Youtube entretient le rêve américain

Je suis toujours étonné de voir à quel point internet peut, en quelques jours, changer la vie d’une personne. Jugez plutôt :

Avril 2010 : Un jeune garçon de 13 ans répondant au nom de Greyson Michael Chance, se met au piano et représente son collège lors d’un concours. Filmé par des proches, il interprète Paparazzi de Lady Gaga.

L’effet Youtube. Le 28 avril, la vidéo est diffusée sur YouTube et… Bingo ! Plus de 20 millions de vues en 15 jours. La vidéo fait le tour des blogs et du monde…

Récupération par les médias traditionnels. Ni une ni deux, l’animatrice Ellen DeGenerses l’invite dans son show « ELLEN SHOW ». Le garçon réitère sa performance en live et parle à… Lady Gaga au téléphone ! « Evite les filles et reste concentré » lui conseille la chanteuse…Un conte de fée je vous dis. Et ce n’est pas fini…

Hier, le New York Post confirmait que Greyson Chance venait de signer un contrat avec la Maison de disque Interscope record, le label de… Lady Gaga !

Les vidéos maintenant !

Greyson Michael Chance interprète « Paparazzi » à la fête de l’école (20 millions de vues)

Greyson invité du Ellen Show (le son est meilleur)

Le clip « Paparazzi » par Lady Gaga

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Rebelote : une serveuse est licenciée à cause de Facebook

Ca se passe aux Etats-Unis, en Caroline du Nord, mais l’histoire aurait très bien pu arriver en France : Une serveuse de pizzeria a été licenciée pour avoir tenu des propos désobligeants envers son entreprise et ses clients. Sur sa page Facebook, Ashley Johnson, 22 ans, a en effet traité un client de radin parce que celui-ci ne lui aurait pas laissé un pourboire assez important. Le problème c’est que la serveuse a cité le nom du resto dégradant du même coup la réputation de ce dernier ! La jeune femme s’est excusée mais le mal est fait. Virée !

Cette histoire n’est pas très originale. ce n’est pas la 1ère du genre et ce ne sera pas la dernière. Des photos compromettantes partagées sur Facebook qui entraînent le non-paiement d’une police d’assurance à la réceptionniste licenciée pour une chronique diffusée sur le Net, les limites de la liberté d’expression sur la Toile sont parfois floues ou méconnues. Je revenais d’ailleurs sur ce sujet il y a 2 jours à peine…

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Shazam a reconnu 1 milliard de chansons !

Une fois n’est pas coutume. Je vais vous parler d’une application. Son nom : Shazam. Sa fonction : reconnaitre en 30 secondes le titre d’une chanson en la lui faisant écouter à travers un micro. Point fort : disponible sur les smartphones (iPhone, Blackberry, Windows Phone,…), elle fonctionne n’importe où : dans la rue, en boîte, au restaurant,… à partir du moment où vous avez accès au réseau (Edge, 3G, Wifi). Ca marche presqu’à tous les coups. Vous entendez une musique qui vous plaît mais dont vous ignorez le titre : dégainez votre téléphone, lancez Shazam, dirigez le micro du téléphone vers la source et 30 secondes plus tard, le titre, l’interprète et la jaquette s’affichent.

C’est efficace, ludique, un brin magique et… lucratif pour l’éditeur. Car en plus des infos citées, apparaît un lien vers iTunes (la plateforme musicale d’Apple) qui permet d’acheter la musique en question directement depuis le téléphone ! Shazam étant alors commissionnée par Apple. Shazam est désormais disponible sous forme de 2 applications, l’une gratuite qui permet de « taguer » (terme utilisé pour donner un nom à un air capté) un nombre limité de chansons (5 tags par mois), l’autre, payante (3,99€ quand même !) est plus rapide et autorise un nombre illimité de tags.  La version gratuite vous inflige un bandeau publicitaire ce qui n’est pas le cas de la version payante.

Bref, Shazam fête ses 8 ans, annonce la milliardième chanson taguée (Gettin’Over de David Guetta) et compte désormais 75 millions d’utilisateurs dans le monde.

prochaine étape : La reconnaissance de musique dans les publicités TV. Un domaine dont les utilisateurs sont apparemment friands.

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Version payante de Shazam

Version gratuite de Shazam

iPad : on parle déjà de la fin du papier

Alors que LeMonde.fr propose un long article sur les espoirs qui se cristallisent autour de l’arrivée de l’iPad en France, au Canada, la société Power Corporation, éditeur de plusieurs titres de presse (papier et internet) a évoqué la disparition « peut-être lointaine » de la version papier de certains d’entre eux.

L’avenir de la tablette d’Apple n’est pas encore parfaitement défini : e-book, e-BD,e-magazine ou TV portable dédiée à la Vod (Vidéo à la demande), outil de navigation ou PC d’appoint, cartable numérique ou console de jeux ? Tout ça à la fois ? Difficile à dire même si on peut déjà avancer que dans cette 1ère version, la tablette d’Apple semble être un appareil de consommation plus que de création.

Les contenus et applications qui viendront enrichir et personnaliser l’expérience de l’iPad seront déterminantes. Pourtant, comme je le rappelais dans ce billet, certains secteurs, à l’avenir incertain, attendent beaucoup (trop ?) de la tablette made in Cupertino : « c’est notre bouée de sauvetage » assurait Frantz-Olivier Giesbert (Directeur du Point) devant ses pairs en mars dernier.

La presse (quotidienne, magazine, généraliste ou spécialisée) se verrait bien rebondir grâce à l’iPad (et ses concurrents qui seront bien une quinzaine) mais le pari est loin d’être gagné. Car si la tablette connaît déjà un grand succès (1 millions de ventes en moins d’un mois aux Etats-Unis), son ergonomie, sa puissance et l’usage qui en découlent réclament des contenus innovants tant sur la forme que sur le fond. Et si Le Monde.fr rappelle que « la division numérique du New York Times compte environ 150 ingénieurs et techniciens », c’est pour préciser que la presse française ne finance, elle, aucun service de R&D (recherche et développement) dans ce domaine !

Il va pourtant bien falloir que les éditeurs proposent des contenus innovants, bien différents de ce qui se fait dans le monde physique. Se contenter de convertir un magazine en PDF pour en tourner les pages sur un iPad risque de tourner à la catastrophe industrielle… Il va falloir réunir des qualités ludiques, magiques,… révolutionnaires… Surtout que ces mêmes contenus auront aussi l’opportunité de justifier des abonnements payants. Et là aussi, il va falloir jouer serré. Même si les éditeurs jouent le jeu de l’innovation (nouveaux contenus, nouvelle ergonomie, nouvelle expérience du lecteur,…), le prix sera déterminant. Si des offres groupées (abonnement papier + Web + iPad ou Web + iPad ou papier + iPad,…) et originales voire expérimentales ne viennent pas casser un schéma vieux de 100 ans (kiosque ou abonnement) et des grilles de tarifs qui n’ont plus rien à voir avec les réalités contemporaines (le web a imposé la gratuité partielle ou totale, les offres freemium,…) alors, je ne donne pas cher des titres les moins engagés dans l’ère numérique… Pourtant, en même temps, si ces tarifs sont des usines à gaz, ça ne marchera pas non plus !

L’arrivée de l’iPad va-elle faire disparaître le papier ? A terme oui. L’éditeur GESCA (éditeur canadien de journaux, magazines et livres) vient d’y faire allusion sans tabou. Le tout est de savoir à quel horizon. Dans les nouvelles technos, ce genre de question est récurrente : Faut-il changer radicalement de modèle pour coller rapidement aux nouveaux usages et risquer de tout perdre ou vaut-il mieux financer plusieurs types de distributions au risque cette fois que le second modèle cannibalise le 1er ? Le secteur de la musique a eu à faire ce choix, le secteur du cinéma doit également le faire, celui de l’édition (livres, journaux, magazines) est en pleine réflexion et expérimentation. Tout le commerce physique expérimente aujourd’hui la distribution physique et numérique : de la chaussure au voyage, des services bancaires à l’alimentation.

Quel que soit le domaine, l’essentiel est évidemment de ne pas négliger voire dénigrer un modèle dont l’émergence est évidente. L’industrie musicale a expérimenté la chose : Les Majors ont, pendant des années, refusé catégoriquement l’existence du MP3 ! Ces mêmes Majors ont ensuite freiné des quatre fers le développement des plate-formes numériques (iTunes, Virgin, Fnac.fr,…). L’industrie cinématographique a de son côté favorisé la vente de DVD au détriment d’une Vod (Vidéo à la demande), toujours anémique malgré les efforts de certains distributeurs (CanaPlay, TF1 Vidéo, Free,…) pour être présents au plus près des consommateurs : sous la TV (Box ADSL,…) et bientôt dans la TV elle-même…

Les éditeurs ont beaucoup appris des ces expériences. Alors vont-ils éviter les écueils de la révolution numériques ? Vont-ils l’accepter et se donner les moyens de coller aux nouveaux usages ? L’industrie musicale a tenté de lutter contre la mutation de son secteur (Mp3, achat de morceaux à l’unité, le partage, l’explosion du Live,…), idem pour la vente par correspondance (La Redoute, Les 3 Suisses,…) et d’autres. Les éditeurs vont devoir faire mieux. Si les éditeurs n’en ont pas les moyens financiers, il va leur falloir ruser. L’initiative du Figaro est d’ailleurs assez intéressante de ce point de vue. Le journal vient en effet de signer un partenariat avec… iTélé ! La tablette, comme un PC classique, permettant de consommer tout type de contenus (texte, vidéos, animations, sons), le partenariat permettra au Figaro.fr d’enrichir ses articles de séquences audiovisuelles. Un concept assez magique sur l’iPad.

Sources

L’iPad, planche de salut pour Gutenberg (LeMonde.fr / 8 min de lecture)

Cyberpresse pourrait devenir payant (Canoe.com / 1 min de lecture)

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