A la découverte du Kindle…

Kobo (Fnac), Bookeen (Cybook), Sony Reader, Kindle (Amazon),… l’offre des liseuses, ces tablettes spécialisées dans la lecture de livre, devient enfin sérieuse tant sur le plan qualitatif que sur celui des tarifs.

Le Kindle, eBook Reader d’origine américaine, est l’un des plus aboutis. Je vous propose de le découvrir à travers un test grandeur nature : pas de mesures comparatives ni de spécifications techniques dans ce test. Juste l’expérience d’un nouvel utilisateur exigent et passionné de nouvelles technos…

OU ACHETER UN KINDLE ?

Le Kindle est fabriqué et distribué par le Cyber-marchand Amazon. Historiquement attaché aux produits culturels, Amazon a décidé de distribuer son propre eBook Reader à un tarif agressif : 99€. Si Amazon perd certainement de l’argent en vendant son appareil à si bas prix, c’est que le modèle économique repose sur la vente de contenus. Le Kindle, c’est un peu la machine Nespresso du livre : Le constructeur ne fait aucun bénéfice sur le machine mais se rattrape sur les consommables. Les capsules de café chez Nespresso, les livres électroniques chez Amazon (Je reviendrai un peu plus tard sur le modèle économique). En toute logique donc, pour acheter un Kindle, le plus pratique reste l’achat en ligne sur Amazon.fr. Mais les amateurs de boutiques réelles pourront toujours trouver leur bonheur chez Virgin qui distribue le Kindle (en ce moment en tout cas) au même tarif, tout comme certains magasins Casino.

OUVERTURE DE LA BOÎTE

L’aspect « carton recyclé » de la boîte surprend un peu. Alors que les constructeurs peaufinent l’aspect de leurs boîte, Amazon semble jouer la carte écolo à fond. Pas plus mal, d’autant qu’Amazon facilite aussi l’ouverture de l’emballage. Tout y est donc « zen » : L’achat à distance, le carton écolo et l’ouverture facile. Une expérience globale plutôt positive… avant même d’avoir touché le produit. Si l’étape du « Unboxing » n’atteint pas le degré d’émotion offert par l’ouverture d’un produit siglé d’une Pomme, il faut reconnaître que le premier contact avec le produit est plutôt agréable.

Dans la boîte : Le Kindle bien sûr, accompagné d’un guide de prise en main et d’un câble à la norme Micro USB. Le guide de prise en main est très succinct. Il suffira aux utilisateurs déjà habitués aux appareils mobiles mais se révèlera à mon avis très insuffisant pour un débutant peu à l’aise avec les nouvelles technologies. Pour eux, un manuel est intégré dans le Kindle. Et oui, il faut s’y faire. Tout appareil électronique se veut désormais utilisable tout de suite, sans notice. La simplicité de leur ergonomie le permet… en théorie.

15€ le chargeur…

Le câble USB permet de charger le Kindle sur son ordinateur. Pratique mais je suis déçu : il n’y a pas d’adaptateur secteur ! Pas très cohérent : Amazon fait la promo du Kindle en précisant qu’on n’a pas besoin d’ordinateur pour utiliser son eBook reader; le Wifi autorise en effet le téléchargement de livre sans passer par une quelconque synchronisation filaire. Un énorme bon point ! Mais alors pourquoi imposer une recharge par USB ? Pour réellement se passer de PC ou de Mac, il faudra mettre la main à la poche : 15€ le chargeur…

PREMIER CONTACT

Mon Dieu que c’est léger ! Voilà ce que vous vous direz certainement lorsque vous sortirez votre Kindle de sa boîte. 170 grammes. Plus léger qu’un livre de poche. Plus fin qu’un magazine… comme dit Amazon. C’est le premier choc… une sorte de « bienvenue au XXIème siècle ! ». Une pression sur le bouton d’allumage. L’appareil se réveille. Amazon a eu la bonne idée de livrer le Kindle avec un peu de batterie histoire de pouvoir jouer avec dès l’ouverture.

Le second choc, c’est la qualité d’affichage. Celui qui n’a jamais aperçu un écran e-link de très bonne qualité (c’est le cas ici) n’aura qu’un réflexe : Caresser l’écran pour s’assurer qu’il n’est pas… en papier ! C’est bluffant et terriblement confortable pour les yeux. On est très loin du fatigant scintillement des tablettes tactiles du type iPad. Ces dernières sont capables d’afficher des livres mais leur technologies (le LCD) associée à des écrans brillants sont fatigants à la longue d’où une sensation d’inconfort au bout de plusieurs minutes de lecture.

Toute la navigation se fait à l’aide du bouton central. L’appareil est réactif mais on regrette quand même que le Kindle ne soit pas tactile. On est tellement habitué à cliquer du doigt l’élément qu’on veut ouvrir, qu’il est difficile de cliquer 8 fois sur la flèche du bas pour atteindre la huitième ligne…

C’EST PARTI !

Première étape : Créer un compte Amazon pour avoir le droit de télécharger des livres. A part la notice, pas grand chose à se mettre sous la dent à l’ouverture de l’appareil. Je pars du principe que je n’ai pas de PC. Je me connecte au Wifi et lance la procédure de création de compte. C’est ultra simple, tout le monde peut le faire. Le seul obstacle reste l’absence de clavier… Tout texte doit être entré à l’aide d’un clavier virtuel sur lequel on navigue grâce au bouton central. Si le déplacement du curseur est très rapide, ça reste tout de même assez rébarbatif : entrer ses nom, prénom, mot de passe, adresse mail,… avec un seul bouton, c’est long, long…La bonne nouvelle, c’est que cette étape est unique et définitive ! Ouf !

TELECHARGER DES LIVRES

1 400 livres dans la main

Amazon annonce plus de 35 000 livres en français sur sa plateforme avec 4 000 références gratuites. C’est le cas des classiques dont les droits sont tombés dans le Domaine Public. Vous y trouverez tout Maupassant, Balzac, Racine, Flaubert et tous les grands auteurs à 0,00€ !! De quoi lire des heures gratuitement et légalement… Quelle aubaine pour un étudiant passionné de littérature !

Le Menu de démarrage n’a rien de sexy. Dommage. La page d’accueil qui affiche les livres téléchargés et les Dossiers (appelés « Collections ») vous plongera dans une interface un peu datée mais efficace. La navigation avec le bouton central est ultra-rapide. C’est la bonne surprise de l’appareil qui, rappelons-le, ne coûte que 99€.

La recherche de titre ou d’auteur se fait à travers le clavier sur lequel il faut sélectionner une à une chaque lettre à l’aide de ce fameux bouton central. C’est peu ergonomique mais une fois les premières lettres tapées, une liste de suggestions toujours pertinentes vous évite d’aller jusqu’au bout d’un titre ou d’un auteur. Une fois le titre sélectionné, l’ouvrage est téléchargé en quelques secondes en Wifi. Un vrai bonheur

LA LECTURE

Un écran comme du papier !

C’est là le vif du sujet. Que vaut la lecture d’un eBook ? Ce qui surprend à l’allumage d’un eBook Reader, c’est l’aspect papier de l’écran. Cette caractéristique joue évidemment un rôle essentiel dans le confort de lecture. Le Kindle est doté d’un excellent écran eInk (encre électronique) qui permet de s’immerger dans une histoire aussi confortablement et aussi longtemps qu’avec un livre papier. L’écran ne présente pas de scintillement ni de reflet… même en plein jour !

Les 170 grammes de la « bête » sont quasiment imperceptibles. La lecture peut durer des heures sans fatigue des bras. Cette qualité devient déterminante lorsque le livre est long. Je suis souvent en déplacement et je n’arrive pas à lire la Biographie de Steve Jobs. Son poids (1kg ?) et sa taille (650 pages) n’ont pas leur place dans ma sacoche ! Sur le Kindle, c’est 170 grammes même avec 1 000 livres sur soi ! (Amazon annonce une capacité de 1 400 eBook). Le transport, parlons-en : Presque imperceptible au milieu d’un sac ou d’une sacoche, le Kindle s’emporte même dans une poche arrière de pantalon. Le seul endroit où je me méfierais un peu, c’est sur la plage. Comme tout appareil mobile, il reste sensible au sable et à l’eau.

Quant à l’autonomie, elle est assez extraordinaire. Amazon annonce un mois à raison de 30 minutes de lecture quotidienne avec Wifi désactivé : ce qu’il faut retenir, c’est qu’un écran e-Ink ne consomme de l’énergie qu’au moment où on change de page et plus généralement quand on modifie l’affichage (écriture sur le clavier, soulignage,…). Une fois l’image figée, l’appareil ne consomme plus d’énergie. La fonction la plus énergivore finalement, c’est le téléchargement de livre par le Wifi. Un Wifi qui peut d’ailleurs être désactivé pour une meilleure autonomie.

Besoin de lire dans le noir ?

LES DEFAUTS

Le Kindle est livré sans protection. Et l’écran reste une zone sensible à la casse et aux rayures. Des protections plus ou moins luxueuses sont en vente sur Amazon.fr. Des pochettes dont certaines sont même pourvues d’une lampe. Pourquoi une lampe ? C’est l’une des plus grosses déceptions du Kindle : Impossible de lire dans le noir. L’écran n’est pas rétro-éclairé. Ce « détail » est commun à toutes les liseuses à base d’e-Ink. De ce côté-là, il n’y a donc pas de progrès par rapport au livre papier…

D’autres défauts sont eux davantage liés au secteur du livre électronique. Parmi eux, on trouve le prix. Difficile de comprendre qu’un fichier informatique qui ne demande aucune impression ni transport ne soit pas sensiblement moins cher que sa version papier. Certes, la TVA sur les eBook est fixée à 19,6% alors qu’elle n’est que de 5,5% sur le livre papier (soit dit en passant, Amazon ne paie pas sa TVA en France). Mais tout de même ! Il arrive qu’un eBook soit plus cher que son équivalent papier ! C’est tout simplement inadmissible ! Dans ces conditions, il ne faut pas rêver à un développement rapide du secteur. Autre écueil de la profession : La peur. La peur de perdre le contrôle de la distribution (comme cela est arrivé aux Majors de la musique), la peur du piratage,… Résultat : les éditeurs semblent parfois freiner des 4 fers le développement d’une offre qui reste trop pauvre… Les éditeurs misent encore tout ou presque sur le bon vieux papier.

DEFAUTS OU QUALITES ?

Certains défauts n’en sont pas forcément. Quand on a un Kindle, un défaut ne saute pas tout de suite aux yeux : on est obligé de s’approvisionner en livre chez Amazon… Format oblige. Le Kindle lit un format propriétaire (le AZW) alors que plusieurs formats cohabitent sur le marché. Le Kindle est notamment incompatible avec le format ePub pourtant très répandu. Mais c’est aussi la base du modèle économique du livre électronique américain. L’appareil est vendu à perte et le constructeur-distributeur se rattrape en margeant sur les livres. Les avantages d’un système fermé comme celui-ci sont simples : Tous les livres proposés par Amazon sont garantis de fonctionner correctement (affichage, annotations, navigation, recherches,…) sur le Kindle. Un compte chez Amazon garde de surcroît en mémoire tous les téléchargements et autorise gratuitement un nouveau téléchargement en cas de perte de l’appareil ou de bug. Ce système qui fonctionne parfaitement chez Apple avec le couple iTunes/iPod (iPhone) fait d’ailleurs des émules : La FNAC propose son Reader maison, le Kobo, et Virgin aussi en partenariat avec Bookeen… Pour contourner ces verrous, les plus avertis utiliseront des convertisseurs de formats : de petits logiciels qui permettent de reformater un livre ePub par exemple en ouvrage lisible par le Kindle. Le logiciel Calibre (gratuit) fait partie de ceux-là.

 Défaut ou qualité ? Le Kindle n’est fait que pour une chose : lire des livres…. et encore des livres. Je passe sur sa capacité à lire les journaux et magazines. Je n’ai pas testé la lecture du Monde ou des Echos sur le Kindle. Ces 2 journaux et d’autres font pourtant partie de l’offre. Une prochaine fois, je testerai. Bref, le Kindle ne lit pas de MP3, ne lit pas de vidéo, ne prend pas de photos, son écran est Noir & Blanc et il est incapable de naviguer sur internet (en fait il est possible de cliquer sur des liens qui figurent dans des articles qui auraient été téléchargés sur le Net via des services comme Instapaper. Mais l’expérience est assez désagréable et je réserve cet article aux débutants qui ont soif de littérature). En contrepartie, le kindle est simplisme, bon marché et il excelle dans sa spécialité.

CONCLUSION

Le Kindle est un fantastique appareil qui laisse sérieusement entrevoir l’inéluctable fin du papier. Les avantages d’un reader sont trop importants pour que le papier lui résiste longtemps. Les éditeurs le savent. A eux de se convaincre que ce n’est pas en améliorant la bougie qu’on a inventé l’ampoule à incandescence…

Pour revenir au Kindle, je rêve d’un modèle tactile, multitouch capable aussi de naviguer sur le Net et de partir à l’assaut des millions d’articles de blogs et sites d’information. En attendant ce modèle, nous attendons impatiemment en France le Kindle Touch, une version tactile et multitouch du Kindle. Plus besoin de bouton, tout s’y commande d’une tape sur l’écran.

Présentation du Kindle Touch

EN RESUME

Qualités: Légèreté, Finesse, Rapidité, Confort de lecture, Prix, Pas besoin d’ordinateur (à condition d’acheter le chargeur mural)

Défauts : Chargeur mural non inclus, Saisie de texte rébarbative, Internet obligatoire -Wifi ou filaire – (j’aurais aimé une 3G gratuite comme sur le Kindle Touch), Prix des livres, catalogue de livres encore pauvre

L’iPad encouragerait le piratage des livres numériques

Hier, j’écrivais quelques lignes autour des espoirs qui se cristallisent autour de l’iPad, la tablette d’Apple. Je me demandais notamment si les éditeurs allaient mettre à profits les enseignements directement tirés des mauvais choix de la filière musicale (prix trop élévé, favorisation de la distribution physique, lutte contre les nouveaux usages,…). Et bien non ! Concernant les tarifs des eBooks, on assiste même à une hausse des prix. Depuis la sortie de l’iPad, Amazon par exemple a cédé sous la pression des éditeurs (MacMillan pour l’instant mais les autres suivront) et a augmenté ses tarifs. Résultat, chez Apple comme chez Amazon, on peut trouver des livres numériques récents  à 13$ et même plus ! C’est la guerre des contenus et Apple a fait monter les enchères pour attirer les grands éditeurs.

Dans un premier temps, les grands perdants… c’est NOUS !! A 14$ (on parie sur 14€ en France ?), un eBook est plus cher qu’un livre de poche ! Pour rappel, un livre numérique n’exige aucun coût de fabrication, impression, stockage ou transport… (coûts de stockage et transport quasi-nuls).

Mais les plus gros perdants risquent bien d’être du côté des éditeurs. Le site Torrent Freak a en effet constaté que depuis le lancement de l’iPad aux Etats-Unis début avril, le volume d’ouvrages présent sur les réseaux P2P a tout simplement explosé ! Le téléchargement illégal d’un livre comme « How we decide » a par exemple augmenté de 140% ! Le choix d’un prix bas pour de plus gros volumes de vente n’a pas été retenu par la filière du livre. C’est dommage car le secteur est en train de prendre le même chemin que celui des Majors du disque.

La méthodologie de Torrent Freaks est intéressante. Le site a voulu s’intéresser aux 10 livres les plus vendus sur Amazon. Mais ceux-là sont absents des réseaux BitTorrent habituels. Cela ne veut pas dire que ces ouvrages ne sont pas présents sur d’autres réseaux pirates. Mais on peut en conclure que le piratage de livres numériques  n’est pas encore aussi répandu que celui qui touche la musique et le cinéma.

Torrent Freak a donc mesuré les échanges concernant 6 best-sellers de la catégorie Business (Amazon) qui sont eux, bien présents sur les réseaux P2P. les mesures ont été relevées durant 6 jours précédant le lancement de l’iPad et les jours suivant celui-ci. Voici le résultat titre par titre, sous forme graphique : Selon le titre concerné, 21 à 140% d’augmentation des téléchargements illégaux ont été constatés.

Qu’est-ce qui entraînerait cette hausse soudaine ? Le tarif trop élevé des eBooks ? la peur des DRM, ces verrous électroniques qui empêchent tout partage de fichier d’un appareil à l’autre ?  Les DRM d’Apple semblent être de la partie comme ils l’ont été des années durant dans le domaine musical. Mais l’iPad accepte parfaitement les eBook qui ne viendraient pas de son store associé (iBook Store) à partir du moment où ils sont au format ePub. Un format ouvert et répandu dans le domaine. Il est par exemple possible de lire sur un ipad un eBook acheté sur une autre plateforme ou converti depuis un autre format (avec le logiciel gratuit Calibre par exemple) à partir du moment où le fichier final est au format ePub non-protégé (sans DRM limitant le fichier à un appareil concurrent en particulier).

Cette ouverture d’Apple, même si elle n’est pas nouvelle (l’iPod a toujours accepté les MP3 sans DRM qu’on pouvait facilement obtenir à partir de CD), est intéressante car elle permet de télécharger légalement des milliers de livres gratuits. Les grands auteurs du domaine public sont accessibles sur des sites comme ebooksgratuits.com. Un site qui héberge aussi des livres récents. Le Projet Gutenberg héberge également des milliers de titres gratuits et légaux (attention, les droits peuvent être différents selon le pays duquel on télécharge) qu’on peut downloader en quelques secondes. Autre piste et non des moindres : livrespourtous.com. Un espace permettant de télécharger gratuitement livres, BD, dictionnaires, etc.

Je serai certainement amené a traiter ce sujet (les contenus gratuits) en profondeur une fois l’iPad disponible sur notre territoire.

Source

L’iPad va-t-il révolutionner l’informatique personnelle ?

Le 27 janvier 2010, Apple révélait au monde (numérique ?) son dernier produit star : l’iPad. Une tablette tactile, sorte de gros iPhone survitaminé qui doit révolutionner notre rapport à l’ordinateur et pourquoi pas relancer plusieurs marchés plutôt mal en point, à savoir, la presse quotidienne, la presse magazine et l’édition littéraire.

Passons rapidement sur son aspect, assez fidèle à l’esthétique Apple même si personnellement, je regrette un peu le nom (iPad) que je ne trouve pas fantastique. Je devrais m’habituer; il me semble qu’à la sortie de l’iPod, le nom sonnait bizarrement aussi. Ajoutons cependant qu’aux Etats-Unis, le mot « pad » sert à décrire les serviettes hygiéniques que nos belles utilisent régulièrement; un beau terreau pour les humoristes de tous horizons. Je regrette également la bande noire, trop large à mon goût, qui ceinture l’écran comme sur l’iMac et le MacBook. Enfin, je trouve les icônes trop petites surtout lorsqu’il y en a peu… En dehors de ces détails cosmétiques, l’esthétique reste dans la continuité du travail de Jonathan Ive (Designer en chef de la marque à la Pomme) : écran en verre, habillage d’aluminium, un seul bouton (façon iPhone et iPod Touch), un poids plume (- de 700gr, soit 2 fois moins que le MacBook Air déjà très léger) et une finesse à couper le souffle (1,3 cm) pour une émotion certaine lors de la prise en main.

L’iPAD VA-T-IL REVOLUTIONNER L’ORDINATEUR ?

Le matériel informatique connaît une vraie révolution depuis 2 années. Alors que l’ordinateur de bureau (Desktop) et l’ordinateur portables (Laptop) se partageaient à eux seuls les marchés personnels et professionnels de l’informatique, un nouveau produit a fait exploser ce schéma : Le NetBook. Cette race de Mini-portable bon marché lancé d’abord par la marque ASUS avec l’Eee PC a envahi les rayons des spécialistes de matériel technologique, tant sur le Net que dans le commerce traditionnel. Ces appareils représentent désormais plus de 20% des ventes de PC portables. Ils sont très bon marché (à partir de 200€), très transportables car petits (écran à partir de 7″) et légers. Ils répondent aux besoins quotidiens de la plupart des utilisateurs : navigation sur le Web, lecture et envoi de mail, fréquentation d’un réseau social type facebook, bureautique légère,…

L’Eee PC d’ASUS et ses congénères ont bouleversé le marché du PC portable

Apple a son idée du Netbook. Toutes les grandes marques s’y sont mises : Toshiba, Dell, Acer, etc. Apple, grand absente de ce marché low cost est toujours restée ferme sur ses convictions : Les Netbook sont des produits de mauvaise qualité, peu puissants, peu ergonomiques et peu fiables. On ne peut pas faire un bon appareil pour un tarif aussi bas ! La version du Netbook d’Apple suit une toute autre philosophie : Comme tout Netbook, il a « peu » de mémoire interne (toutes nos données sont censées être stockées sur des serveurs externes) et ne dispose pas de lecteur ou graveur de CD/DVD. Ces 2 caractéristiques permettent d’alléger et affiner considérablement la machine pour une meilleure portabilité. Là où l’état d’esprit Apple diverge sensiblement de la concurrence c’est que pour Steve Jobs (CEO d’Apple) un ultra-portable doit disposer d’une puissance, d’un confort de travail (taille du clavier et de l’écran notamment), d’une finition (celle des NetBook est simplement affligeante) et d’une ergonomie de haut niveau. Le MacBook Air répond à toutes ces exigences. Mais les tarifs s’envolent (à partir de 1 400€), et on ne parle plus de PC low cost ! Si l’appareil ne permet pas de faire du montage ou du calcul 3D de haute volée, il autorise le multi-tâches et la plupart des activités informatiques dans une enveloppe d’une extrême finesse et d’une incroyable légèreté.

MacBook Air : Le NetBook surpuissant d’Apple

L’iPad, l’ordinateur le plus simple du monde. En proposant une machine qui se positionne assez clairement entre un iPhone (qui est en réalité un ordinateur miniaturisé) et un MacBook (nom générique des ordinateurs portables Apple), Apple est peut-être aussi en train de réinventer l’informatique personnelle. Naviguer sur internet, créer et éditer des documents (présentation, tableau, traitement de texte), écouter de la musique, gérer, partager et profiter de ses photos, etc; tout ça est possible sur l’iPad avec une simplicité qui peut s’avérer « déroutante ». Tout l’aspect informatique est caché, dissimulé derrière des pop up et autres menus automatiques qui rendent la mécanique transparente. Une révolution ergonomique qui peut dérouter les « power users », ceux qui utilisent au quotidien, plus de 10% des capacités de leur machine de bureau ! Ceux-là se demanderont comment on duplique un fichier, comment on gère des dizaines de projets, etc, sans barre de menu, sans Dock, sans Bureau… bref, comment on fait sans Finder…

L’iPad : entre l’iPhone et le MacBook, va-t-il tuer les Netbook ?

Mais à qui s’adresse l’iPad ? Au tout venant.  A ceux qui aiment accéder à internet ou à leur réseau social dans de bonnes conditions de visualisation (affichage pleine page). A ceux qui désirent écrire des mails avec un clavier utilisable à 2 mains. A ceux qui veulent mettre à jour leur blog confortablement. A ceux qui sont allergiques à l’informatique, aux utilisateurs ultra-mobiles,… Bref à ceux qui utilisent déjà un Netbook ! Alors l’iPad va-t-il tuer les Netbook ? Si ces derniers sont très bon marché, les moins onéreux sont clairement de mauvaise facture : leur puissance et leur qualité ne sont pas comparables à l’iPad (même si on ne connaît pas encore précisément la puissance de la bête). Les Netbook acceptables en terme de puissance, d’ergonomie et de fiabilité tournent autour de 450€. Soit quelques dizaines d’euros en dessous de l’iPad qui débute lui à 499$ (il y a des chances qu’il soit vendu 499€ en France). Précisons que pour ce tarif, la qualité de finition d’un iPad est exceptionnelle : verre et aluminium. Le segment des Netbook, qui dynamise le marché de l’ordinateur personnel depuis plusieurs mois, voit donc arriver un concurrent très sérieux. L’iPad, un NetBook killer ? La réponse dans quelques mois.

La démonstration faite autour de la suite bureautique iWork (Pages, Numbers et Keynotes) a d’ailleurs été bluffante. Les logiciels déjà existants dans l’univers Mac ont totalement été repensés pour une utilisation nomade et tactile ! Une nouvelle fois, Apple réinvente le rapport homme-machine… même s’il n’y a pas une grande différence avec l’iPhone; certains le regretteront… La saisie et le redimensionnement tactiles des objets / texte sont tout simplement révolutionnaires. La fluidité des opérations donnaient d’ailleurs une petite idée de la puissance de la machine. A cette puissance s’ajoute une autonomie annoncée record : 10 heures en utilisation, 1 mois en veille ! Le rêve pour tout utilisateur ultra-mobile qui se respecte ! Des données exceptionnelles à prendre avec des pincettes ! Personnellement, j’enlève systématiquement 30 ou 40% à ce genre de valeurs…

Petits bémols tout de même :

- l’iPad n’est pas autonome. De la présentation de Steve Jobs, on retiendra que la machine a besoin de se synchroniser avec un Mac ou un PC ! Comme avec l’iPhone, il faut donc déjà être équipé. L’iPad ne sait pas nativement récupérer des fichiers par transfert USB ou même par Wifi. Toute récupération de données (Photos, musique, vidéos,…) se fait par câble via iTunes, la plaque tournante du business de l’écosystème Apple. Ce qui est acceptable voire tout à fait logique pour un iPhone un iPod Touch, ne l’est plus tellement pour une tablette censée préfigurer l’informatique et l’ordinateur de demain ! Cependant, comme sur l’iPhone, des applications tierces permettront certainement de transférer par les airs toute forme de fichiers : word, pdf,…

- L’absence remarquée de clavier posera sans doute quelques problèmes. Même si l’efficacité du clavier virtuel se confirme, il ne permettra pas pour autant de taper confortablement un document de 5 000 caractères… Quant au « dock + clavier » en option, n’étant pas pliable, sa transportabilité en est très réduite…

Présentation de Keynotes, Pages et Numbers, la suite bureautique d’Apple adaptée à l’iPad

L’iPAD VA-T-IL SAUVER LA PRESSE ?

La tablette à la Pomme va exploser 2 boulets : Les rotatives et les NMPP (Presstalis). Lors de la Keynote de mercredi, la démonstration réalisée autour du New York Times donne à mon avis une idée de la presse du futur :  Texte, lien, vidéo, son et toutes formes de contenus susceptibles de transmettre de l’information sont ici réunis à travers un journal « transportable » entièrement repensé. Avec une telle machine et de tels contenus, on peut très bien imaginer un journal ultra-personnalisé et hyper-localisé ! Chacun aura un journal répondant à ses propres besoins, ses propres centres d’intérets. Et si les contenus peuvent être localisés, les publicités peuvent l’être aussi ! Un outil aussi puissant ne peut pas être ignoré par les journaux. Ces derniers sont aujourd’hui en panique. Ils ne savent plus quoi faire sur le Net : être gratuit ? Payant ? Semi-gratuit ? Faire payer et perdre 30% de lecteurs voire plus ? Etre gratuit et ne compter que sur des ressources publicitaires pas assez rémunératrices ? Sur Internet, Le Monde, Libération, La Tribune, Les Echos et les autres n’existent plus ! Leur marque disparaît au profit de l’info elle-même… Les internautes vont sur Google News ou utilisent le champ de recherche de leur « browser » préféré (Google, Yahoo!, Bing,…). Un récent sondage réalisé par le Cabinet de conseil Outsell a révélé que si 57% des sondés en quête d’information se tournent vers des moyens numériques, seuls 8% se dirigent directement vers les sites de média ! Et 50% des utilisateurs de Google News (agrégateur d’informations) ne lisent que les titres !

LiPad est à mon sens une formidable opportunité pour les journaux. Le moyen d’exister à nouveau. L’iPad est une plateforme ! Un espace qui doit permettre à quiconque de créer son business… Les grands titres ne doivent pas laisser passer leur chance… L’iPad va de surcroît bénéficier de la mécanique marketing d’Apple, du buzz naturel généré par la marque et ses fans (voir vidéo ci-dessous). Autant dire qu’il faut se précipiter.

Apple place son produit lors des Grammy Awards alors

que le produit est à 2 mois de sa sortie commerciale !

La tablette annonce probablement le début de la fin pour 2 énormes boulets financiers propres à la presse : les rotatives et le système de diffusion français dit Presstalis (anciennement NMPP) qui détient un quasi-monopole de la distribution de la presse française sur notre territoire et dans le monde. Les grands journaux (versions papier et numérique ne faisant plus qu’un) vont pouvoir se concentrer sur le coeur de leur métier : trouver, analyser et transmettre l’information. Ils seront maîtres de leur destin et pourront concentrer leurs ressources financières et humaines sur les contenus ! Ils vont enfin pouvoir être instantanément là où se trouvent leurs lecteurs : dans le métro, dans l’avion, à leur bureau, dans leurs toilettes, à la table de leur déjeuner, dans leur salon, dans une salle d’attente, dans un confortable fauteuil… Cette nouvelle opportunité ne doit cependant pas faire oublier que la concurrence restera rude : les « pure player », ces sites, blogs et portails exclusivement présent sur le Web auront la même stratégie. Et si les journaux persistent à diffuser une majorité de dépêches d’agences de presse (AFP, Eureka, Belga,…) sans autre valeur ajoutée, les désillusions seront grandes. D’autant que l’épineux sujet des tarifs peut lui aussi tout faire basculer ! Combien coûtera un abonnement mensuel au Monde ou au Figaro dans sa version iPad ? Voilà un facteur déterminant pour l’avenir de la presse…

Démo du New York Times sur l’iPad. Le journal a été adapté en 3 semaines seulement

L’iPAD VA-T-IL (RE)LANCER LE LIVRE NUMERIQUE ?

Le marché de l’eBook est tout juste naissant. Alors que les fabricants de lecteurs subissent et entretiennent à la fois plusieurs conflits de formats (ePub, PDF, MobiPocket,…), aucun n’est capable de permettre à ses clients d’avoir accès à la totalité des titres disponibles sur le marché ! Ces titres étant de surcroît répartis sur des plateformes concurrentes disséminées sur la Toile… Incidemment, aucun eBook Reader ne permet de lire à la fois un livre, un magazine, une BD et un journal. Pour des raisons qui sont également techniques (affichage de la couleur, taille de l’écran,…), chacun travaille dans son coin. Ces facteurs sont, à mon avis, déterminants dans le développement du marché. Comment peut-on espérer réussir en vendant un lecteur de journaux à 300€ si celui-ci n’est compatible qu’avec un seul titre ? Comment Sony peut-il correctement vendre son e-reader s’il ne peut pas proposer la quasi-totalité des catalogues français ? Ne blâmons pas trop la haute frilosité des éditeurs. Ceux-là sont traumatisés par le sort subi par la musique numérique. Les éditeurs ne veulent pas voir leurs contenus piratés et échangés illégalement sur le Net. Les éditeurs ne veulent pas non plus se retrouver à la merci d’un distributeur devenu trop puissant comme c’est le cas dans l’univers musical avec iTunes ! Les déclarations de Steve Jobs lors de la Keynote ne vont pas les rassurer. Apple est en train de mettre sur pieds un Book Store qui sera intimement lié à l’iPad, comme l’iTune Store et l’AppStore l’ont été avec l’iPod puis l’iPhone / iPod Touch.

Apple ne propose pas un livre électronique. L’iPad est un ordinateur capable dans l’absolu de lire n’importe quel contenu. L’iPad est de surcroît physiquement adapté à la lecture de livres, de BD, de magazines ou de journaux. Le Noir & Blanc, la couleur, le son, la vidéo, tout lui est permis ! La démonstration effectuée lors de la Keynote de Steve Jobs a révélé une interface léchée, fluide et ultra-intuitive pour la lecture de livre. Autant dire que de ce point de vue-là, les eBook reader sont enterrés ! On peut même imaginer l’appareil dans les mains des étudiants et écoliers de France et de Navarre. L’iPad préfigure-t-il le fameux cartable électronique dont on entend parler depuis des années ?

Le culte que l’humanité voue au livre papier va-t-il s’estomper devant un support mobile affichant texte,

vidéo, animations et capable d’exploiter la puissance des liens ?

N’ayant pas manipulé la machine, je me pose quand même 2 questions. Quid du confort de lecture sur un écran LCD de surcroît recouvert d’une vitre en verre ? Si une chose est impressionnante sur un eBook reader exploitant les qualités de l’e-Ink (encre électronique), c’est son affichage qui imite parfaitement le papier : pas de brillance, pas de reflet, pas de scintillement. L’iPad peut-il rivaliser avec le Kindle ou l’eReader sur ce plan-là ? La lumière tamisée de la Keynote ne permet pas de savoir si on peut correctement lire son journal ou son livre sur le siège d’un bus en pleine journée. Quid de ce même confort après une heure de lecture sur un appareil qui pèse 700gr ? Car si l’iPad est léger pour un Mac ultra-mobile, il est 2 fois plus lourd que le Kindle d’Amazon, eBook reader très populaire aux Etats-Unis.

Quant aux contenus, c’est pour l’instant la grande inconnue, en tout cas pour les titres français… Plusieurs Editeurs ont été annoncés comme partenaires de l’iPad. En dehors d’Hachette, tous sont spécialisés dans les contenus en langue anglaise. Il faut d’ailleurs noter que les pages françaises d’Apple dédiés à l’iPad ont tout simplement évacué la fonction eBook !! La boutique de livres (iBook) est en revanche bien annoncées sur les pages américaines. Les choses auront-elles changé d’ici fin mars (date de sortie de l’iPad) ? Les éditeurs français ont-ils peur d’Apple et de l’hégémonie orchestrée par le géant californien dans le domaine musical (iTunes est la propriété de la marque à la Pomme) ? C’est certain, Apple tentera avec son Book Store de réitérer une stratégie très bien menée sur le marché de la musique numérique : proposer un catalogue quasi-exhaustif exploitant autant les hits que la longue traîne du marché. Forcer les lecteurs à posséder un iPad…

L’iPAD : UNE CONSOLE DE JEUX ?

Je ne suis pas un grand amateur de jeux vidéos mais comme des millions de personnes, j’ai succombé aux plaisir des casual games, ces jeux destinés aux joueurs occasionnels : pas d’univers ou de niveaux infinis, pas de règles sibyllines, pas de commandes par dizaines,… juste de quoi s’amuser de façon innovante et originale (commandes tactiles, accéléromètre,…) le temps d’un métro, d’un dîner entre amis ou d’une attente chez le médecin. Si l’iPad assure la continuité de ce côté-là (les jeux iPhone et iPod Touch sont compatibles), la tablette deviendra peut-être un vrai concurrent des PSP Go (Sony) et autre Nintendo DS. Aucune console portable ne propose un écran aussi grand et une expérience aussi immersive et originale. L’adaptation de certains hits (GTA, Assassin’s Creed,…) et l’imagination des studios feront le reste. Encore une fois, si la démo de la Keynote donnait une idée du potentiel, seule l’expertise des éditeurs et joueurs pourront valider ou non la qualité de la machine et du gameplay.

Jouer sur l’iPad ? Petites démos alléchantes

Pour voir la Keynote dans son intégralité, rendez-vous sur cette page.

Presse en ligne : la fin de la gratuité ?

Rupert Murdoch, le Boss charismatique de NewsCorp (20th Century Fox, Fox tv, MySpace, The Wall Street Journal, The Times, The Sun,…) change radicalement de stratégie : lui qui défendait la gratuité de la presse en ligne, censée récupérer ses fonds grâce à la publicité, vient d’annoncer que les sites associés à ses journaux anglais (The Times, The Sun,…) seraient payant dès 2010 !!

Les revenus publicitaires en ligne ayant toujours été bien plus faibles que dans la presse papier, la chute des ventes des journaux et magazines en kiosque n’a jamais pû être compensée par la montée en puissance pourtant non négligeable des sites d’information lancés par les grands titres de la presse traditionnelle. Exsangue, la grande presse, qu’elle soit française, britannique ou américaine, hésite pourtant à faire payer l’accès à ses sites. La raison en est simple : l’information générale et spécialisée est accessible gratuitement et librement sur la Toile ! Les sources d’informations gratuites sont illimitées et pour pas un sou !! Abondance, gratuité; comment lutter ? Le fait est que l’accès à plusieurs sources, même de qualité inégale, associées à leurs liens et à leurs commentaires, satisfait des millions d’internautes qui ne voient pas pourquoi ils paieraient ce qui est par ailleurs gratuit.

Les articles de la presse traditionnelle en ligne sont-ils meilleurs que les contenus de sites et blogs gratuits ? Je suis moi-même un grand consommateur d’informations en ligne et voilà mon raisonnement : je me sers d’internet (Google News, presse en ligne gratuite, blogs, sites spécialisés,…) au quotidien. Cela me permet de rester en contact avec l’information chaude, celle, grosso modo, que tous les médias traitent. Je pense que la presse en ligne n’a aucune raison de faire payer ce genre d’information ! La valeur ajoutée des journalistes professionnels est dans ce cas-là pas évidente. Je suis également un grand consommateur de presse traditionnelle (techno, éco, politique, société,…) parce que j’ai le sentiment d’y trouver des enquêtes et dossiers qui, à mon avis, ne sont réalisables qu’avec les moyens que se donne une rédaction professionnelle. Ces contenus à grande valeur ajoutés n’ont aucune raison d’être gratuits sur le Net ! Aux journaux de convaincre les lecteurs de payer pour la qualité ! Un visiteur du monde.fr doit à un moment donné être séduit par le titre, l’accroche et… le prix d’un dossier payant. D’autre part, si les la qualité des articles gratuits du monde.fr est médiocre, il y a peu de chance que le visiteur soit séduit par l’offre payante. Ma remarque n’est pas innocente : arpentant des dizaines de sites chaque jour, je ne peux m’empêcher de pester contre les « faux » articles d’une presse professionnelle en ligne qui se contente de diffuser les dépêches AFP brutes de décoffrage. Pas d’analyse, pas de valeur ajoutée… ce n’est pas cette tendance qui séduira l’internaute.  Alors que la presse dite sérieuse accuse internet de manquer de fond et d’analyse, j’ai parfois l’impression qu’en ce qui les concerne, les agences de presse font l’information…

En France, bien avant Murdoch, Edwy Plenel, ancien du Monde, a fait le pari des contenus payants. Il a lancé MediaPart, un journal 100% web payant. Pour lui, le paiement est la garantie d’une indépendance et d’une qualité rédactionnelles que les sites gratuits et les journaux financés par la publicité et leur maison-mère (de grands groupes industriels) sont incapables d’assurer.

Pour rester sur mon expérience personnelle de la presse, je terminerai en parlant d’un problème de support. Commençons par la presse papier : comment une rédaction peut-elle imaginer séduire les consommateurs en 2009 en leur proposant un support d’un autre âge ? Vous avez mesuré la taille d’un quotidien une fois ouvert ? Vous trouvez ça moderne d’être obligé de plier votre journal en 6 pour pouvoir le lire dans le métro ? Une fois plié et lu, jetez un oeil sur vos mains ! Noires ! comme il y a 100 ans !!! Et pourquoi noires ? parce que tout est noir et blanc dans votre journal ! Quelle industrie oserait se plaindre de ne plus vendre quand elle a sur le marché un produit d’un tel anachronisme ? Quant à la presse en ligne, qu’elle soit générale ou spécialisée, j’ai le sentiment que son modèle payant décollera le jour où il existera un vrai eBook (livre électronique) capable de télécharger et afficher n’importe quel contenu rédactionnel : magazine, quotidien, livre,… Un outil capable de réunir les qualités d’un journal papier (lisibilité, mobilité,…) et celle de la presse en ligne (temps réel, hyperliens, archives,…). La guerre des formats, celle des titres, celle des constructeurs font que cet appareil n’existe pas encore mais c’est inéluctable… La survie et le destin de la presse en dépendent.

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Enième tentative pour l’e-book

C’est SONY qui s’y colle. La marque d’électronique proposera dans le courant du mois d’octobre son eReader pour environ 300€. Le partenariat Sony/Fnac/Hachette mis en place pour l’occasion permettra peut-être une vraie émergence du livre électronique qui peine à convaincre le public. Amazon, qui a lancé le Kindle aux Etats-Unis se dit satisfait des ventes : 240 000 kindles vendus en 10 mois; pas mal, d’autant qu’associé à la vente de livres électroniques (contenus), le business, semble-t-il, dépasse déjà les 100 millions de $.

En France, rien… il y a bien eu des tentatives mais toutes ont avorté : appareil cher, contenus quasi-inexistants,… les causes ne manquent pas. Sony reussira-t-il à imposer son eReader ? La Fnac semble bien être un bon choix (1er distributeur de livres en France) et le partenariat avec Hachette (Fayard, Grasset, Calmann-Levy) permet de proposer tout de suite 2 000 ouvrages en version électronique; en plus de titres disponibles gratuitement sur le Net.

Mais plusieurs défauts subsistent : impossible par exemple de télécharger un livre sans fil (wifi); pour acheter un livre, il faut donc être devant un PC et y être connecté physiquement (câble). Notons au passage, que Windows XP ou Vista sont nécessaires ce qui exclut l’utilisation d’un Mac. L’eBook de Sony n’accepte pas les contenus que la presse (magazines, journaux,…) propose sur différents sites internet… Dommage, car les contenus existent….

D’autre part, rien ne dit si l’ergonomie du produit sera convaincante. L’appareil n’est pas tactile, ne propose pas de connexion sans fil (histoire de télécharger un livre depuis un lieu public proposant le Wifi gratuit), il n’est pas possible de faire une recherche dans l’ouvrage et la réactivité de l’interface est plutôt lente. C’est d’ailleurs le point commun à tous les modèles que j’ai pu manipuler lors d’une visite au dernier Salon du livre à Paris.

L’eReader de Sony a cependant de grandes qualités; léger (260g), fin (8 mm) et plus compacte qu’un livre de poche (122 x 175mm), il est compatible avec de nombreux formats : EPUB (le format de livre électronique le plus répandu), Pdf, Txt, Word, Photo (JPEG, GIF, PNG, BMP noir & blanc), MP3 et AAC pour une écoute musicale pendant la lecture ! Il est très lisible (l’encre électronique « eInk » ne scintille pas) et peut embarquer l’équivalent de 160 livres (extensible à 13 000 avec une mémoire MemoryStick de 16 Go !!) . L’autonomie autorise la lecture de 7 000 pages. la recharge demande 4 heures depuis un PC (USB) et 2 heures depuis une prise secteur.

Lancé en Angleterre, cet eBook a selon Sony fait un carton puisque les 10 000 appareils vendus en 15 jours Outre-Manche ont créé une rupture de stock.

D’autres infos dans l’article du point.fr (3 min de lecture). Le magazine papier du Point publiera un test complet de l’eReader dans son édition du 2 octobre 2008.

Découvrez l’appareil sur le site de Sony

[mise à jour : test dispo sur lesnumériques.com]

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