L’iPad va-t-il révolutionner l’informatique personnelle ?

Le 27 janvier 2010, Apple révélait au monde (numérique ?) son dernier produit star : l’iPad. Une tablette tactile, sorte de gros iPhone survitaminé qui doit révolutionner notre rapport à l’ordinateur et pourquoi pas relancer plusieurs marchés plutôt mal en point, à savoir, la presse quotidienne, la presse magazine et l’édition littéraire.

Passons rapidement sur son aspect, assez fidèle à l’esthétique Apple même si personnellement, je regrette un peu le nom (iPad) que je ne trouve pas fantastique. Je devrais m’habituer; il me semble qu’à la sortie de l’iPod, le nom sonnait bizarrement aussi. Ajoutons cependant qu’aux Etats-Unis, le mot « pad » sert à décrire les serviettes hygiéniques que nos belles utilisent régulièrement; un beau terreau pour les humoristes de tous horizons. Je regrette également la bande noire, trop large à mon goût, qui ceinture l’écran comme sur l’iMac et le MacBook. Enfin, je trouve les icônes trop petites surtout lorsqu’il y en a peu… En dehors de ces détails cosmétiques, l’esthétique reste dans la continuité du travail de Jonathan Ive (Designer en chef de la marque à la Pomme) : écran en verre, habillage d’aluminium, un seul bouton (façon iPhone et iPod Touch), un poids plume (- de 700gr, soit 2 fois moins que le MacBook Air déjà très léger) et une finesse à couper le souffle (1,3 cm) pour une émotion certaine lors de la prise en main.

L’iPAD VA-T-IL REVOLUTIONNER L’ORDINATEUR ?

Le matériel informatique connaît une vraie révolution depuis 2 années. Alors que l’ordinateur de bureau (Desktop) et l’ordinateur portables (Laptop) se partageaient à eux seuls les marchés personnels et professionnels de l’informatique, un nouveau produit a fait exploser ce schéma : Le NetBook. Cette race de Mini-portable bon marché lancé d’abord par la marque ASUS avec l’Eee PC a envahi les rayons des spécialistes de matériel technologique, tant sur le Net que dans le commerce traditionnel. Ces appareils représentent désormais plus de 20% des ventes de PC portables. Ils sont très bon marché (à partir de 200€), très transportables car petits (écran à partir de 7″) et légers. Ils répondent aux besoins quotidiens de la plupart des utilisateurs : navigation sur le Web, lecture et envoi de mail, fréquentation d’un réseau social type facebook, bureautique légère,…

L’Eee PC d’ASUS et ses congénères ont bouleversé le marché du PC portable

Apple a son idée du Netbook. Toutes les grandes marques s’y sont mises : Toshiba, Dell, Acer, etc. Apple, grand absente de ce marché low cost est toujours restée ferme sur ses convictions : Les Netbook sont des produits de mauvaise qualité, peu puissants, peu ergonomiques et peu fiables. On ne peut pas faire un bon appareil pour un tarif aussi bas ! La version du Netbook d’Apple suit une toute autre philosophie : Comme tout Netbook, il a « peu » de mémoire interne (toutes nos données sont censées être stockées sur des serveurs externes) et ne dispose pas de lecteur ou graveur de CD/DVD. Ces 2 caractéristiques permettent d’alléger et affiner considérablement la machine pour une meilleure portabilité. Là où l’état d’esprit Apple diverge sensiblement de la concurrence c’est que pour Steve Jobs (CEO d’Apple) un ultra-portable doit disposer d’une puissance, d’un confort de travail (taille du clavier et de l’écran notamment), d’une finition (celle des NetBook est simplement affligeante) et d’une ergonomie de haut niveau. Le MacBook Air répond à toutes ces exigences. Mais les tarifs s’envolent (à partir de 1 400€), et on ne parle plus de PC low cost ! Si l’appareil ne permet pas de faire du montage ou du calcul 3D de haute volée, il autorise le multi-tâches et la plupart des activités informatiques dans une enveloppe d’une extrême finesse et d’une incroyable légèreté.

MacBook Air : Le NetBook surpuissant d’Apple

L’iPad, l’ordinateur le plus simple du monde. En proposant une machine qui se positionne assez clairement entre un iPhone (qui est en réalité un ordinateur miniaturisé) et un MacBook (nom générique des ordinateurs portables Apple), Apple est peut-être aussi en train de réinventer l’informatique personnelle. Naviguer sur internet, créer et éditer des documents (présentation, tableau, traitement de texte), écouter de la musique, gérer, partager et profiter de ses photos, etc; tout ça est possible sur l’iPad avec une simplicité qui peut s’avérer « déroutante ». Tout l’aspect informatique est caché, dissimulé derrière des pop up et autres menus automatiques qui rendent la mécanique transparente. Une révolution ergonomique qui peut dérouter les « power users », ceux qui utilisent au quotidien, plus de 10% des capacités de leur machine de bureau ! Ceux-là se demanderont comment on duplique un fichier, comment on gère des dizaines de projets, etc, sans barre de menu, sans Dock, sans Bureau… bref, comment on fait sans Finder…

L’iPad : entre l’iPhone et le MacBook, va-t-il tuer les Netbook ?

Mais à qui s’adresse l’iPad ? Au tout venant.  A ceux qui aiment accéder à internet ou à leur réseau social dans de bonnes conditions de visualisation (affichage pleine page). A ceux qui désirent écrire des mails avec un clavier utilisable à 2 mains. A ceux qui veulent mettre à jour leur blog confortablement. A ceux qui sont allergiques à l’informatique, aux utilisateurs ultra-mobiles,… Bref à ceux qui utilisent déjà un Netbook ! Alors l’iPad va-t-il tuer les Netbook ? Si ces derniers sont très bon marché, les moins onéreux sont clairement de mauvaise facture : leur puissance et leur qualité ne sont pas comparables à l’iPad (même si on ne connaît pas encore précisément la puissance de la bête). Les Netbook acceptables en terme de puissance, d’ergonomie et de fiabilité tournent autour de 450€. Soit quelques dizaines d’euros en dessous de l’iPad qui débute lui à 499$ (il y a des chances qu’il soit vendu 499€ en France). Précisons que pour ce tarif, la qualité de finition d’un iPad est exceptionnelle : verre et aluminium. Le segment des Netbook, qui dynamise le marché de l’ordinateur personnel depuis plusieurs mois, voit donc arriver un concurrent très sérieux. L’iPad, un NetBook killer ? La réponse dans quelques mois.

La démonstration faite autour de la suite bureautique iWork (Pages, Numbers et Keynotes) a d’ailleurs été bluffante. Les logiciels déjà existants dans l’univers Mac ont totalement été repensés pour une utilisation nomade et tactile ! Une nouvelle fois, Apple réinvente le rapport homme-machine… même s’il n’y a pas une grande différence avec l’iPhone; certains le regretteront… La saisie et le redimensionnement tactiles des objets / texte sont tout simplement révolutionnaires. La fluidité des opérations donnaient d’ailleurs une petite idée de la puissance de la machine. A cette puissance s’ajoute une autonomie annoncée record : 10 heures en utilisation, 1 mois en veille ! Le rêve pour tout utilisateur ultra-mobile qui se respecte ! Des données exceptionnelles à prendre avec des pincettes ! Personnellement, j’enlève systématiquement 30 ou 40% à ce genre de valeurs…

Petits bémols tout de même :

- l’iPad n’est pas autonome. De la présentation de Steve Jobs, on retiendra que la machine a besoin de se synchroniser avec un Mac ou un PC ! Comme avec l’iPhone, il faut donc déjà être équipé. L’iPad ne sait pas nativement récupérer des fichiers par transfert USB ou même par Wifi. Toute récupération de données (Photos, musique, vidéos,…) se fait par câble via iTunes, la plaque tournante du business de l’écosystème Apple. Ce qui est acceptable voire tout à fait logique pour un iPhone un iPod Touch, ne l’est plus tellement pour une tablette censée préfigurer l’informatique et l’ordinateur de demain ! Cependant, comme sur l’iPhone, des applications tierces permettront certainement de transférer par les airs toute forme de fichiers : word, pdf,…

- L’absence remarquée de clavier posera sans doute quelques problèmes. Même si l’efficacité du clavier virtuel se confirme, il ne permettra pas pour autant de taper confortablement un document de 5 000 caractères… Quant au « dock + clavier » en option, n’étant pas pliable, sa transportabilité en est très réduite…

Présentation de Keynotes, Pages et Numbers, la suite bureautique d’Apple adaptée à l’iPad

L’iPAD VA-T-IL SAUVER LA PRESSE ?

La tablette à la Pomme va exploser 2 boulets : Les rotatives et les NMPP (Presstalis). Lors de la Keynote de mercredi, la démonstration réalisée autour du New York Times donne à mon avis une idée de la presse du futur :  Texte, lien, vidéo, son et toutes formes de contenus susceptibles de transmettre de l’information sont ici réunis à travers un journal « transportable » entièrement repensé. Avec une telle machine et de tels contenus, on peut très bien imaginer un journal ultra-personnalisé et hyper-localisé ! Chacun aura un journal répondant à ses propres besoins, ses propres centres d’intérets. Et si les contenus peuvent être localisés, les publicités peuvent l’être aussi ! Un outil aussi puissant ne peut pas être ignoré par les journaux. Ces derniers sont aujourd’hui en panique. Ils ne savent plus quoi faire sur le Net : être gratuit ? Payant ? Semi-gratuit ? Faire payer et perdre 30% de lecteurs voire plus ? Etre gratuit et ne compter que sur des ressources publicitaires pas assez rémunératrices ? Sur Internet, Le Monde, Libération, La Tribune, Les Echos et les autres n’existent plus ! Leur marque disparaît au profit de l’info elle-même… Les internautes vont sur Google News ou utilisent le champ de recherche de leur « browser » préféré (Google, Yahoo!, Bing,…). Un récent sondage réalisé par le Cabinet de conseil Outsell a révélé que si 57% des sondés en quête d’information se tournent vers des moyens numériques, seuls 8% se dirigent directement vers les sites de média ! Et 50% des utilisateurs de Google News (agrégateur d’informations) ne lisent que les titres !

LiPad est à mon sens une formidable opportunité pour les journaux. Le moyen d’exister à nouveau. L’iPad est une plateforme ! Un espace qui doit permettre à quiconque de créer son business… Les grands titres ne doivent pas laisser passer leur chance… L’iPad va de surcroît bénéficier de la mécanique marketing d’Apple, du buzz naturel généré par la marque et ses fans (voir vidéo ci-dessous). Autant dire qu’il faut se précipiter.

Apple place son produit lors des Grammy Awards alors

que le produit est à 2 mois de sa sortie commerciale !

La tablette annonce probablement le début de la fin pour 2 énormes boulets financiers propres à la presse : les rotatives et le système de diffusion français dit Presstalis (anciennement NMPP) qui détient un quasi-monopole de la distribution de la presse française sur notre territoire et dans le monde. Les grands journaux (versions papier et numérique ne faisant plus qu’un) vont pouvoir se concentrer sur le coeur de leur métier : analyser et transmettre l’information. Ils seront maîtres de leur destin et pourront concentrer leurs ressources financières et humaines sur les contenus ! Ils vont enfin pouvoir être instantanément là où se trouvent leurs lecteurs : dans le métro, dans l’avion, à leur bureau, dans leurs toilettes, à la table de leur déjeuner, dans leur salon, dans une salle d’attente, dans un confortable fauteuil… Cette nouvelle opportunité ne doit cependant pas faire oublier que la concurrence restera rude : les « pure player », ces sites, blogs et portails exclusivement présent sur le Web auront la même stratégie. Et si les journaux persistent à diffuser une majorité de dépêches d’agences de presse (AFP, Eureka, Belga,…) sans autre valeur ajoutée, les désillusions seront grandes.

Démo du New York Times sur l’iPad. Le journal a été adapté en 3 semaines seulement

L’iPAD VA-T-IL (RE)LANCER LE LIVRE NUMERIQUE ?

Le marché de l’eBook est tout juste naissant. Alors que les fabricants de lecteurs subissent et entretiennent à la fois plusieurs conflits de formats (ePub, PDF, MobiPocket,…), aucun n’est capable de permettre à ses clients d’avoir accès à la totalité des titres disponibles sur le marché ! Ces titres étant de surcroît répartis sur des plateformes concurrentes disséminées sur la Toile… Incidemment, aucun eBook Reader ne permet de lire à la fois un livre, un magazine, une BD et un journal. Pour des raisons qui sont également techniques (affichage de la couleur, taille de l’écran,…), chacun travaille dans son coin. Ces facteurs sont, à mon avis, déterminants dans le développement du marché. Comment peut-on espérer réussir en vendant un lecteur de journaux à 300€ si celui-ci n’est compatible qu’avec un seul titre ? Comment Sony peut-il correctement vendre son e-reader s’il ne peut pas proposer la quasi-totalité des catalogues français ? Ne blâmons pas trop la haute frilosité des éditeurs. Ceux-là sont traumatisés par le sort subi par la musique numérique. Les éditeurs ne veulent pas voir leurs contenus piratés et échangés illégalement sur le Net. Les éditeurs ne veulent pas non plus se retrouver à la merci d’un distributeur devenu trop puissant comme c’est le cas dans l’univers musical avec iTunes ! Les déclarations de Steve Jobs lors de la Keynote ne vont pas les rassurer. Apple est en train de mettre sur pieds un Book Store qui sera intimement lié à l’iPad, comme l’iTune Store et l’AppStore l’ont été avec l’iPod puis l’iPhone / iPod Touch.

Apple ne propose pas un livre électronique. L’iPad est un ordinateur capable dans l’absolu de lire n’importe quel contenu. L’iPad est de surcroît physiquement adapté à la lecture de livres, de BD, de magazines ou de journaux. Le Noir & Blanc, la couleur, le son, la vidéo, tout lui est permis ! La démonstration effectuée lors de la Keynote de Steve Jobs a révélé une interface léchée, fluide et ultra-intuitive pour la lecture de livre. Autant dire que de ce point de vue-là, les eBook reader sont enterrés ! On peut même imaginer l’appareil dans les mains des étudiants et écoliers de France et de Navarre. L’iPad préfigure-t-il le fameux cartable électronique dont on entend parler depuis des années ?

Le culte que l’humanité voue au livre papier va-t-il s’estomper devant un support mobile affichant texte,

vidéo, animations et capable d’exploiter la puissance des liens ?

N’ayant pas manipulé la machine, je me pose quand même 2 questions. Quid du confort de lecture sur un écran LCD de surcroît recouvert d’une vitre en verre ? Si une chose est impressionnante sur un eBook reader exploitant les qualités de l’e-Ink (encre électronique), c’est son affichage qui imite parfaitement le papier : pas de brillance, pas de reflet, pas de scintillement. L’iPad peut-il rivaliser avec le Kindle ou l’eReader sur ce plan-là ? La lumière tamisée de la Keynote ne permet pas de savoir si on peut correctement lire son journal ou son livre sur le siège d’un bus en pleine journée. Quid de ce même confort après une heure de lecture sur un appareil qui pèse 700gr ? Car si l’iPad est léger pour un Mac ultra-mobile, il est 2 fois plus lourd que le Kindle d’Amazon, eBook reader très populaire aux Etats-Unis.

Quant aux contenus, c’est pour l’instant la grande inconnue, en tout cas pour les titres français… Plusieurs Editeurs ont été annoncés comme partenaires de l’iPad. En dehors d’Hachette, tous sont spécialisés dans les contenus en langue anglaise. Il faut d’ailleurs noter que les pages françaises d’Apple dédiés à l’iPad ont tout simplement évacué la fonction eBook !! La boutique de livres (iBook) est en revanche bien annoncées sur les pages américaines. Les choses auront-elles changé d’ici fin mars (date de sortie de l’iPad) ? Les éditeurs français ont-ils peur d’Apple et de l’hégémonie orchestrée par le géant californien dans le domaine musical (iTunes est la propriété de la marque à la Pomme) ? C’est certain, Apple tentera avec son Book Store de réitérer une stratégie très bien menée sur le marché de la musique numérique : proposer un catalogue quasi-exhaustif exploitant autant les hits que la longue traîne du marché. Forcer les lecteurs à posséder un iPad…

L’iPAD : UNE CONSOLE DE JEUX ?

Je ne suis pas un grand amateur de jeux vidéos mais comme des millions de personnes, j’ai succombé aux plaisir des casual games, ces jeux destinés aux joueurs occasionnels : pas d’univers ou de niveaux infinis, pas de règles sibyllines, pas de commandes par dizaines,… juste de quoi s’amuser de façon innovante et originale (commandes tactiles, accéléromètre,…) le temps d’un métro, d’un dîner entre amis ou d’une attente chez le médecin. Si l’iPad assure la continuité de ce côté-là (les jeux iPhone et iPod Touch sont compatibles), la tablette deviendra peut-être un vrai concurrent des PSP Go (Sony) et autre Nintendo DS. Aucune console portable ne propose un écran aussi grand et une expérience aussi immersive et originale. L’adaptation de certains hits (GTA, Assassin’s Creed,…) et l’imagination des studios feront le reste. Encore une fois, si la démo de la Keynote donnait une idée du potentiel, seule l’expertise des éditeurs et joueurs pourront valider ou non la qualité de la machine et du gameplay.

Jouer sur l’iPad ? Petites démos alléchantes

Pour voir la Keynote dans son intégralité, rendez-vous sur cette page.

N’importe qui peut faire croire n’importe quoi…

Depuis quelques jours, une vidéo réalisée avec un téléphone montre comment un jeune mal inspiré arrive à provoquer un grave accident de bus en plein centre-ville de Lyon. La régie de transport de Lyon a d’ailleurs du intervenir pour déclarer que… tout ça est faux ! (tiens, dans un genre un peu différent, cela me rappelle la toute récente réaction de Carrefour à propos d’une fausse pub trop bien réalisée).

Et pour cause, l’intégration des éléments 3D est tellement bien faite qu’il est difficile de ne pas se faire avoir ! Si les plus sceptiques auront relevé quelques défauts (ombres, choc, bris de verre), la vérité c’est que c’est crédible. L’histoire est gentille, même si certains trouveront l’humour un peu déplacé. Mais si on ne sait pas qui est à l’origine du canular, le fait est qu’il peut être l’oeuvre de n’importe quel internaute maîtrisant certains outils informatiques. Plus besoin d’être graphiste professionnel ou de posséder des logiciels coûteux : ces barrières sont tombées. Si tout le monde ne peut pas parfaitement truquer une scène, un clip bluffant peut émerger de n’importe où ! (Mais c’est la morale du film Ratatouille çà !).

Plusieurs exemples ont réussi ces dernières années à bluffer une blogosphère pourtant habituée à se méfier de tout et à scruter le moindre détail d’une séquence trop impressionnante. J’en parle de temps en temps : Lire le billet intitulé « Le culte de l’amateur » qui reprend quelques séquences amateurs parfaitement truquées et qui seraient crédibles si les éléments incrustés n’étaient pas issus de films très connus.

Un peu plus récemment, il y a eu cette vidéo qui passait de téléphone portable en boîte mail : amerrissage en urgence, une catastrophe aérienne filmée par un touriste équipé de son mobile. Je vous laisse découvrir la vérité. On peut dans la même catégorie, proposer la vidéo « démontrant » qu’on peut faire du pop corn en faisant sonner plusieurs téléphones… Là aussi la vérité était ailleurs ! Dans une catégorie un peu différente, un club de vacances a tenté de faire croire qu’un homme en snowboard arrivait à se faisait tracter sur le périphérique parisien ! Dans un genre plus cinématographique, un réalisateur de clip a investi quelques centaines de dollars et a passé plusieurs mois devant son ordinateur pour réaliser une séquence d’invasion de robots digne d’un blockbuster américain. Et que dire de ce passionné d’After Effects (trucage vidéo) et Photoshop qui réussit à réaliser des vidéos dignes des studios hollywoodiens ?

Le point commun de tous ces exemples tient en un constat : Aujourd’hui, n’importe qui (agence de pub, studio de cinéma, internaute un peu doué,…) peut faire croire n’importe quoi aux plus sceptiques ! Et le flot incessant de messages auxquels nous sommes confrontés (message spublicitaires mais pas seulement) ne peut à mon avis que susciter l’escalade dans l’art du « canular ». Quand une marque, une entreprise, un artiste ou un internaute veut émerger de ce flot, il doit frapper fort.  Pour nous, pauvres consommateurs parfois trop crédules, l’esprit critique reste la meilleure arme de défense ! Il n’est cependant pas inintéressant de se laisser porter par l’imagination et la maîtrise technique de certains « auteurs » mais c’est comme tout, il y a des limites.

Ce soir à 20h35 : Envoyé Spécial se penche sur le téléchargement illégal

La loi hadopi, récemment votée et censée lutter contre le téléchargement illégal, a fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois (tapez Hadopi dans ASLN ou bien dans Google, vous verrez) et quelques semaines avant le lancement de la campagne de mail d’avertissement prévu pour janvier, l’émission Envoyé Spécial a enquêté sur ces vilains pirates qui selon les Majors du disque et du cinéma, mettent toute notre industrie culturelle en péril… [MAJ : pour voir l'émission, c'est sur cette page]

Je ne ne vais pas a priori mettre en doute l’objectivité de la télévision lorsqu’elle commente les usages des internautes mais les j’avoue que certains reportages TV m’ont laissé pour le moins dubitatif…

Tout le monde sur le Net garde un « grand » souvenir de ce sujet diffusé sur Arte et Planète : Clément le No Life ou 7 minutes de poncifs, d’a priori, de caricature, de « foutage de gueule » (désolé mais ça me rend dingue) autour de ce qu’est un jeune quand il a accès à internet !

Clément le No Life

Et que dire de ce « reportage » scandaleux sur les dangers de Facebook diffusé par… Envoyé Spécial fin 2008 ? Certes, je mets en garde ceux qui pensent que Facebook est un espace privé ou confidentiel et je reste également vigilant quant aux dérapages que peuvent provoquer les réseaux sociaux mais jetez un oeil sur le sujet de France 2 : A part une introduction qui aborde le partage et le contact avec des amis éloignés, la vidéo relate sur 25 minutes tous les démons qui caractériseraient Facebook ! Addiction, vol de données, drogue, meurtre, vol d’identité, pédophilie, inconscience des ados,… tout ça est monté dans bout à bout nauséabond auréolé d’un commentaire orienté dit par un journaliste (?) un brin moqueur… Il faut attendre le « retour plateau » pour entendre que certaines précautions (limitations d’accès à son compte, création de groupes, bannissement des photos compromettantes,…) permettent quand même de se protéger des dangers de Facebook. Mais rien, rien du tout sur les vertus d’un réseau social, quel qu’il soit d’ailleurs. Rien sur ce nouvel espace où toute une génération échange, partage ou discute avec sa communauté. Rien sur la façon dont les ados utilisent Facebook pour travailler et améliorer leur images, rien sur la façon dont Facebook contribue à l’intégration dans un groupe, à la collaboration, à l’entraide,…

Le sujet d’Envoyé Spécial sur Facebook (en 4 parties car YouTube limite les séquences à 10 minutes)

La télévision ne peut-elle espérer faire de l’audience qu’en exploitant les mécanismes de la peur ? La télévision traite-elle internet comme un ennemi dangereux ? J’aurais tendance à répondre par l’affirmative mais peut-être que le reportage de ce soir sera… comment dire… objectif. Réponse ce soir, France 2 à 20h35.

Ouverture du 1er Apple Store On Street en France : c’est pour demain !

Ca faisait des années que les fans attendaient l’événement ! Alors que les Apple Store OnStreet ouvraient les uns après les autres dans le monde (c’est le 277ème), rien ne venait en France… Alors que notre pays est en Europe un vrai fer de lance pour la marque à la pomme. Mais l’attente est sur le point de se terminer avec l’ouverture demain du 1er Apple Store français.

Le lieu est pour le moins prestigieux : 2 niveaux répartis sur 750 m2 au coeur du Carrousel du Louvre ! De là à dire que l’entreprise de Steve Jobs rentre dans le plus prestigieux musée du monde, il n’y a qu’un pas… Une seconde boutique ouvrira dans quelques jours à Montpellier (Odysseum) et un 3ème espace ouvrira à Paris dans le quartier de l’Opéra.

On y retrouve tous les produits estampillés de la pomme, un espace dédié à l’iPhone et à son activation, des rayons réservés aux logiciels compatibles, des coachs, etc.

Alors que la vente sur internet fait partie de la stratégie de n’importe quel industriel aux ambitions internationales, Apple joue depuis 2001 la carte du magasin dédié à sa marque. Cette stratégie a beaucoup été critiquée par certains géants comme Dell (pour sa défense, il faut préciser que Dell s’est planté en tatant ce terrain dans les années 90) ou Microsoft qui se sont engagés sur des pistes radicalement différentes. Ces 2 mastodontes des nouvelles technologies ont pourtant peu à peu changé leur fusil d’épaule… Dell, qui ne vendait ses produits que via son site internet (vente directe), est maintenant présent chez les revendeurs physiques traditionnels (Surcouf, Carrefour,…). Aux Etats-Unis, Dell a également ouvert ses boutiques. Quant à Microsoft, le leader mondial du système d’exploitation, il compte bien carrément imiter la stratégie d’Apple en ouvrant lui aussi ses magasins. On retrouve cette même logique chez Sony (énorme showroom sur l’Avenue Georges V à Paris) et depuis toujours mais dans des proportions bien moindres chez Bang & Olufsen.

Et ça marche… En tout cas pour Apple qui génère désormais une bonne parts de son Chiffre d’affaire via ses « Apple Store On Street ». Les emplacements étant minutieusement choisis, certains magasins Apple sont de véritables cash-machines. A New York par exemple où l’espace, modèle de design, est ouvert 24h/24, 7j/7, le magasin de la 5ème Avenue a généré a lui seul 1,3% des revenus d’Apple en 2008 ! Au cours du 3ème trimestre, les ventes dans les boutiques Apple dans le monde ont représenté presque 20%du Chiffre d’affaires réalisé par la Compagnie.  C’est clair : y’a pas que sur le Net qu’on peut faire des affaires !

Les revendeurs du circuit traditionnels doivent-ils avoir peur de ces ouvertures ? On retrouve à la Fnac, chez Surcouf des corners assez bien brandés qui révèlent un vrai partenariat avec Apple. Des boutiques spécialisées sont elles aussi dédiées à la marque à la pomme : les Apple Premium Reseller (APR). Ces APR sont indépendants du fabricant des iMac, iPod et iPhone et ils s’inquiètent de l’arrivée d’une telle artillerie marketing.

D’après Ron Johnson, responsable retail chez Apple, interrogé par Mac4Ever, l’ouverture d’un Apple Store On Street a « un effet d’entrainement ! Les gens viennent dans nos Apple Store et, souvent, vont effectuer leurs achats près de chez eux, dans un APR. Avec le retour d’expérience, je peux affirmer que les Apple Store augmente le volume d’affaires des APR. Il ne faut pas voir la chose à trop court terme pour s’en rendre compte mais nos partenaires seront contents de l’ouverture de nos boutiques en France. »

Pour ceux que ça intéresse, Mac4Ever a publié une vidéo de la visite réservée aux journalistes.D’autres infos à la Source (3 min de lecture)

Facebook va renforcer la protection des données personnelles

Le Canada vient d’obliger Facebook à sérieusement renforcer la protection des données personnelles de ses 250 millions de membres.  Plusieurs points doivent d’ici un an faire l’objet d’amélioration :

- Les applications tierces. Difficile, quand on a un compte Facebook, de résister à l’installation d’applications gratuites qui permettent de faire tout et n’importe quoi sur le réseau social : offrir des cadeaux virtuels, partager des contenus, des liens, des blogs, jouer à des jeux, participer à des quizz, etc. Ces applications tierces (imaginées et développées par des personnes extérieures à Facebook) existent par milliers et leur installation ne demandent que quelques secondes. Mais voilà, si ces développeurs contribuent grandement à l’intérêt que suscite le réseau, en retour, ils ont accès aux données personnelles des utilisateurs : photos, profil, favoris, listes d’amis,… toutes ces infos sont alors accessibles par on ne sait qui pour… on ne sait quoi ! Le fait est que l’utilisateur qui vient d’installer une application sur sa page perd le contrôle de ses données personnelles tout comme… Facebook ! Le réseau social star du Net devra donc renforcer les avertissements (lors de l’installation de ces applications par exemple)  et permettre aux membres de limiter les données qu’ils veulent bien « céder » aux développeurs qui, dans le meilleur des cas, se contenteront de les revendre à des annonceurs honnêtes. C’est d’ailleurs un autre des changements exigés par le Canada : l’utilisateur doit savoir ce qu’on fera des données qu’il laisse accessibles au développeur de l’application qu’il vient d’installer.

- Le distinguo désactivation / suppression de compte doit être clarifié. Un membre de Facebook qui désire quitter le réseau a 2 solutions :  désactiver son compte de façon à ce que toutes ses données soient conservées. De cette manière, s’il désire réintégrer la plate-forme, l’ex-membre pourra retrouver son profil intact. L’alternative, plus radicale, consiste à supprimer le compte et d’en effacer toutes les données. Facebook doit désormais garantir que les informations personnelles sont bien effacées des ses serveurs. Ca paraît logique mais facebook a semble-t-il un peu « oublié » que chacun a droit à l’oubli. L’important est que lors de la procédure de « désactivation », l’utilisateur soit informé de la différence entre « désactivation » et « suppression ».

- Mort d’un membre. Lors de la création d’un compte, facebook devra être plus clair sur la possibilité de laisser le profil accessible en cas de décès.

Facebook doit réaliser ces changement d’ici un an. Le pari technique est d’autant plus grand qu’il ne faut pas pour Facebook que le renforcement des systèmes de sécurité vienne détériorer l’expérience utilisateur. trop d’alertes, trop d’options à cocher, trop de configuration et le réseau social préféré des internautes risque de perdre de son attrait. D’un autre côté, il ne faudrait pas non plus que toutes les bonnes intentions de Facebook soient noyées au sein de conditions générales d’utilisation que personne ne lit. Quant aux développeurs d’applications tierces, ils devront se faire aux nouvelles règles. Le point positif pour Facebook, c’est que tous les autres réseaux sociaux seront bien avisés d’anticiper les foudres d’un Etat (le Canada ou un autre)  en prenant eux aussi les mesures qui s’imposeront à terme de façon universelle.

Source :

Office of the privacy commissioner of canada (anglais, 5 min de lecture)

lefigaro.fr (2 min de lecture)

DigitalWorld.fr (2 min de lecture)

Députés et Sénateurs ont voté pour l’Hadopi. Et après ?

C’est mardi 12 mai que les députés ont voté la loi Internet et Création par 296 voix contre 233. Soit 529 votants ! Un brun plus sérieux que les 36 députés qui s’étaient « pointés » lors du 1er vote de la loi…

Bref, 53% de « oui » représentés par la quasi-totalité des députés UMP (6 d’entre eux ont voté contre, 17 se sont abstenus). Chez les socialistes, 6 députés se sont abstenus et… un seul a voté contre : jack Lang. Quant au sénat, il a hier voté en faveur de la loi Hadopi : 189 voix pour et 14 voix contre. Enfin, l’amendement voté par les eurodéputés début mai contre la coupure de l’accès internet par une autorité administrative (et non judiciaire) ne change rien.

HADOPI C’EST QUOI ?

La Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet (HADOPI) est chargée de protéger les droits d’auteurs, s’assurer du développement des offres légales de musique et vidéo et réguler les « mesures techniques de protection et d’identification des oeuvres », les fameux DRM.

COMMENT VA-T-ELLE NOUS SURVEILLER ?

L’Hadopi ne surveille personne. Ces sont les producteurs (Universal Music, Sony BMG, Gaumont,…), les sociétés de perception et de répartition des droits (SACEM,…), le Centre national de la Cinématographie (CNC) et le procureur de la République qui le feront et auront désigné pour cela des agents assermentés. Un point fortement critiqué par les opposants à la loi car la surveillance d’internet est ainsi principalement confiée aux Majors (maisons de disque et Sociétés de production) qui risquent fort de manquer de d’objectivité… J’aime bien la comparaison de Mac4Ever.com qui déclare que « c’est comme si on confiait les contrôles d’alcoolémie aux ligues anti-alcooliques… » Les agents assermentés donc, vont surveiller les réseaux d’échange de musique et remonter jusqu’aux PC en infraction pour en transmettre l’adresse IP.

SI JE TELECHARGE ILLEGALEMENT, QU’EST-CE QUE JE RISQUE ?

D’abord un mail d’avertissement.  Si vous recommencez dans les 6 mois qui suivent, vous recevrez un courrier recommandé de votre Fournisseur d’Accès à Internet (FAI). Détail qui a son importance : que vous soyez « coupable » d’avoir téléchargé illégalement  ou qu’il s’agisse d’une « monstrueuse erreur », vous ne pourrez pas vous défendre !! Seule la 3ème et dernière étape de la riposte graduée vous en donnera l’occasion… Vous avez dit « scandaleux » ?

Si vous « recommencez » dans l’année, l’accès internet du foyer sera coupé (3ème étape) pour une durée de 3 mois à 1 an selon la gravité des faits reprochés. Retenons toutefois qu’à cette étape, une « négociation » peut aboutir à une simple obligation de ne JAMAIS RECOMMENCER ou d’acheter un logiciel de sécurité de protéger votre accès internet contre les pirates qui auraient utilisé votre Wifi pour télécharger illégalement… Bref, tout ce qu’il y a de plus simple pour une majorité d’internautes déjà dépassée par les nombreux aspects techniques de son accès à internet… C’est en tout cas à cette étape de la riposte que tout internaute qui serait injustement accusé pourra contester la sanction et faire connaissance avec les joies de notre système judiciaire réputé pour sa fluidité…

Retenons tout de même qu’en cas de coupure punitive, l’abonné devra continuer à payer son accès à internet. une double peine en somme (coupure + paiement) qui évite un manque à gagner aux FAI (Orange, Free, Neuf Telecom,…) qui devront déjà mettre la main à la poche pour financer « la mise en place « (…) de bases de données des connexions des usagers, de procédures et de services dédiés à leur exploitation (…) » :70 millions € au bas mot que les FAI ne veulent pas assumer seules. En ce qui concerne le téléphone et la TV qui font désormais partie de l’abonnement internet, le Ministère de la Culture se veut rassurant : on peut techniquement couper l’accès au Net tout en maintenant la ligne téléphonique et la TV. Les experts sont moins afirmatifs. La manoeuvre risque de poser de nombreux problèmes selon le niveau de dégroupage (total ou pas) de l’abonné. Sans rentrer dans les détails, les cafouillages risquent de se multiplier… Reste enfin à espérer que ce filtrage ne ralentira pas l’accès de tous les usagers !

L’HADOPI VA-T-ELLE SAUVER L’INDUSTRIE DU DISQUE ?

Rien n’est moins sûr. La riposte graduée vise les internautes qui ont pris l’habitude de télécharger gratuitement et illégalement leur musique. Or, si on n’a jamais prouvé l’existence  d’un lien direct entre le téléchargement illégal et la baisse des ventes de CD, certaines études ont même révélé que les plus gros « pirates » sont aussi les plus gros consommateurs de musique légale !! Ils achètent de la musique et fréquentent les concerts. La loi va donc pénaliser… les bons clients !! La baisse systématique des ventes de musique physique est un fait mais le téléchargement illégal n’en est pas forcément  la cause. Le budget des familles n’est pas extensible et pourtant, de nouveaux biens plutôt onéreux ont explosé ces 10 dernières années : le jeux vidéo (entre 40 et 60€ le jeux), la téléphonie mobile, la vidéo, l’accès à internet,… Des frais quasi-inexistants il y a 10 ou 15 ans qui poussent naturellement les consommateurs a fortiori les plus jeunes d’entre eux, à faire des choix. L’Hadopi ne modifiera pas ces choix dont la musique a été écartée. L’hadopi ne donnera pas non plus aux Majors l’opportunité de considérer à sa juste valeur la vague de la musique numérique. Pendant plusieurs années, les majors ont refusé de croire au MP3 et leur modèle économique est aujourd’hui dépassé par les nouveaux usages. Arrogance ou manque de discernement ? un peu des 2 certainement. Tout comme chez Kodak ou Photo Service dans le domaine de la photo numérique…

Il est probable que la peur du gendarme ralentisse les téléchargements illégaux à court terme. Mais ce que la technique crée, la technique le détruit. Aujourd’hui, des solutions un peu exotiques qui permettent de télécharger incognito par le camouflage de son adresse IP (adresse du PC que les agents repèreront sur les réseaux de téléchargement pirate) risquent de se multiplier et de se simplifier. The Pirate Bay, l’un des hauts lieux d’échanges de fichiers pirates, propose déjà, moyennant finance, de naviguer de façon invisible dans ses bases de données !! je suis sûr d’autre part que de « nouvelles » solutions verront le jour dans un avenir très court : contournement des filtres, cryptage des communications, multiplication des réseaux privés, streaming à partir de serveurs étrangers, échanges physiques (CD, clés USB,…), etc.

Le contournement de systèmes préventifs considérés comme abusifs ou injustes est devenu un jeu sur le Net. Les mesures de protections appliquées aux DVD, jeux vidéo et autres MP3 ont régulièrement été crackées par des passionnés qui mettent gratuitement leurs exploits à la disposition du monde entier… Un jeu du chat et de la souris qui n’a rien de nouveau, quoique. Dans les domaines du trafic de drogue, du blanchiment d’argent ou encore de la cyber-criminalité, les « méchants » inventent sans cesse les moyens de contourner les parades imaginées par les autorités; Ces dernières quant à elles, réagissent toujours (même avec un temps de retard) aux nouveaux usages de ceux qu’elles poursuivent. D’où l’image du chat et de la souris. La nouveauté ? Quid de ce « schéma » quand les souris se comptent par centaines de millions ?

QUELLES SONT LES SOLUTIONS LEGALES ?

La première, celle que plébiscitent les Majors, c’est l’achat de CD !! Les maisons de disques veulent vendre des CD et rien d’autre pour des raisons purement commerciales. A 18€ la nouveauté et à 4€ le single, la galette de polycarbonate rapporte pas mal…

Dans sa version dématérialisée, la musique est accessible de plusieurs manières :

Le streaming : vous écoutez de la musique (celle que vous voulez) en vous connectant à des sites comme Deezer, lastFM, WorMe ou Spotify (la section gratuite ne fonctionne encore que sur invitation). Les fichiers musicaux sont stockés sur les serveurs de ces services et vous vous contentez d’écouter. Vous ne téléchargez pas la musique. Impossible donc de l’emporter avec vous. La version mobile (pour smartphone) de Deezer est assez décevante. Autre défaut : la qualité n’est pas très élevée même si elle suffit pour une écoute sur PC. Je considère cette solution comme de l’entrée de gamme dans le domaine de la musique numérisée. Sa grande qualité : l’offre de base est gratuite, en général financée par la publicité. Si votre enfant veut écouter de la musique dans sa chambre, c’est parfait et totalement légal !! Comme je le disais, c’est gratuit pour de l’écoute simple. Les représentants de l’industrie du disque aiment bien évoquer le streaming qu’ils considèrent comme l’alternative logique au piratage.  Mais le streaming n’est qu’une alternative partielle au téléchargement. Impossible en effet de déplacer un fichier écouté en streaming. Impossible de profiter de sa musique en déplacement. On peut imaginer une telle écoute en depuis un téléphone connecté au Net (deezer existe sur l’iPhone) mais il faudrait pour cela ne jamais perdre le réseau, ce qui est aujourd’hui inimaginable : que ce soit dans le métro ou derrière un bâtiment trop épais la connexion à internet via les ondes est encore loin d’être fiable. Enfin, même si la solution était techniquement viable, rien ne dit que le streaming restera gratuit. Le modèle économique du streaming est plus que fragile : il est incertain. Si les sites de ce type connaissent un grand succès, leurs chiffres d’affaires sont encore loin de couvrir leurs frais (bande passante, reversion aux ayants-droits,…). Il est très probable que le streaming devienne systématiquement payant dans les mois qui arrivent. Combien l’internaute sera-t-il prêt à payer ? 3, 4, 5€ par mois ? Sur Spotify, une offre payante permet de s’affranchir de tout message publicitaire 0,99€ pour 24h et 9,99€ pour un mois d’écoute.

Le téléchargement : Vous achetez un fichier musical que vous rapatriez sur votre PC pour le transférer ensuite sur un lecteur MP3 ou tout autre support informatique : disque dur, clé USB, CD,… Depuis la fin des DRM, l’offre est plus attrayante : on dispose enfin de sa musique. Le passage d’un modèle de lecteur à un autre est plus aisé. Il faut quand même rappeler qu’avec les DRM, il était impossible à un possesseur d’iPod d’acheter sa musique sur une plate-forme qui vendait des fichiers protégés par un système Windows ! Les morceaux étaient de surcroît limités en terme de copies : ils ne pouvaient être copiés qu’entre 5 et 7 fois. Autant dire qu’une famille de 4 personnes pouvaient à peine en profiter… Bon tout ça c’est fini alors quels sont les avantages et inconvénients du téléchargement ? L’offre est de plus en plus importante : iTunes Store, Fnac Musique, VirginMega, Store Amazon,… la liste est énorme. Et conséquence collatérale à la disparition des DRM : plusieurs tarifs co-existent au sein des catalogues. Les Majors n’ont pas accepté de lâcher les DRM sans contre-partie… Le tarif des nouveautés les plus populaires a augmenté. Chez iTunes par exemple, 3 tarifs sont pratiqués selon l’ancienneté et la popularité des morceaux. le même principe existe chez Amazon. résultat : un morceau à 1,29€ sur iTunes peut être à 0,99€ sur Amazon… Enfin une concurrence ! Autre avantage du téléchargement : on peut acheter la musique à l’unité. Certes ce n’est pas nouveau mais c’est un bel avantage sur le CD. Côté inconvénient, il faut reconnaître que 1,29€ ou 0,99€ c’est encore cher… voire très cher à côté de la gratuité offerte par les réseaux pirates. Mais la qualité a un prix : Qualité de la navigation, de la recherche de morceaux, qualité de service,… oui tout ça compte. Tout comme évidemment la qualité des fichiers téléchargés. il faut reconnaître que certains fichiers téléchargeables sur les réseaux illégaux sont d’une piètre qualité : l’encodage est parfois ce qu’il se fait de pire. Et que dire d’un album qui arrive sur votre disque dur en un seul morceau ? Pas moyen de passer d’un titre à l’autre puisqu’il n’y a qu’un fichier de 70 minutes… Comme l’a plusieurs fois rappelé Steve Jobs (CEO d’Apple qui vend sa musique sur iTunes), il est impossible de se battre contre la gratuité des fichiers illégaux, il faut donc innover et proposer un service à grande valeur ajoutée. Cette valeur ajoutée, on la retrouve dans la fiabilité, l’ergonomie, la sécurité et la simplicité d’un espace comme l’iTunes Store.

Le téléchargement gratuit et légal : L’offre existe bel et bien. On y trouve des artistes de tous horizons. Les plus commerciaux en sont souvent absents mais la musique s’arrête-t-elle aux tubes d’Universal, EMI, Sony BMG et Warner ? Beaucoup d’artistes font leur promo sur MySpace où l’on peut télécharger légalement certains de leurs morceaux. Sur Jamendo, on trouve également de très nombreux artistes qui mettent leurs albums en téléchargement gratuit même s’ils sont par ailleurs payants sur d’autres plate-formes. Il y a quelques jours, je parlais sur ASLN de Ben’s Imaginary Band qui s’est fendu d’un formidable album Guitare + voix disponible gratuitement sur Jamendo. Dans ces lignes, j’ai également parlé d’Airtist, un site de téléchargement gratuit et légal où l’on trouve de grands artistes français et internationaux : Coldplay, Julien Clerc, Ketty Perry, Cali, Nora Jones, Téléphone, Daft Punk,… C’est la publicité qui finance le téléchargement. Il arrive également que certaines stars veuillent créer le buzz autour d’un nouvel album. Offrir tout ou partie de celui-ci pendant un délai limité semble porter ses fruits : Coldplay avait offert le 1er single de l’album Viva la vida et Nine Inch Nail, les 9 premiers morceaux de son dernier album. Certains ont par ailleurs déjà proposé leur album à prix libre (Radiohead) : pour télécharger, vous donnez ce que vous voulez !! Si ça marche c’est parce que les artistes en question ne sont pas liés à une Major et empochent ainsi tous les gains. Alors même si les internautes donnent en moyenne 5€, cet argent entre directement dans les caisses du groupe qui touche ainsi bien plus que s’il était « servi » par un producteur intermédiaire.

La licence globale : Elle n’existe pas… pas encore. Le principe de la licence globale consiste à faire payer un forfait mensuel aux internautes qui pourraient ainsi télécharger toute la musique qu’ils désirent. Plusieurs type de licences globales ont déjà été imaginée. Le montant du forfait serait redistribué aux ayants droits « proportionnellement à la densité de téléchargement que leurs œuvres ont suscité » (Wikipedia). Des tentatives se rapprochant de la licence globale sont en cours chez Orange qui propose son service Musique Max : Pour 12€ mensuels, les abonnés ADSL ou mobile Orange (et seulement eux !) peuvent télécharger librement jusqu’à 500 morceaux chaque mois. Autant dire du quasi-illimité. Points faibles : les morceaux sont « DRMisés »; ils ne peuvent être copiés que 5 fois (le site annonce toutefois que cela va changer). Et puis 12€ ce n’est pas rien… Enfin, le catalogue ainsi accessible ne compte « que » 1 millions de musiques. C’est certes honnête mais on est loin des 10 millions de morceaux proposés sur l’iTunes Store d’Apple. Une offre identique à celle d’Orange est proposée chez SFR sous le nom de Pass Music Live. Les Majors L’Etat français ne veut pas entendre parler de la licence globale. Mais je pense que si celle-ci ne voit pas le jour à travers un processus légal, elle naîtra naturellement dans une logique commerciale. tout comme les DRM ont disparu non pas grâce à l’imminence de la loi Hadopi censée les faire disparaître mais bien par le jeu de la concurrence commerciale qui oppose les grands acteurs de la production et de la distribution musicales.

ET LE CINEMA DANS TOUT CA ?

Les règles imposées par la loi Internet et création s’appliquent au téléchargement de films. Il existe de nombreux espaces légaux qui permettent de télécharger ou bien de regarder en streaming des films assez récents. Je ne parlerai pas ici de la chronologie des sorties (le billet est suffisamment long comme ça) mais il faut reconnaître que les catalogues proposés en VOD (Vidéo à la demande) sont d’une pauvreté affligeante ! Les plate formes disponibles sur la Box TV de Free par exemple (TF1 Vision, Canal Play, Free Home Video)  sont d’une pauvreté exemplaire ! Et je ne parle même pas de l’ergonomie de leur interface respective : une honte… L’Hadopi est censée améliorer l’offre de VOD; c’est le deal de la loi : on interdit le téléchargement illégal et en retour, les Majors améliorent l’offre. J’ai beaucoup de mal à croire ce point. Si les délais qui séparent la sortie salle de la sortie « autres supports » doivent baisser, il est en revanche bien moins sûr que l’offre de VOD devienne rapidement attrayante. Et cela pour des raisons encore une fois commerciales. Parmi celles-ci, j’en vois 2 grandes.

1. Le DVD (et probablement un jour le Blu-Ray) est un grand pourvoyeur de cash. Il contribue plus que les entrées salles au financement du cinéma mondial. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’un film qui s’est planté en salle se refasse une santé en vidéo ! Et cela même si le marché du DVD s’essouffle depuis plusieurs années.

2. Les majors du cinéma ont dépensé des centaines de millions de dollars pour le développement et la promotion du Blu-Ray censé remplacer le DVD. Les résultats sont pour le moins décevants. Tout HD qu’il soit, le Blu-Ray peine à décoller. Et je ne parle pas des Majors qui avaient misé leurs millions sur le HD-DVD, mort après plusieurs mois de lutte avec son concurrent au laser bleu… Bref, les Producteurs de films veulent vendre de la galette, c’est logique. Mais comme pour le CD, les usages sont en pleine mutation : Quand on a goûté au plaisir de louer un film sans bouger de son canapé et sans délai d’attente, on a du mal à revenir en arrière, à savoir, sortir, rejoindre le vidéoclub le plus proche et choisir un film qu’on ne désirait pas voir puisque celui qu’on voulait a déjà été loué… Quant à l’achat, le prix d’un blu-ray reste assez dissuasif (environ 30€) : boitier plastique, absence de livret,… la valeur ajoutée est concentrée dans la haute définition qui intéresse surtout les passionnés… La VOD et le téléchargement sont sans aucun doute l’avenir de la vidéo. Mais on ne peut comparer le cinéma et la musique. Le financement d’un film n’a rien à voir avec celui d’un album ou d’un single… Le prix doit à mon avis rester élevé mais la valeur doit être au rendez-vous.

Le contexte nouvellement créé par la loi Hadopi donnera certainement lieu à de croustillants billets dans ASLN. J’imagine déjà la grogne d’internautes accusés à tord ou bien privés de leur outil de travail… J’imagine la famille privée d’internet parce que l’ado de la tribu, prévenu par mail, a réussi à cacher le courrier recommandé à ses parents. Plus possible pour eux de télé-déclarer ou payer leurs impôts sur le Net, plus possible de télé-déclarer leur situation aux Assedic en cas de chômage,… J’imagine des familles coupées qui se retrouvent sans téléphone et sans TV parce qu’une erreur indépendante de la volonté du législateur a « bugué » la procédure… On en reparlera c’est certain.

Sources

Numerama : « Hadopi : Qui a voté pour, qui a voté contre… le détail ! » (2 min de lecture)

Mac4Ever : « la folie hadopi » (6 min de lecture)

Le Monde Diplomatique : « Hadopi : surveiller et punir Internet » (5 min de lecture)

ReadWriteWeb : « Un rapport commandé par le gouvernement Hollandais conclu à un impact « très positif » du peer to peer sur l’économie » (4 min de lecture)

Quand l’homme et la technologie « fusionnent »

L’idée de toujours être en possession de ses données personnelles n’a pas échappé à ce développeur finlandais qui a perdu un doigt lors d’un accident de moto. L’homme n’a pas hésité à se faire confectionner une prothèse équipée d’une clé USB. résultat : 2 GO de mémoire dans la main.

Source

Loi internet et création : c’est pour mars

BILLET D’HUMEUR…

Nicolas Sarkozy vient de le confirmer. En mars sera votée la loi Internet et Création, censée lutter contre le téléchargement illégal de biens culturels.   »Le piratage détruit massivement la musique et le cinéma (…) je ne laisserai pas piller les droits d’auteurs, parce que derrière les droits d’auteurs, derrière la protection de ces droits, il y a tout le processus de la création  » (…) a déclaré le Président.

Mon Dieu, je suis las d’entendre de tels propos. La loi sera votée. Soit. Elle défendra parfaitement les intérets des majors qui, on le voit bien, ont quasiment dicté le texte. Les Maisons de disques, incapables d’imaginer que le monopole de la production et de l’édition puisse leur échapper, ne tolèrent pas que les droits d’auteurs aillent un peu plus… aux auteurs. Elles ne tolèrent pas non plus que les usages de leur vaches à lait, j’ai nommé les consommateurs, se modifient à la faveur du talent qui n’attend plus nécessairement une Major pour se révéler.

Les Maisons de disques et les Majors du cinéma déclarent que le téléchargement des fichiers musicaux et vidéos représentent des milliards de manque à gagner pour les industries culturelles. Elles assènent régulièrement aux internautes et consommateurs les milliards d’euros que les pirates volent en téléchargeant gratuitement sur le Net. Les chiffres annoncés par l’industrie sont d’une opacité et d’une malhonnêteté exemplaires. Elle mélange tout, histoire de culpabiliser l’opinion publique : ceux qui téléchargent pour ne pas payer, ceux qui téléchargent pour essayer avant d’acheter, ceux qui téléchargent parce que c’est le seul moyen de profiter d’un bien culturel absents du monde physique, ceux qui téléchargent parce qu’ils n’ont pas accès aux biens légaux,… Tous ces téléchargements sont loin de représenter un manque à gagner. En effet, comment peut-on honnêtement mettre dans le même panier :

Un parisien qui télécharge Harry Potter, alors en salle, pour ensuite acheter le DVD. Un parisien qui télécharge Harry Potter parce qu’il n’a pas 10€ à mettre dans une séance ciné ou 20€ dans un DVD. Un coréen qui télécharge Harry Potter parce que c’est la seule manière qu’il aura d’accéder au film, etc, etc. Dans tous ces exemples, il n’y a aucun manque à gagner pour les Majors ou si peu… Sans compter que les ados, réputés pour être de gros « téléchargeurs », sont aussi de gros consommateurs, plusieurs études l’ont prouvé aux Etats-Unis, au Canada et en Europe !  Les Maisons de disques n’auraient-elles pas été dépassées par des changements d’usages qu’elles auraient plus ou moins volontairement ignorés ? Les générations actuelles ont une culture sensiblement différente de celle de leurs parents : les internautes essaient avant d’acheter. Et c’est vrai pour un logiciel comme pour la musique ou le cinéma ! l’industrie du logiciel l’a bien compris, et depuis longtemps tous les éditeurs proposent gratuitement une version « Lite » ou bien « à l’essai » de leurs produits. Les millenials (ceux qui sont nés avec internet) sont des zappeurs, à la recherche du plus grand nombre d’émotions et d’expériences… et les maisons de disques tentent de les entraîner dans l’écoute d’albums sans fin où 9 morceaux sur 12 sont de pâles resucées des 3 tubes en puissance du CD. Les plus jeunes sont capables de dépenser beaucoup pour leurs idoles (albums en série limitée, concerts, t-shirts, sonneries de téléphone,…) mais n’acceptent pas de payer 9 chansons sans intéret pour pouvoir profiter des 3 morceaux qu’ils recherchent. D’où une montée en puissance des ventes de morceaux uniques au détriment d’albums décevants dans leur globalité. Ils n’acceptent pas non plus de payer 20€ un album de Madonna vieux de 20 ans… 

« je n’ai pas été élu pour laisser voler au supermarché  ». A qu’elle est belle et provocante la phrase de Sarko ! J’adore les jugement à l’emporte-pièce… Le vol en supermarché. Parlons-en. Un homme rentre chez Carrefour, il vole une chemise parce qu’il n’a pas les moyens de la payer. Résultat : perte sèche pour Carrefour. C’est ce qu’on appelle la démarque inconnue (qui englobe aussi la destruction de marchandise mais je ne suis pas marketeur). Cette démarque inconnue est un facteur assez précisément évalué par la Grande distribution. En 2004, en Europe, son taux représentait 1,34% du chiffre d’affaire toutes enseignes confondues (source Checkpoint Systems). La même année, des chercheurs américains ont évalué le taux de démarque inconnue pour l’industrie musicale à… 1% démontrant du même coup que les échanges de fichiers musicaux sur les réseaux Peer to Peer (P2P) sont d’une part inférieurs à ceux de la grande distribution et n’ont d’autre part qu’un effet limité sur les ventes de musique dans le monde. Selon eux, et c’est là la différence avec le supermarché de M. Sarkozy, la grande majorité des internautes qui téléchargent « (…) sont principalement des individus qui n’auraient pas acheté l’album, même si les systèmes d’échange n’existaient pas ». Si à cela on ajoute l’internaute qui télécharge en guise de pré-écoute avant achat (voir plus haut), on est loin, très loin du voleur de supermarché et des conséquences de son acte sur le chiffre d’affaire du magasin. C’est tout simplement incomparable… mais tout mélanger c’est facile et ça permet de gonfler significativement les chiffres… car pour les industries musicale et cinématographique, chaque téléchargement illicite est un vol. Nicolas Sarkozy ne fait que reprendre le discours erroné et ultra-orienté des majors de la musique et du cinéma dont l’obsession est de protéger leur rôle d’intermédiaire : mesdames et messieurs les internautes, chers clientes, chers clients, vous êtes des voleurs et des pirates ! Mesdames et messieurs, le peer to peer est illégal. Faux, 3 fois faux ! Comment les majors ont-elles pu imaginer pouvoir être aussi provocantes et agressives sans que cela n’ait de conséquences sur leurs relations avec le consommateur et les artistes. Comment les Majors ont-elles pu imaginer qu’elles pourraient se réserver le monopole de la distribution de biens culturels sur le Net et imposer au monde dématérialisé toute l’arrogance de leur modèle économique ? Et voilà Nicolas Sarkozy qui en remet une couche !

Par contre, les majors ne s’expriment rarement jamais à propos des marges réalisées sur les ventes légales de fichiers numériques (album, single, sonneries de téléphone,…) ! Certes, en chiffre d’affaire, la baisse des ventes de CD n’est pas compensée par l’augmentation des ventes dématérialisées mais quid des marges ? dans la vente numérique : pas de boîtier, pas de pressage, pas de galette sérigraphiée, pas d’acheminement vers le distributeur, pas de réédition, pas d’impression de livret, pas d’emballage,… pas d’exportation de volumes de CD, pas de problème de distribution à l’étranger (Daft Punk n’a pas besoin d’être physiquement présent chez Wall Mart pour être vendu aux Etats-Unis), etc. Sur internet, les leviers promotionnels, gratuits pour la plupart, sont d’une puissance extraordinaire : les blogs, forums, réseaux sociaux, sites spécialisés, plateformes de téléchargement légales, etc, sont des relais puissants qui peuvent faire vendre des morceaux par milliers sur toute la planète en quelques clics ! Ce phénomène démultiplicateur sera d’autant plus efficace si les Majors acceptent de partager les revenus avec ces nouveaux intermédiaires : C’est peut-être ce qui est en train d’arriver avec des services comme Zaploop.com qui permet aux internautes de proposer sur leur blog, leur site ou leur profil (MySpace,…) une playlist d’artistes dont ils sont fans  et d’en proposer l’achat. Sur chaque vente, l’internaute touche une commission de 25% ! Une révolution dans l’état d’esprit des Majors !

Ayons une vision positive des combats d’arrière-garde (DRM, monopole de la production, marges indécentes,…) de l’industrie culturelle. Elle est à la recherche d’un nouveau modèle économique. Mais tout comme Tarzan ne peut pas lâcher une liane avant d’en avoir une nouvelle en main, les Majors s’accrochent à leur modèle ancestral reposant sur l’ultra-rémunérateur et confortable copyright avant de saisir celui qui révolutionnera leur business model. 

2 jeux vidéo, 2 polémiques

L’actualité jeux vidéo dans ASLN ? C’est pas vraiment mon truc. Cependant, comme n’importe quelle industrie, celle du jeu vidéo préfère éviter le buzz négatif que le Net est capable de générer avant même la sortie d’un produit. En ce moment, 2 jeux ont tendance à croustiller sur la Toile… et pas de la façon la plus espérée par leurs éditeurs respectifs… Quoique…

LittleBigPlanet, jeu de plate-forme censé faire un carton à Noël et booster du même coup les ventes de Playstation 3 (dixit la presse spécialisée), ne pourra pas sortir dans les délais prévus. La bande-son de LittleBigPlanet contient en effet 2 expressions tirées du Coran. Tout est donc mis en oeuvre pour que soit évitée « (…) l’offense que cela aurait pu provoquer ». Cet épisode n’est pas sans rappeler l’ « affaire » « Zack & Wiki : Le trésor de Barbaros » dans la bande son duquel l’expression « Allahu Akhbar » avait dûe être expurgée en urgence afin de ne pas choquer la communauté musulmane.

Affiche de Saints Row 2 dans le métro

Plus proche de nous, physiquement parlant, l’affaire « Saints Row 2″ fait grand bruit à Saint-Denis. Sur la ligne 13 du métro, l’éditeur du jeu a en effet décidé de communiquer à travers une fresque gigantesque montrant le personnage ultra violent de Saints Row mettant en joue les passants. Pour rappel, « Saints Row » ne propose rien d’autre aux joueurs que d’incarner le membre d’un gang censé défendre son territoire contre l’offensive de la police et « accessoirement » celle d’autres gangs… Alors évidemment, tout ce discours affiché sur les murs de Saint-Denis qui porte déjà lourdement le titre de ville la plus criminogène de France, c’est difficile à avaler pour le maire Didier Paillard qui a déclaré au nom de ses administrés que l’habillage orchestré par la RATP  » (…) porte atteinte à la dignité des  habitants, salit l’image de la ville et constitue une incitation à la violence ».

D’autres infos aux Sources : Le Coran fait peur à Sony (1 min de lecture) / La pub qui met le feu aux poudres (1 min de lecture)

Facebook est séduisant… Ayez confiance… N’ayez pas peur…

100 millions d’utilisateurs dans le monde pour 4 millions de comptes français : Facebook connaît un tel succès que chacun est en droit de se demander si les responsables de ce réseau social ne revendent pas ses informations personnelles (âge, sexe, sensibilité politique, religieuse, sexuelle,…) à des annonceurs, car le modèle économique de Facebook passe nécessairement par l’affichage de messages publicitaires au sein même des pages que les membres du réseau alimentent très (trop ?) librement. Mark Zuckerberg (fondateur de Facebook) et son équipe, de passage à Paris pour la mise en place de bureaux locaux, ont assuré que toutes les informations personnelles recueillies par Facebook restent confidentielles.

D’autres infos à la Source (1 min de lecture)

Le problème c’est que même si l’on admet que Facebook garde nos infos à l’abri de toute exploitation publicitaire, c’est loin d’être le cas des applications externes qui pullulent en général sur les réseaux sociaux. Une étude universitaire révélait avant l’été que 90% des 24 000 applications externes disponibles sur Facebook accédaient aux données personnelles inscrites sur le site ! Officiellement, un éditeur comme Slide (SuperPokeFunWall et Top Friend) n’exploitent ces données que pour mieux satisfaire les utilisateurs de ses applications…

A ce problème s’ajoute celui des usurpateurs d’identité. Ces voleurs de données sont capables de se faire passer pour vous, utilisant vos nom, adresse, numéro de carte bleue, etc,  à des fins peu glorieuses. Nombreux sont ceux qui en ont déjà fait les frais. Pour éviter les mauvaises surprises, Sophos, éditeur de solutions de sécurité, propose sur son site l’ensemble des paramètres de confidentialité que chaque membre de Facebook devrait appliquer.

On ne peut évidemment que conseiller un usage prudent de ses informations personnelles sur le Net. Mais comment résister à la tentation ? J’ai dernièrement testé la plate-forme musicale Airtist. Celle-ci permet de télécharger gratuitement et légalement les morceaux de Renaud, Daft Punk, Norah Jones et d’autres. Avant tout téléchargement, une inscription en règle est obligatoire. Qui dit inscription, dit donnée personnelles (nom, adresse, mail,…). Passée cette étape, j’avais le statut « Bronze ». Cherchant la signification de ce dernier j’ai découvert que je pouvais acquérir les statuts « Argent » ou « Or » en complétant ma fiche personnelle. La qualité de service du site étant proportionnelle à La préciosité du métal, Airtiste ne me propose rien d’autre que de payer ses services avec de l’information personnelle : plus je paie, plus j’en ai…