRATUIT

Gratuit, quasi-gratuit… Attention, rien n’est vraiment gratuit sur internet dans la vie. Quand un service est gratuit, il est financé par l’affichage de publicité et/ou associé à des options et services complémentaires payants. Par exemple, Gmail, le service mail de Google, permet de recevoir et envoyer des mails gratuitement de n’importe où sur la planète avec une connexion internet. En contre-partie, de la publicité s’affiche dans l’interface du logiciel en ligne. Une publicité ultra-ciblée puisque liée aux contenus de vos mails ! Ecrivez à l’un de vos contacts que vous êtes à la recherche d’une voiture d’occasion et Gmail affichera probablement quelque part dans l’interface la publicité d’un site de vente de véhicules d’occasion… D’une manière général, Google Docs, la suite logiciel de Google, concurrente d’Office, est associée à des services et options complémentaires payants.

Les Web Apps de Microsoft fonctionneront probablement de la même manière (publicité + services payants). Les qualités et défauts des 2 solutions en ligne vont probablement faire l’objet de comparatifs et autres bench mark. Attendons maintenant la réaction des usagers et… de Google. Ce dernier va-t-il enrichir les fonctionnalités de Google Docs ? Si Microsoft Office version locale est en légère perte de vitesse, Google est en pleine ascension grâce à son coeur de métier, la vente de liens publicitaires sur le Net. Le géant de Mountain View pourrait sans difficulté attribuer quelques centaines de millions de dollars à l’amélioration des ses logiciels en ligne et entraîner Microsoft vers… un nouvel échec.

Enfin, même si les Web Apps, estampillées Google ou Microsoft, font encore partie de la catégorie des technologies de rupture (solution radicalement nouvelle, moins performante que la techno dominante mais qui colle plus aux nouveaux usages), gageons que le futur, Google et Microsoft feront disparaître la bureautique locale.

Si le sujet vous intéresse, lire aussi :

Google annonce Chrome OS, son système d’exploitation maison… Boum !

Guerre des applications en ligne : Microsoft / Google : Le Berger répond à la bergère

Une étude mesure la relation-client

Bearing Point et TNS Sofrès ont mené une enquête auprès de 4 000 clients et usagers, de 175 entreprises, dans 11 secteurs d’activité et suivant 15 critères… sur la Relation-client. Dans le secteur de la téléphonie mobile, c’est Bouygues Telecom qui rafle la 1ère place pour la 4ème année consécutive. Côté téléphonie fixe – FAI (Fournisseur d’Accès à Internet), c’est SFR qui occupe la plus haute marche du podium… à la place d’Orange, primée en 2009.

L’étude précise cependant que dans le secteur des Télécoms, les écarts se resserrent,  » (…) signe révélateur d’une bataille où les efforts les plus intenses sont déployés et les clients particulièrement sollicités ». Enfin, que ce soit dans la « téléphonie mobile »  ou bien dans la catégorie « téléphonie fixe + FAI », les taux de satisfaction sont en baisse par rapport à 2009.

Enfin, une catégorie « Digital »  récompense Amazon. L’étude retient que les « Pure Players », ces commerçants présents seulement sur le Net, font encore face à certains démons qui freinent un basculement plus général de la population vers « une relation-client digitale ».

– Absence de point de contact physique

– Incertitudes vis à vis de la confidentialité et de la sécurité des données personnelles

– Crainte que les données soient utilisées à des fins commerciales

– Incertitude quant à l’archivage et à la valeur de preuve de documents virtuels

Plus d’infos à la Source (1 min de lecture)

plus d’infos sur l’actualité de la Relation-client sur le site éponyme

Le site Cuture Buzz a mis en ligne une présentation du PDG de Zappos. Ce site de vente de chaussures (et d’autres accessoires) en ligne (Etats-Unis) est reconnu comme un exemple à suivre en terme de relation-client. Un concept qui, chez Zppos, est au coeur de toutes les stratégies.

Facebook : Une maman retrouve ses enfants kidnappés

Plusieurs fois ici, j’ai parlé des traces que chacun laisse sur le Net et en particulier sur les réseaux sociaux. Des traces qu’il est préférables de contrôler histoire de ne pas faire face un jour à des contenus dévalorisants qu’un recruteur aura retrouvés en quelques clics.

Ce sont ces fameuses traces qui ont permis à une maman américaine de retrouver ses enfants pourtant kidnappés par leur père 15 ans auparavant. Les bambins avaient 2 et 3 ans lors de leur enlèvement mais aujourd’hui ils sont ados et… présents sur Facebook !

Le père a été arrêté et inculpé pour kidnapping et violation des droits de garde des enfants.

Plus de détails à la Source (1 min de lecture)

Hadopi : les alternatives au P2P vont exploser

Avertissement : Le billet qui suit évoque des solutions qui permettent de contourner la loi. Ces citations permettent de mieux comprendre à quel point la logique legislative est en décalage avec la réalité d’internet. Elles n’ont pas vocation à encourager le téléchargement illégal.

La loi Hadopi, votée en septembre 2009, prévoit de repérer, prévenir et sanctionner les internautes qui téléchargent illégalement musiques et films sur le Net à travers les systèmes d’échanges Peer to peer (P2P).

Après plusieurs mois de mises au point, les premiers robots d’Hadopi ont semble-t-il été repérés sur les réseaux d’échanges. C’est le blog officiel d’eMule (solution très usitée des adeptes du P2P légal et illégal) qui l’affirme : la Société TMG, mandatée par l’Hadopi, recueille actuellement les adresses IP des internautes pirates en traçant les albums d’un certain nombre d’artistes : les Black Eyed Peas, Michael Jackson, Diam’s et d’autres. Que ce soit pour tester ses méthodes ou pas, le bras armé d’hadopi est en marche et la riposte graduée est proche…

Le problème, c’est que les internautes ont largement eu le temps d’anticiper la lente mise en place de la loi. Et les alternatives aux Peer to Peer, assez exotiques dans le passé, sont en train d’envahir la Toile… Les armes anti-hadopi sont d’autre part elles aussi sur le point d’anéantir les espoirs de la loi.

La loi Hadopi a augmenté le piratage

Une étude menée par le groupement d’intérêt scientifique breton M@rsoin a révélé début mars que si 15% de ceux qui fréquentaient les réseaux Peer to Peer à des fins illégales ont cessé de le faire après le vote de la loi, seul 1 tiers d’entre eux a réellement stoppé toute forme de piratage. Les autres se sont dirigés vers des solutions alternatives (streaming, téléchargement direct,…) qui sortent du champ d’application de la loi hadopi mais n’en sont pas pour autant légales… Ainsi, selon l’étude de M@rsoin, les formes de piratage s’affranchissant des réseaux P2P connaissent désormais un tel succès que globalement, depuis le vote d’Hadopi, le nombre de pirates aurait gonflé de 3% ! L’enquête des universitaires bretons révèle par ailleurs que 50% des acheteurs légaux téléchargent également des contenus illégaux. Ainsi, selon leurs calculs, couper l’accès internet aux adeptes du seul  P2P illégal, comme le prévoit la riposte graduée, ferait disparaître de la Toile 27% des consommateurs de biens culturels (films, musique) légaux ! Une donnée qui vient violemment contrecarrer les « beaux espoirs » des Majors (lire Pascal Nègre : « Hadopi fera décoller le téléchargement légal » – 01net.com). Enfin, les scientifiques confirment que les pirates sont aussi de plus gros consommateurs légaux que les autres. Une réalité déjà connue des experts du web… (lire un autre article à ce propos)

La Fédération Nationale de l’Industrie Phonographique (IFPI) a vivement critiqué l’étude, la qualifiant de « prématuré »; aucun courrier n’ayant encore été envoyé aux pirates. Mais les chercheurs bretons n’ont jamais nié que leur enquête était un « simple » coup de projecteur sur l’impact d’une loi votée mais pas encore appliquée.

LES SOLUTIONS ALTERNATIVES AU P2P

Si le vote de la loi hadopi peut accélérer la migration des pirates vers d’autres solutions moins risquées, le P2P est en déclin depuis de nombreux mois. Les internautes n’ont pas attendu Hadopi pour se rendre plus discrets. Selon Arbor Networks, si le P2P représentait 40% du trafic en 2007, en 2009 ce taux n’était plus que de 18%. La hausse des débits autorisés par l’amélioration des réseaux physiques (adsl 2, câble) a permis l’essor rapide du streaming et du téléchargement direct. L’avènement de la fibre optique risque de décupler le phénomène…

Le streaming illégal. Le streaming permet de regarder un film ou écouter de la musique sans avoir à télécharger le fichier. Avantages : la lecture du fichier est intantannée. Plus besoin d’installer un logiciel permettant de partager avec les autres les fichiers téléchargés (P2P). Un site comme Megavideo (installé à Hong Kong) permet de visionner films et séries avec le confort d’une application en ligne : tout se passe à travers un simple navigateur internet. Une simplicité dont les Majors devraient s’inspirer. Et vous savez quoi ? Une part des utilisateurs de Megavidéo paie (oui oui !) pour pouvoir accéder à plus de contenus ! Une contrainte demeure cependant. La discrétion de ce type de site ne permet pas de trouver un film en se contentant d’en taper le nom dans Google. Il faut se rendre sur des sites spécialisés du type gogo-films.com, atcine.com, streamiz.com… qui renvoient vers le bon fichier.

Défaut : le fichier lu n’étant pas rapatrié sur le disque dur de l’internaute, celui-ci ne peut pas en profiter quand il veut et où il veut. Cette contrainte est la même dans un contexte légal. Pour regarder un film en streaming sur une plateforme légale de VoD (Vidéo à la demande) comme CanalPlay ou Tf1 Vidéo, l’internaute s’acquitte d’un droit d’usage (une espèce de location) limité dans le temps. L’usager peut regarder le film autant de fois qu’il le désire (dans un délai ne dépassant pas généralement les 72 heures) à partir du moment où il a une connexion internet mais le fichier vidéo sera toujours sur  les serveurs du diffuseur. Certains arrivent tout de même à garder chez eux le film pourtant regardé en streaming. Mais encore une fois c’est illégal. Des logiciels comme StreamGet sont « légaux » dans la mesure où l’on s’en sert pour rapatrier des vidéos non protégées comme ça peut être le cas sur YouTube ou Dailymotion, les 2 sites de streaming les plus connus censés, eux, éliminer tout contenu illicite de leurs plateformes.

Le téléchargement direct (Direct Download). La montée en puissance des débits autorisés par les FAI ont largement contribué à la popularisation des sites de téléchargement. Des sites comme Megaupload, Rapidshare, Sendspace ou Mediafire servent légalement à héberger et/ou échanger des fichiers. Mais évidemment, on y trouve beaucoup de biens culturels illégaux. On ne peut pas y faire de recherche directement mais des blogs ou sites spécialisés comme Mega-films.net ou Mooton.fr agrègent des milliers de liens qui permettent de télécharger films et séries gratuitement depuis ces espaces discrets dont le plus connu est certainement Megaupload. Mooton.fr précise que pour télécharger un film, l’internaute est légalement censé être en possession de l’original…

Les forums et Newsgroups. Exprès, je regroupe les 2 concepts dans le même paragraphe. Le fait est que les 2 solutions, certes techniquement différentes, permettent de discuter de sujets divers (des plus larges aux plus pointus) et d’échanger des liens et fichiers. Certains forums sont privés et ne sont accessibles que par cooptation… Si les échanges y sont légaux (il faut arrêter de penser qu’on n’échange que des contenus illégaux sur le Net), il faut reconnaître que les offres payantes proposées par des services de Newsgroups comme Giganews ou Usenet.nl font la part belle au téléchargement volumineux, rapide et crypté… 3 facteurs essentiels pour les pirates en herbes…

Là où le P2P était gratuit, force est de constater que les solutions alternatives, streaming, téléchargement, Newsgroups,… génèrent une vraie économie. Leurs grands acteurs sachant récompenser les nombreux intermédiaires capables de leur apporter de nouveaux clients payants. Un phénomène qui s’amplifie sous la pression d’Hadopi. D’autres solutions, plus techniques, existent. Vous en trouverez quelques unes sur le site de Kysban.

Les échanges physiques. Et oui ! Un type d’échange qui a pu ralentir avec l’explosion d’internet mais qui pourrait bien reprendre des couleurs maintenant que la peur du gendarme existe sur la toile. Alors que les Majors ont toujours fait pression pour maintenir des systèmes anti-copie (DRM) sur les fichiers téléchargés légalement (iTunes, Fnac.com, Virgin,…), les CD eux, ont toujours été copiables à l’infini (si on excepte la tentative avortée du Copy Control). Aujourd’hui, toute une panoplie de supports permet de partager sa musique et ses films sans passer par internet : CD vierges, clés USB, disques durs externe, cartes SD… Autant d’objets capables de passer de mains en mains dans la cour de récréation ou devant la machine à café…

LE P2P (CIBLE D’HADOPI) EST-IL MORT ?

Non ! Les échanges de fichiers via le P2P sont la cible exclusive de la loi Hadopi. Utiliser un logiciel de P2P pour télécharger des contenus illégaux fait donc désormais prendre le risque de se faire repérer par les robots de TMG (voir plus haut) et de recevoir mail et courrier d’avertissement. La coupure de l’accès internet ne se concrétisant que si vous persistez après avertissement. Les plus flegmatiques argueront qu’il n’y a que peu de chance de se faire prendre. Les plus prudents choisiront une des solutions citées ci-dessus. Les plus attachés au P2P opteront pour des solutions de cryptage. Des solutions, autrefois réservées aux entreprises, aux experts, aux sites marchands et bancaires, permettent désormais au quidam d’échanger des données légales ou pas sans laisser de traces. Ellesattirent de plus en plus l’internaute lambda. Des solutions dédiées au P2P existent : des réseaux comme Ants ou Mute permettent ou permettront bientôt des échanges chiffrés. Problème : Comme le précise l’auteur du blog Sadroc.TECH, si chacun se met à chiffrer, crypter ou anonymiser ses échanges, le Net passera de l’état « difficilement contrôlable » à celui d' »enfer d’incrontrôlabilité chiffrée en 1024 bit ». Encore une fois certains de ces services sont payants ! Un service comme Relakks.com permet par exemple à tout internaute de naviguer sur le Net avec une adresse IP anonyme et d’échanger des fichiers à travers des « tunnels privés » (VPN). Coût : 45€/an ou 3,75€/mois… Un autre service, simplissime, vous fournit lui une adresse IP jetable qui remplace votre vraie identité. Son nom : IPjetable.net ! Le site vous garantit une navigation anonyme et cryptée. Pour les plus motivés, des solutions du type Freenet ou Darknet permettent de pratiquer le P2P « discret » et plus encore ! Une part de ces « solutions » est encore un peu technique pour l’usager moyen mais la peur du gendarme peut faire des miracles dans le domaine des compétences informatiques du « bon père de famille »…

Seedfuck, l’arme de destruction massive. Et si quelques utilisateurs compétents se chargeaient de faire le boulot pour… tout le monde ? Depuis quelques jours, la blogosphère bruisse d’un bout de code informatique répondant au petit nom de Seedfuck… Ce dernier serait capable de générer plusieurs milliers d’adresses IP fictives mais aussi des fichiers leurres (faux fichiers, fausses traces d’échange,…)… bref, tout ce que trace Hadopi pour confondre les pirates ! parmi les adresses IP que génèrerait Seedfuck, certaines sont fausses, d’autres sont réelles. Autrement dit, un internautes breton pourra télécharger illégalement autant de films qu’il veut en utilisant l’adresse IP d’un alsacien honnête ! Hadopi enverra ses avertissements… à l’internaute alsacien. Rappelons tout de même qu’utiliser l’adresse IP d’un autre, cela s’appelle de l’usurpation d’identité (sur le Net, votre identité c’est votre adresse IP), un délit passible de 5 ans d’emprisonnement et 75 000€ d’amende comme le rappelle Eric Freyssinet, spécialiste en cybercriminalité. Seedfuck prouve cependant l’obsolescence  d’une loi qui repose sur des données (adresse IP)  loin d’être fiables. Une faille qui risque de mettre à mal les « dossiers made in hadopi » de ceux qui désirent se défendre.

Seedfuck repose également le problème d’un internet inutilisable. Si le cryptage et autres techniques de chiffrement peuvent faire du Net un espace incontrôlable (voir paragraphe « le P2P est-il mort ? »), le Torrent Poisoning de Seedfuck, utilisé à outrance,  ne risque-t-il pas de rendre les réseaux P2P inutilisables ? Le P2P étant AUSSI et je dirais même AVANT TOUT une solution permettant le partage de fichiers légaux. Linux, Microsoft et d’autres l’utilisent pour les mises à jour de leurs logiciels, les chercheurs l’utilisent pour partager des données et des ressources de calcul, la téléphonie sur IP s’en sert aussi, etc. Ce qui est certain, c’est que la mission de Trident Media Guard (TMG), la société choisie par l’Hadopi pour traquer les échanges illégaux sur les réseaux Peer to Peer (P2P), risque d’être plus chère compliquée que prévue. Même si Seedfucker ne cible qu’un des protocoles du P2P (le BitTorrent), rien ne dit que demain, un « Seedffucker 2 » ne s’appliquera pas à piéger d’autres protocoles. Les internautes trop partageurs vont-ils définitivement migrer vers les solutions alternatives citées plus haut ? Certainement. Hadopi, elle, se contentera de retenir qu’elle a tué BitTorrent et éventuellement le P2P.

Que reste-t-il à Hadopi ? Une potentielle extension de ses prérogatives. L’Hadopi ne traque que les échanges P2P. Mais un nouveau vote pourrait étendre son champ d’action à d’autres réseaux. Cela ne ferait que déplacer à nouveau le problème… et donnera certainement lieu à un nouveau billet.

Sources

13 solutions de téléchargement oubliées par hadopi

Mooton.fr : téléchargement illégal ?

Hadopi pourrait bien causer beaucoup de tord aux ayants-droit

L’étude de chercheurs bretons sur l’efficacité d’Hadopi n’a pas de sens selon les Majors

Une étude mesure les premiers effets de la loi Hadopi

Megavideo bouscule le peer-topeer en France

Le rapport de M@rsoin.org

Loic Le Meur : « Laissez un maximum de traces sur le web »

Les traces qu’on laisse volontairement ou pas sur le web font l’objet de débats assez à la mode en ce moment. Il  est vrai que des photos humiliantes postées sur un réseau social peuvent porter préjudice à tout internaute qui peut voir resurgir au mauvais moment un passé compromettant. Mais si on garde à l’esprit que désormais toute société est susceptible de faire sur le Net des recherches concernant des candidats à l’embauche, autant se lâcher et laisser sur la Toile le plus d’infos possible sur soi ! Des informations positives, on s’entend. Une ascension du Mont Blanc à votre palmarès ? Un projet humanitaire ? Des poêmes émouvants ? Un don pour la cuisine ? Une passion pour la photo ou l’Histoire de France ? Tout ça mérite d’être vu et donc référencé par Google, Yahoo! et consort. Si une vidéo débile peut vous desservir, un blog relatant votre passion pour les Cupcakes peut en revanche vous valoriser.

« Laissez un maximum de traces sur le Web ». Voilà donc un bon conseil de Loïc Le Meur à l’attention des jeunes qui recherchent un emploi. Ce n’est pas le seul conseil de la vidéo qui suit alors cliquez sur lecture :

Vodpod videos no longer available.

 

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Photos compromettantes sur Facebook : un assureur cesse ses remboursements

Ca se passe au Canada : En arrêt maladie depuis un an et demi pour dépression, Nathalie Blanchard vivait des versements que lui faisait son assurance. Mais l’assureur a récemment arrêté tout paiement. Celui -ci aurait vu sur Facebook des photos de Mme Blanchard en train de s’amuser à la plage notamment !

Si la femme affirme être sortie et avoir voyagé sur les conseils de son médecin, l’assureur (Manulife) a confirmé enquêter régulièrement sur ses clients en surveillant Facebook. Manulife affirme cependant que dans une telle enquête, les informations trouvées sur le réseau social ne sont qu’un élément parmi d’autres.

Un tribunal devra bientôt trancher…

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