Les fausses-vraies pubs envahissent le Web

Y’a un truc de plus en plus répandu sur le Net : les fausses-vraies publicités. Je ne parle pas ici de parodies plus ou moins bricolées, je ne parle pas non plus de sketches ou de réalisations humoristiques officiellement présentés comme tels. Je parle de vidéos qui ont le goût, l’odeur bref, l’apparence de vraies publicités professionnelles et qui pourraient finalement être l’expression de publicitaires qui se seraient lâchés (c’est d’ailleurs quelquefois le cas). Le problème c’est que ce type de contenu brouille l’image que de nombreux industriels veulent donner de leurs marques. Des industriels encore coïncés par une communication traditionnelle (pub TV, affichage, spot radio,…) souvent en décalage avec l’état d’esprit et les usages  répandus chez les internautes.

J’en ai déjà parlé dans ASLN (voir liens en fin de billet). Mais j’ai quelques exemples assez significatifs du phénomène sous le coude.

Il y a quelques jours, Apple lançait son nouvel iPhone. L’appareil de 4ème génération apporte son lot de nouveautés (2ème caméra, visio-conférence, flash,…) et il faut reconnaître que la marque à la Pomme présente toujours ses nouveaux produits de façon très emphatique. Une habitude déjà bien parodiée par internet et les médias traditionnels. Ces derniers jours, une vidéo « parodique » reprenant la présentation officielle du smartphone d’Apple tourne pas mal sur les blogs un peu geek ou « Apple fanboy ». Elle est en anglais et donc un peu réservée aux plus anglophiles d’entre vous. Je vous en traduit quelques passages à la louche sous la vidéo.

« (…) la 1ère fois que j’ai utilisé Facetime (visio-conférence), j’étais complètement nu dans une chambre d’hôtel (…) je parlais à ma femme (…) ça a probablement sauvé mon mariage… (…) Je pense que mes propres enfants… en fait , je n’ai pas d’enfant mais j’en aurai un jour et d’ici 18 ou 20 ans, quand ils partirons faire leurs études, je pourrai les appeler , leur parler… et voir leur bouche bouger quand ils s’exprimeront…

(…) grâce à la qualité de l’écran (4 fois plus précis que l’ancien iPhone), je peux enfin comprendre ce que racontent les livres [images du livre Winnie qui est offert avec l’application iBook de l’iPhone]… l’ours en fait… veut juste du miel…

(…) On a développé une nouvelle qualité d’acier inoxydable… c’est comme un nouveau métal…

(…) la meilleurs façon de réinventer un produit c’est de lui ajouter une seconde caméra… Le prochaine iPhone aura une 3ème caméra… c’est cool les caméras… »

Le jeu des acteurs reprend parfaitement l’attitude des responsables Apple qu’on retrouve dans ce genre de vidéo. Quant au décor, il imite à la perfection le vrai. Apple est l’une des marques les plus parodiées sur le Web. Mais ça fait partie du jeu… Apple innonde en même temps internet de contenus positifs et parfaitement maîtrisés tant sur le fond que sur la forme. Et leur impact est tel, qu’une vidéo comme celle-là, si elle amuse, est noyée dans un océans de contenus made in Cupertino. D’autres vidéos attaquant Apple pullulent sur le Web.

C’est un peu différent pour Volkswagen qui a du officiellement annoncer que la « publicité » ci-dessous n’a rien à voir avec sa marque. Le clip est osé, très créatif mais sa connotation sexuelle, machiste, un brin vulgaire est à mille lieues de la stratégie conventionnelle du constructeur automobile. Son réalisateur, Sebastian Raphaël, n’est pas un débutant.

Et que dire de celle-là ? très bien réalisée, elle reprend le slogan de la marque autour de la solidité de ses véhicules. Un boulot de publicitaires libérés façon Beigbeider dans 99 Francs…

Pourtant, je ne m’inquiète pas pour la marque allemande qui est assez dynamique sur le web. Pour preuve sa dernière opération de street marketing assez efficace émotionellement parlant (si la marque n’apparaît pas sur le lieu du « happening » c’est sa diffusion ultérieure sur le Web qui créera le buzz) :

Sprite (propriété de Coca-Cola) a connu le même genre de désagrément lorsqu’un réalisateur professionnel s’est amusé à créer des spots pour la boisson. L’homme s’est contenté de les poster sur YouTube sans vouloir créer le buzz. Mais l’effet YouTube a marché à plein et les vidéos ont attiré les internautes par centaines de milliers avant que Coca-Cola ne fasse retirer les clips… que voici :

Vodpod videos no longer available.

Vodpod videos no longer available.

Assez fair play, Coca avait reconnu qu’elle ne pouvait pas tout contrôler sur le web. Alors ce type de contenus nuit-ils à la marque ? Ou bien au contraire, les User Generated Content (contenus générés par les internautes dit aussi UGC) contribuent-ils à rajeunir ou améliorer l’image d’une marque ? Les 2 exemples de Sprite ne sont pas très bons car, à mon sens, ils ne sont pas très réussis. Et c’est bien dommage car sur la forme, à défaut d’être exceptionnel, c’est plutôt maîtrisé.  Dommage également qu’à l’époque, Sprite (Coca) n’en ai pas profité pour surfer sur le buzz. C’était peut-être l’occasion d’éviter… la disparition de la marque. Qui boit du Sprite aujourd’hui ? Cela dit, rebondir sur un bad buz n’est pas donné à tout le monde. Il faut un peu de culot… Et Electroni Arts, éditeur de jeux vidéos en a eu lorsqu’il a été lui-même victime d’une vidéo de type UGC autour de son titre phare Tiger Woods PGA Tour.

Un bug du jeu décelé par un joueur a été « mis en scène » à travers une vidéo pour le moins amateur… mais tellement efficace : le bug (assez grave quand on est un hardcore gamer) permet de putter en faisant marcher Tiger Woods sur l’eau. Voici la vidéo du « Jesus shot » :

Electronic Arts aurait pû virer le développeur qui a mal fait son boulot ou le chef de projet qui a laissé passer le bug. Autrement dit EA aurait pû réagir à l’ancienne… A l’heure du Web, ElectronicArts a fait le contraire. L’éditeur a rebondi sur le bad buzz et a publié ça :

Si la vidéo du bug a attiré plus d’1 millions d’internautes sur YouTube, la « vidéo-réaction » d’Electronic Arts a cumulé plus de 5 millions de vues ! Bravo EA.

Sur le même sujet :

Publicité : Samsung brille, Microsoft trébuche (à nouveau) : le spot qui a choqué les américains !

Inonder le web de contenus émotionnellement positifs

Ces entreprises que l’on parodie sur le Web

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Coupe du Monde 2010 : Mieux vaut en rire…

On a plutôt eu l’occasion de pleurer (de rire ?) si on s’est quelque peu intéressé aux embûches de l’équipe de France en Afrique du Sud. Internet a toutefois été là pour faire de cet épisode dramatique une bonne raison de s’en payer une tranche…

Je ne sais pas si cela aurait du être un indice prémonitoire (de plus ?) mais le dérapage incontrôlé d’Anelka sur son VTT lors du stage de préparation préfigurait la trajectoire qu’allait épouser la fine équipe tout de bleu vêtue.

Et la guigne dans tout ça ? Je ne serais pas étonné qu’un sorcier sud-africain avoue un de ces jours que toutes les vuvuzelas du Mondial avaient été ensorcelées. S’il y a bien un truc qui nous a énervé, en dehors de nos 23 anciennes stars du foot, c’est bien la VUVUZELA : Un instrument d’une ingratitude assez exceptionnelle (beaucoup d’efforts pour une résultat sonore plutôt déconcertant) qui a réussi à fédérer le Monde autour d’une question : mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? (illustration disponible ici)

Toute l’ingratitude d’un instrument résumée en quelques mesures du Boléro de Ravel

Quelle guigne cette Vuvuzela. Impossible de s’entendre sur un terrain. Impossible de suivre un match sereinement. Mais comment font-ils en Afrique du Sud ? C’est certainement une question d’habitude. Suffit d’avoir des oreilles qui filtrent ou bien de se foutre de ce qui se passe à l’écran… 2 méthodes salutaires quand on doit se taper la version vuvuzela du hit de Laurent Voulzy :

Comment un objet si simple, incapable d’émettre la moindre onde électromagnétique, sans batterie au lithium ni aucune espèce de compatibilité avec l’iPhone peut-elle faire autant de buzz ?

Rien dans la vuvuzela ne semble dangereux… même après dissection (dessin emprunté au blog artistique Meat Section)

Je vous passe toutes les applications dédiées aux smartphones. Des appli indispensables puisqu’inutiles qui ne me font pas rire du tout… Car le danger existe, il nous guète. Une Vuvuzela dans de mauvaises mains peut nous faire courir un grand danger pour peu qu’on habite la Terre du Milieu :

Mieux vaut en rire disais-je en titre de ce billet. Le problème c’est que la France, rien de moins, est consternée chez elle et moquée dans le reste du monde. Je me demande si la réaction de la demoiselle n’est finalement pas celle qu’il faudrait avoir :

C’est vrai qu’après une telle correction, il est difficile de garder son sang froid. Même le futur Dark Vador d’aéroport(vidéo ici) a perdu ses bonnes manières. Euh non en fait lui, pour l’occasion, il est redevenu normal…

Anelka, c’est en réalité tout un univers, un style, une culture, parfaitement illustrés dans ce clip plutôt réussi. Et puis comme la musique adoucit les moeurs, espérons que ce clip apaise votre rancoeur comme la mienne… non je déconne.

[MAJ] La « colo des bleus » a évidemment inspiré les interprètes de la Chanson du Dimanche. Ces dernières semaines, il n’y en a que pour eux (ou presque) :

La Govuzela

RayMan

Chez Raymonde

Et je ne vous parle même pas des groupes Facebook, de la pétition de Jean-Jacques Bourdin pour que les joueurs reversent leurs primes au football amateur. Je ne vous parle pas non plus des milliers de statuts Facebook amères, drôles ou graves ni des Tweets qui font mouche. Allez, un tweet pour le plaisir :  » Vous voulez voir les bleus gagner ? Allez voir Avatar ! »

Pour ceux que cela intéresse, le site Culture-buzz revient sur le bad buzz. Celui d’une équipe de France à la dérive tant sur le terrain que sur le Web.

En Parallèle du psycho-drame anelko-doménechien, la web série « On ne lâche rien » créée par le blogueur Cyrille De Lasteyrie (plus connu sous le pseudo « Vivin » tiré de son blog 20/20) et propulsée par Les Raconteurs fait rire pas mal d’internautes (environ 2 000 vues par épisode sur Dailymotion) accrochés au destin de l’équipe gauloise.

Pour compléter ce billet qui pourrait ne jamais se terminer, voici quelques liens complémentaires :

Une Vuvuzela dans doom

Infos et statistiques sur la Vuvuzela : The vuvuzela, love it or hate it

Le mobile. Nouvelle cible des spammeurs.

“Vous avez reçu des messages sur le chat. Pour les consulter, envoyez LIRE par SMS au 81046. Réception directe”. “ Salut c’est moi, j’attends tjs ton appel, à croire que je t’ai laissé mon numéro pr rien, rappelle moi au 0899787815”. Ces messages sont de plus en plus fréquents sur nos mobiles; la curiosité nous pousse à suivre leurs instructions et nous voilà frauduleusement ponctionnés de quelques euros car les numéros sont tous payants et ne mènent… nulle part.

Le spam a largement envahi les boîtes mail de nos PC mais les mobiles ne sont plus épargnés : Certes, les sms non-désirés ne se comptent encore qu’en centaines de milliers à côté des 20 milliards de textos envoyés chaque année en France. mais leur développement est exponentiel. Comme sur PC, il faut distinguer les messages publicitaires légaux des pièges élaborés par des spammeurs peu scrupuleux car les moyens de lutter contre eux diffèrent selon qu’on ait affaire à l’un ou à l’autre.

LE SPAM ILLEGAL. L’envoi massif de mini-messages non sollicités est apparu avec le développement des serveurs SMS capables d’inonder les portables par milliers à partir de listes officielles piratées (annuaires, bases de données de cyber-marchands,…) ou de numéros créés aléatoirement. Ces arnaques ont plusieurs visages : On vous demande de rappeler un correspondant mystérieux ou encore d’envoyer un mot par SMS autorisant la récupération d’une photo, d’un lot ou d’un chèque. Dans tous les cas, les numéros composés par la victime sont surtaxés 0,15€ à 1,20€ la minute pour les plus courants (0 890 XXX, 0 891 XXX,…) et bien plus pour un appel vers le 0 899 XXX et certains numéros à 5 chiffres (84546, 10133,…). Dans un autre genre, le spam vocal consiste à faire sonner 1 fois le portable de la “proie” qui , n’ayant pas  le temps de répondre, rappelle par réflexe le numéro inscrit dans son journal d’appel : à chaque seconde de “communication” – avec une boîte vocale le plus souvent -, le spammeur empoche ses gains ! C’est d’ailleurs une des grosses différences avec le spam de nos boîtes mail : sur le mobile, répondre c’est payer… Le potentiel financier de cette mécanique ne peut qu’attirer des fraudeurs plus nombreux.

Depuis fin 2008, chacun peut réexpédier un sms non-désiré vers le 33700 afin de l’acheminer vers l’opérateur mobile concerné qui doit à son tour intervenir auprès de l’éditeur-spammeur : Celui-ci risque la fermeture du numéro utilisé. Attention : dénoncer un SMS frauduleux au 33700 coûte… le prix d’un SMS et même 2. La plate-forme ayant reçu l’alerte renvoie automatiquement un message vous demandant le numéro de l’expéditeur du spam… Pas simple et coûteux ! Surtout pour ceux qui ne disposent pas d’un forfait incluant les SMS… D’autre part, si vous avez mordu à l’hameçon du spammeur, dénoncer son acte au 33700 ne vous remboursera pas… Enfin, cette arme anti-spam est peut-être mal adaptée à la volatilité des “sociétés” coupables de spamming. Celles-ci, souvent installées à l’étranger,  ont largement le temps de piéger plusieurs milliers de victimes puis de disparaître, avant même d’être dénoncées et poursuivies par les autorités compétentes.

Depuis quelques jours, le 33700 est capable de recevoir un signalement concernant un spam vocal (évoqué plus haut). Le sms d’alerte que vous envoyez au 33700 doit alors contenir l’indication “spam vocal” suivie du numéro en cause.

Comment lutter ? Ne jamais rappeler les numéros spéciaux affichés dans le SMS. Appeler c’est payer… mais c’est aussi confirmer la validité de votre numéro et votre crédulité : Du pain béni pour les spammeurs qui n’hésiteront pas à vous solliciter à nouveau !

Ne pas communiquer son numéro de mobile sur les réseaux sociaux (facebook, MySpace, CopainsDavant,…) et forums; privilégier le mail.

Si vous êtes souvent spammé, faites-en part à votre opérateur. Vous pouvez également prévenir l’AFUTT, la DGCCRF, la CNIL ou encore l’Office Centrale de Lutte contre la Criminalité liée aux TIC (OCLCTIC).

Sensibiliser les plus jeunes au phénomène. Les adolescents sont les 1ères victimes du spam frauduleux : Ajoutés à la banalisation des sollicitations légales (jeux TV, votes par SMS, sonneries,…) les SMS de loterie et autre arnaque sont à l’origine de factures pouvant dépasser allègrement les 1 000 € ! Aux parents de sensibiliser et responsabiliser leur descendance.

LE SPAM PUBLICITAIRE. Orange, SFR, Bouygues,… sont les 1ers à communiquer par SMS : “(…) pass vacances 6€ (valable 7 jours) = 10 sms + 10min d’appel en zone Europe (…) Souscrivez au 444 (gratuit même à l’étranger)”. Toute société commerciale est susceptible de prospecter par SMS dans la mesure où vous lui avez laissé vos coordonnées et que vous avez accepté d’être sollicité. Etre contacté pendant une période de promotion est ainsi devenu monnaie courante.

Que faire pour être moins dérangé ? Le numéro de mobile ne doit pas être divulgué sans vigilance. Lors de l’achat d’un bien ou d’un service sur le Net, mieux vaut décocher la très discrète case qui autorise le cyber-marchand à céder vos coordonnées à un partenaire commercial. C’est un coup à se retrouver au sein d’une base de données qui sera exploitée, vendue ou louée par des spécialistes du marketing à des fins purement publicitaires. Pour se débarrasser de sollicitations licites (j’insiste sur ce caractère) trop nombreuses, il est possible de répondre “STOP” (coût d’un sms) au message publicitaire. L’expéditeur est légalement contraint d’arrêter tout envoi de message.

Si cela ne fonctionne pas, la procédure de dénonciation au 33700 reste la meilleure alternative. Autre solution, plus chronophage et pas forcément plus efficace, vous pouvez adresser un courrier au Procureur de la République du lieu où est installé le Siège Social de l’expéditeur… en espérant que ce dernier soit en France. Pour obtenir ce type d’infos, il faut répondre “Contact” (coût d’un SMS) à l’émetteur du spam. Celui-ci doit alors transmettre ses coordonnées.

Les opérateurs de téléphonie mobile s’engagent vivement contre toutes les formes de messages abusifs qui polluent leur bande-passante et exaspèrent leurs clients. Mais le paradoxe reste tout de même que pour chaque SMS transmis, que ce soit par un spammeur ou l’une de ses victimes, les Orange, Bouygues et SFR engrangent de substantiels bénéfices…

1ers bilans et nouvelles initiatives. Depuis le lancement du 33700, le nombre de signalements est en baisse selon Hervé Novelli, Secrétaire d’Etat chargé du Commerce. Le dispositif serait donc efficace : au 31 mai 2010, 790 numéros frauduleux ont été fermés. Mais le Gouvernement veut aller plus loin et s’attaque désormais aux démarches téléphoniques non-désirées. Cuisinistes, vendeurs de fenêtres, Assureurs, Mutuelles,… vous ont déjà appelé pour vous vendre leurs produits ? “Une liste regroupant les coordonnées des personnes qui ne souhaitent plus être démarchées téléphoniquement par ces entreprises (1) sera mise en place dès le premier trimestre 2011” a déclaré le Secrétariat d’Etat au Commerce.

(1) entreprises adhérant à l’Association française de la relation client, la Fédération de l’e-commerce et de la vente à distance, la Fédération française des télécoms ou la Fédération de la vente directe.

Pour plus d’infos :

– Dossiers “Savoir vivre avec son mobile” sur le site de l’Association Française des Opérateurs Mobiles (AFOM)

Dossier de l’AFUTT (Association Française des Utilisateurs de Télécommunications) : les SMS non sollicités

Hoaxbuster.com : le mythe de la prise de contrôle de son portable à distance

Super Crapule Vs Super Hadopi

Sur Curiosphère.tv, site de découverte animé par France 5, une vidéo d’animation crée le buzz depuis peu. Le petit film tente d’expliquer en 3 minutes 22 secondes, les tenants et aboutissants de la loi hadopi censée lutter contre le téléchargement illégal.

Près de 60 000 vues sur YouTube en 2 jours… Un bad buzz plein de promesses…

Vodpod videos no longer available.

L’animation est techniquement réussie. Le problème c’est que sa vision manichéenne, caricaturale, simpliste et, disons-le, erronée du « dossier » vient d’exploser au visage de… France 5. Les 1ers indices pouvaient laisser penser que le dessin animé avait été réalisé par la Hadopi (Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet) mais le patron de la Haute Autorité a nié tout lien avec la vidéo (qu’il trouve par ailleurs intéressante). De son côté, Jean Marc Merriaux, directeur des actions éducatives à France 5, a confirmé l’entière paternité de la chaîne du Service Public. Selon M. Merriaux, l’animation est destinée aux 15 ans et plus : Elle porte un « regard décalé » sur la loi Hadopi à travers « des éléments expliqués simplement » mais « (…) nous avons peut-être trop simplifié » a-t-il confié au NouvelObs.com. Le clip doit d’ailleurs faire l’objet de modifications dans les jours qui viennent.

Le film n’a en outre pas vocation a sortir du site Curiosphère.tv et serait même exclusivement destiné aux médiateurs éducatifs (enseignants, parents d’élèves,…) censés utiliser un document complémentaire (1) qui, reconnaît Zdnet.fr, est plus modéré…

J’espère qu’après révision, le discours saura se faire plus nuancé car à ce « jeu », je crains l’escalade dangereuse. En prenant quelques secondes (moins d’une minute), j’ai dégoté 2 réponses au « télécharger illégalement c’est du vol » asséné par Super-Hadopi :

Une déclaration du chanteur Cali (reprise à l’époque dans ASLN)

Une vidéo expliquant que copier ce n’est pas voler

Le mécanisme de riposte graduée doit être mis en oeuvre ces jours-ci. Les 1ers mails d’avertissement devraient être envoyés aux adeptes du téléchargement illégal en… 2010… Peut-être.

(1) J’ai tenté de retrouver la vidéo et le document PDF sur Curiosphère. Aucune trace. Mais Youtube et dailymotion se charge du bad buzz…

[MAJ] La vidéo a été retirée du site Curiosphère ET de YouTube… Mais ce genre de vidéo ne disparaît jamais vraiment de la Toile…

L’histoire sur le NouvelObs.com (2 min de lecture)

Quelques idées à débattre sur la loi Hadopi :

Grande Bretagne : les pirates achètent plus de musique que les autres

Loi Hadopi votée, les rebondissements sont encore possibles

Hadopi 2 : 285 pour, 225 contre

Députés et Sénateurs ont voté pour Hadopi. Et après ?

Cali jette un pavé dans la marre… d’Hadopi (Vidéo)

L’internet mobile dépassera l’internet fixe d’ici 5 ans

L’industrie des médias et loisirs peut se réjouir : la montée en puissance de l’internet mobile la favorise clairement d’après le cabinet d’audit PriceWaterHouseCoopers. Ce dernier estime que 18 millions de français (1 français sur 4) seront équipés d’un smartphone en 2014. Ces téléphones intelligents permettent un accès à internet et autorisent une consommation aisée des contenus générés par l’industrie des médias et loisirs (vidéos, musique, jeux, réseaux sociaux,…). Résultat, les dépenses en services data et internet mobile ont augmenté de 8% en 2009 rapporte LeFigaro.fr.

Tous les pays développés sont friands de ces nouveaux services (internet mobile, jeux, applications,…) et la Banque Morgan Stanley prévoit qu’au niveau mondial, l’usage de l’internet mobile surpassera celui de l’internet fixe (depuis un PC) d’ici 5 ans.

Plus d’infos dans l’article du Figaro.fr (3 min de lecture)

Avec Office gratuit, Microsoft colle aux nouveaux usages

Vous en rêviez ? Microsoft l’a fait. Office, la suite Word, Excel et Powerpoint, est désormais gratuite sur le Web. Que vous possédiez un PC sous Windows, Linux ou bien un Mac sous OS X, ça marche. Il suffit d’un accès à internet et d’un navigateur compatible : Internet Explorer, Firefox, Safari ou Chrome (tous gratuits). L’ouverture d’un compte Windows Live (gratuit) vous permettra alors de créer, modifier, partager et stocker (25 Go quand même !) vos documents Office. Attention cependant, les capacités de cette version en ligne sont bridées. Office Web Apps n’autorise pas certaines fonctions et mises en page avancées : détourage d’image impossible, éléments graphiques limités,…

GOOGLE ET LES NOUVEAUX USAGES EN LIGNE DE MIRE

Annoncée officiellement il y a tout juste un an, Office Web Apps vient en réponse à plusieurs « projets » concurrents dont la montée en puissance est en train de mettre à mal la cash-machine de Microsoft :

Si les projets de systèmes d’exploitation libres et gratuits connaissent un succès mitigé auprès du grand public certains logiciels attirent, eux,de plus en plus d’adeptes. C’est le cas de Open Office, une suite bureautique entièrement gratuite et accessible aux plus grands systèmes d’exploitation (Windows, Mac OS et Linux).  Ces solutions téléchargeables gratuitement se paient le luxe d’être compatibles avec les logiciels payants : le possesseur d’un pack Office de Microsoft pourra ouvrir et modifier un fichier Open Office et vice versa. Certaines administrations françaises (Assemblée Nationale, Gendarmerie,…) ont déjà quitté Microsoft pour ce genre de solutions. Microsoft a, d’une certaine manière, réagi à ce genre d’attaque en adressant aux étudiants des tarifs très très avantageux.

Google, au départ spécialisé dans la recherche d’information sur le Net, s’est largement diversifié. Le géant de Moutain View a frappé très fort avec le lancement de Google Docs, une suite bureautique gratuite accessible uniquement en ligne. D’ailleurs, Google voit le futur en ligne et considère les logiciels locaux comme une solution rétrograde dans un monde de mieux en mieux connecté. Google s’est dernièrement fendu d’un Système d’exploitation léger, Chrome OS, clairement optimisé pour une vie numérique en ligne (travail, photos, vidéos, jeux,…). Google n’est pas seul sur le créneau du Cloud Computing (informatique en ligne) et si l’informatique professionnelle migre elle aussi vers le Cloud (SaaS,…), le marché grand public accueille aussi des acteurs ayant cette vision du futur : On connaît Zoho pour la bureautique et plus récemmentOnLive pour le jeux vidéo (Cloud Gaming).

MICROSOFT, OBLIGE DE SE METTRE EN DANGER

Google et Microsoft sont concurrents. Si Google s’est lancé dans la bureautique, le mail, l’agenda et le système d’exploitation, Microsoft a développé un moteur de recherche performant (Bing), collabore de très près avec Yahoo! (autre concurrent et… ennemi de Google) et offre désormais une solution gratuite de bureautique en ligne. Le label « Microsoft Office » étant à mon sens un formidable atout en faveur de la firme de Redmond. Mais Microsoft n’est-il pas en train de valider la stratégie de Google ? Le maître de la recherche, en lançant à coup de millions de dollars ses applications en ligne (Google docs, Gmail, Google calendar,…) a stratégiquement attiré Microsoft sur ses terres, celles qu’il maîtrise le mieux : internet. Microsoft, de son côté, va certainement monétiser sa nouvelle position : attirer de nouveaux adeptes à qui il proposera des fonctions avancées payantes à travers son pack Office traditionnel ou bien en proposant un Office en ligne payant pour les entreprises. N’empêche que Microsoft lâche l’une de ses vaches à lait : une suite de logiciels incontournable pour un usager peu informé (profil le plus répandu au monde) ou des entreprises friandes de compatibilité et de sécurité. Plus d’1 milliard de PC en sont équipés dans le monde… 25 millions en France. L’autre vache à lait étant Windows (XP, Vista, Seven) qui équipe la quasi-totalité des PC dans le monde…

LE PHENOMENE DU GOOD ENOUGH

Microsoft arrivera-t-il à faire migrer ses « abonnés Office en ligne » (gratuit) vers des solutions payantes ? La plupart des utilisateurs n’utilise que 10% des capacités d’Office. Ces gens-là ne se contenteraient-ils pas d’une suite bureautique aux capacités bridées ? L’informatique a peut-être atteint un seuil au delà duquel le commun des mortels ne se reconnaît pas. Je suis par ailleurs subjugué de voir à quel point la jeune génération se contente d’une qualité de produit dégradée… Le piètre MP3 n’a-t-il pas supplanté la qualité CD ? Et l’écoute en streaming (Deezer, Spotify,…), c’est encore pire… Le Divx, si populaire, n’est-il pas une bouillie de DVD (ou de Blu-Ray) ? La qualité sonore de Skype ne frôle-t-elle pas l’indigence par rapport à celle du téléphone ? Les performances et les finitions d’un Netbook ne représente-elles pas un énorme bon en arrière comparées aux portables « traditionnels » ? En fait, on est tous prêt à renoncer à une certaine qualité, un certain confort à partir du moment où… le produit ou service est gratuit ou très très bon marché. Le phénomène est d’autant plus fort que les nouveaux usages collent parfaitement à cet état d’esprit : A quoi bon avoir une machine sur-puissante quand il suffit d’un navigateur internet pour tout faire ? A quoi bon s’encombrer de fichiers musicaux quand on consomme la musique à un rythme effréné ? A quoi bon acheter un DVD ou un blu-ray quand on regarde ses films sur son PC portable; une machine bien incapable, du point de vue de l’image et du son, de restituer les qualités de la galette…

SUR INTERNET, RIEN N’EST GRATUIT

Gratuit, quasi-gratuit… Attention, rien n’est vraiment gratuit sur internet dans la vie. Quand un service est gratuit, il est financé par l’affichage de publicité et/ou associé à des options et services complémentaires payants. Par exemple, Gmail, le service mail de Google, permet de recevoir et envoyer des mails gratuitement de n’importe où sur la planète avec une connexion internet. En contre-partie, de la publicité s’affiche dans l’interface du logiciel en ligne. Une publicité ultra-ciblée puisque liée aux contenus de vos mails ! Ecrivez à l’un de vos contacts que vous êtes à la recherche d’une voiture d’occasion et Gmail affichera probablement quelque part dans l’interface la publicité d’un site de vente de véhicules d’occasion… D’une manière général, Google Docs, la suite logiciel de Google, concurrente d’Office, est associée à des services et options complémentaires payants.

Les Web Apps de Microsoft fonctionneront probablement de la même manière (publicité + services payants). Les qualités et défauts des 2 solutions en ligne vont probablement faire l’objet de comparatifs et autres bench mark. Attendons maintenant la réaction des usagers et… de Google. Ce dernier va-t-il enrichir les fonctionnalités de Google Docs ? Si Microsoft Office version locale est en légère perte de vitesse, Google est en pleine ascension grâce à son coeur de métier, la vente de liens publicitaires sur le Net. Le géant de Mountain View pourrait sans difficulté attribuer quelques centaines de millions de dollars à l’amélioration des ses logiciels en ligne et entraîner Microsoft vers… un nouvel échec.

Enfin, même si les Web Apps, estampillées Google ou Microsoft, font encore partie de la catégorie des technologies de rupture (solution radicalement nouvelle, moins performante que la techno dominante mais qui colle plus aux nouveaux usages), gageons que le futur, Google et Microsoft feront disparaître la bureautique locale.

Si le sujet vous intéresse, lire aussi :

Google annonce Chrome OS, son système d’exploitation maison… Boum !

Guerre des applications en ligne : Microsoft / Google : Le Berger répond à la bergère

Les internautes consacrent 22% de leur temps aux réseaux sociaux

En Avril dernier, le Cabinet Nielsen a étudié le comportement des internautes dans 9 pays : Etats-Unis, Royaume-Unis, Italie, Espagne, France, Allemagne, Suisse, Brésil et Australie.

Les blogs et Facebook cartonnent.

En Avril et en moyenne, les internautes ont passé 6 heures sur Facebook et 6 autres heures sur des blogs. les 3/4 des internautes se sont ainsi rendus sur des blogs ou des réseaux sociaux. C’est la 1ère fois selon Nielsen que ce taux atteint ce niveau. Les australiens et américains sont les plus fans de blogs avec respectivement 7h19 et 6h35 dédiées à leur fréquentation. Sur le mois d’avril, les français ont eux passé 4h10 en moyenne sur ce type de sites. Le temps consacré aux blogs a en moyenne bondi de 66% en un an !

Facebook s’est accaparé les français pendant 4h33, les australiens 7h45, les américains 6h43 et les japonais… 30 minutes seulement. Facebook, ne connaît le même succès partout. Au Brésil, par exemple, le réseau social Orkut attire 86% des internautes !

Enfin, l’étude rapporte également que Youtube a attiré les internautes durant 57 minutes. Google, 1h21 et Wikipédia, l’encyclopédie communautaire libre et gratuite, s’est accaparée les internautes pendant 13 minutes.

D’autres chiffres à la Source (1 min de lecture).

Les résultats de l’étude sur le blog de Nielsen (anglais)

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