De la fiabilité de Wikipedia : une expérience intéressante

Le projet encyclopédique gratuit et libre Wikipedia permet à tout internaute d’accéder sans contrainte à une masse considérable d’informations. L’encyclopédie est un des plus beaux exemples de site basé sur l’UGC (User Generated Content) : Les internautes créent et utilisent ses contenus donnant au « Producteur-consommateur » (« prosommateur » ?) ses lettres de noblesse. Ce principe de collaboration globalisée (12 millions d’articles et 265 langues dans Wikipedia)  porte cependant en son sein un bien vilain défaut que les détracteurs de Wikipedia ne manquent pas de soulever : Chacun peut y écrire tout et n’importe quoi et avant que l’erreur ne soit corrigée par les contributeurs les plus impliqués, il peut se passer plusieurs jours pendant lesquels mensonges, manipulations et autres propagandes peuvent faire leur travail sur les esprits les moins critiques.

C’est encore ce qui est arrivé le 29 mars dernier lors de l’annonce du décès du compositeur Maurice Jarre : à cette occasion, un étudiant irlandais en sociologie a voulu tester les nouveaux comportements en intégrant à la bio wikipédienne du musicien une fausse citation (« Lorsque je mourrai, une dernière valse résonnera dans ma tête ») qu’il pensait voir reprise par les blogs et sites « réputés » peu regardants sur le recoupement des informations.

Le jeune irlandais a donc été surpris de constater que « sa » citation avait été reprise par… les journalistes professionnels de grands médias (The Guardian, The London Independant,…) du monde entier théoriquement dignes de confiance…

Qui doit-on blâmer ? Wikipedia et son manque de fiabilité ou bien le manque de discernement de journalistes qui, probablement pressés par le temps et la concurrence d’internet, ont choisi la facilité ?

En tout cas, l’expérience de Shane Fitzgerald est probante : Les journalistes comme tous les internautes, se dirigent naturellement vers le Net quand il s’agit de trouver des informations. Dans le cas de Maurice Jarre, le recoupement des informations aurait permis de soulever la « supercherie ». Wikipedia le rappelle d’ailleurs à de nombreuses reprises dans ses pages : Lorsqu’un contenu n’est pas « sourcé », des alertes apparaissent, conseillant à l’internaute de vérifier les informations. C’est un réflexe qui devrait être automatique : Qu’on soit collégien ou étudiant, journaliste ou internaute lambda, toute recherche sur le Net doit d’une part dépasser les 10 premiers résultats que le moteur de recherche aura proposés et d’autre part être recoupée par différentes sources…

Pour plus d’infos sur cette histoire et sur Wikipédia, écoutez le reportage de France-info (4 minutes d’écoute)

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4 Réponses to “De la fiabilité de Wikipedia : une expérience intéressante”

  1. Benoît Says:

    Vous avez bien raison de conseiller de dépasser les 10 premiers résultats pour aller chercher une information. Alors il faut passer par-dessus Wikipedia qui contient des informations fausses, des textes orientés et de la propagande. Tous ces mauvais passages demeurent bien plus que quelques jours, beaucoup sont inaperçus mais beaucoup ont été validés et sont maintenus contre les tentatives de correction pour rectifier des versions inexactes ou partisanes.

    L’expérience de l’étudiant prouve que les erreurs figurant sur Wikipédia sont reprises et recopiées dans le monde entier, mais elle ne dit ni leur ampleur ni la part de déformations qui ont reçu l’aval de la communauté wikipédienne.

  2. DM Says:

    C’est pourtant simple: il suffit, quand on consulte Wikipédia, d’ignorer les « faits » indiqués sans références, et ne prendre en compte ceux venant avec une référence qu’après vérification par consultation de cette dernière.

    C’est d’ailleurs la grande supériorité de Wikipédia sur, par exemple, le Quid, où l’on ne savait pas où les informations étaient prises.

  3. Benoît Says:

    Il y a une manière de choisir et trier les faits, qui donne des articles orientés.
    Il y a une manière de taire certains faits et de mettre en avant d’autres faits, qui produit des articles orientés.
    Il y a une manière de présenter les faits et une manière de rédiger qui produisent des articles orientés.
    Il y a une manière de privilégier certaines sources au détriment d’autres qui produit des articles orientés. et ainsi de suite.

    Le problème de WP n’est pas d’oublier certains points mineurs, aucune publication n’est parfaite et personne ne lui reproche de ne pas être parfaite.

    Le problème est qu’elle trompe avec ses présentations tendancieuses des faits.

    Sur internet il faut passer par dessus les premières réponses Google et chercher par soi-même les bonnes références, ce qui signifie passer par delà WP et aller soi-même aux sources de l’information avant qu’elle soit remixée par WP. Car ces remixages sont mauvais et tendancieux et rien n’est hiérarchisé, ni les faits, ni les sources.

  4. Wikipédia victime de son succès « ASLN. Aujourd’hui Sur Le Net Says:

    […] De la fiabilité de Wikipédia : une expérience intéressante (1 min de lecture) […]


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